Traité du toisé, Manuscrit T4
Publié sous la direction de Robert Carvais
Édité par
modélisation XML-TEI : Emmanuel Château
encodage : Emmanuel Château
transcription : Joëlle Barreau
première édition électronique, 2008-2013, version bêta
Toisé
des batiments.
aux ûs et coûtumes de Paris.
enseigné
dans l’Académie d’architecture.
La 1. section concerne la maçonnerie.
La 2 … La charpenterie.
La 3 … La couverture
La 4 … La plomberie, carrelage,
menuiserie, serrurerie,
vitrerie, pavé, marbrerie,
sculpture, dorure et peinture.
Par Mr Degaudet professeur
de l’académie royalle d’architectureEn 1724.
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Preface
De toutes les sciences qui conviennent aux architectes, celle qui a pour objet le toisé des differens ouvrages qui composent les édifices, ce que l’on nomme bâtiment, est la plus négligée, quoique la plus intéressante à l’égard du public,
dans les provinces et même aux campagnes des environs de Paris ; chaque païs toise différemment les ouvrages des bâtimens. Cependant leurs différentes manières tendent à toiser chaque nature d’ouvrages pour ce qu’il est : il n’y a que la seule ville de Paris, si bien policée en toute autre chose, dont ce que l’on nome les us et coutumes, sur le fait du toisé des bâtimens, est une pure chimère, sans forme, sans règles certaines et sans consistance.
La coutume de Paris ne parle du toisé des bâtimens qu’au seul article 219 où il est dit : «  les crépis de maçonnerie faits aux vieux murs se toisent à raison de six toises pour une toise de gros mur. » Ce qui est si obscur que personne ne le fait, faute de comprendre ce que la coutume veut signifier par le terme de gros mur, à le prendre dans le sens de l’article 262 de la même coutume.
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Les gros murs sont ceux qui soutiennent les poutres, planchers et comble des édifices ; mais comme il y a différentes espèces de gros murs susceptibles d’avoir des crépis et enduits, les uns étant de moilon ourdée en mortier ou en plâtre, et d’autres de platras en plâtre, et encore dans cette différente nature de mur, il y en a de différente épaisseur, lesquels par conséquent sont de prix différent, ainsi les enduits et crépis faits aux vieux murs de platras de 9 à 10 pouces d’épaisseur, étant comptez pour la sixième partie de la valleur du mur de platras de cette épaisseur, seroit païé à proportion beaucoup plus cher que lorsqu’il seroit fait à des murs de moilon de 24 à 30 pouces d’épaisseur, s’ils étoient comptez de même pour la 6e partie de la valleur du mur sur lequel il seroit fait, ce seroit cependant les mêmes enduits et crépis, les quels seroient païez plus ou moins cher à un endroit qu’à l’autre, suivant les différentes valleurs des murs aux quels ils seroient faits, ce qui est contre les règles de toute justice ;
ensorte que la plus grande partie de ceux qui toisent les ouvrages des bâtimens se contentent de suivre une routine qu’ils appellent usage sans d’autres principes que l’habitude qu’ils se sont formées, lesquels très souvent sont de sentimens différents, ce qui cause une variété perpétuelle dans la réduction du toisé, qui change presque continuellement à la pluralité des voix, selon les différentes manières d’un chacun.
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Il seroit néanmoins de l’interrêt du public que le toisé des bâtimens fut certain et positif ; ce qui ne peut être réglé qu’en suivant les principes de la géométrie, qui sont constans et ne varient point, étant toujours les mêmes ; il seroit seulement question de joindre la pratique à la théorie d’une manière aisée pour les rendre à la portée des ouvriers dans chacune des différentes natures d’ouvrages ;
mais comme il n’appartient qu’au roy et aux cours supérieures de prescrire des loix et des reglemens pour rectifier les abus qui se sont glissez dans les us et coutumes du toisé des batimens ; il n’est point entrepris dans ce traité de rien changer, ni reformer dans l’usage ordinaire du toisé. Il sera seulement constaté la reforme et la manière du toisé le plus generallement approuvé des toiseurs expérimentés et expliqué le plus intelligiblement que faire se pourra.
Lorsqu’il y a des devis et marchés faits pour les ouvrages, dont les parties sont convenues, et que ces devis expliquent la manière d’en faire le toisé, l’on doit suivre exactement cette manière de toiser dans la réception des ouvrages, étant une loi que les parties se sont prescrittes entre elles.
L’entrepreneur ne doit faire dans la construction de ses ouvrages aucun changement, ni augmentation sans un ordre exprés et par écrit signé des propriétaires, ou
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de l’architecte authorisé du propriétaire, les quelles augmentations ou changements d’ouvrages ainsi authorisés ne doivent causer aucun changement ni préjudices au marché ; et les ouvrages d’augmentation qui se trouveront être de la même nature de ceux énoncés dans les devis et marchés doivent être païez sur les mêmes prix ; car il n’y a que les seules espèces d’ouvrages non enoncez aux devis et marchés qui puissent être toisez à l’usage ordinaire pour être estimez à leur juste valleur.
Si le marché étoit fait en bloc et que dans l’exécution il eut été fait des augmentations, ou changemens avec approbation par écrit de la part du propriétaire, le marché en bloc doit toujours subsister, il ne s’agiroit seulement que de compter et estimer à part les ouvrages qui seroient faits au surplus des marchés ou de les compenser, s’il y avoit plus d’une nature d’ouvrages et moins d’une autre, ou de diminuer sur la totalité du prix du marché, s’il y avoit eu des ouvrages retranchés.
Ce traité est divisé en autant de sections comme il y a d’ouvrages differens, ou d’art dans les bâtimens.
La première section comprend le toisé de la maçonnerie
étant le plus considérable des arts qui concourrent à la construction des bâtimens, puisqu’il peut seul construire des édifices sans l’aide des autres arts, et que les autres arts ne pourroient rien construire qui fut de longue durée, sans l’aide de la maçonnerie.
p. 5
   
Il sera parlé d’abord en differens chapitres du toisé de la maçonnerie, ensuite des ouvrages des autres arts séparément.
Il y a trois différentes manières de toiser la maçonnerie, qui sont à toise courante, à toise superficielle et à toise cube.
L’usage introduit deux autres sortes de toisé ; le premier, qui est le toisé des saillies d’architecture, par rapport à la toise courante, se réduit à la toise superficielle ; et le second s’appelle légers ouvrages, qui est composé de différentes sortes d’ouvrages réduits en plus ou moins de quantité à une nature de toisé superficiel.

Section premiere

Chapitre 1er. De la maçonnerie
à toise courante

1.
La toise courante a six pieds de long ; chaque pied est de douze pouces ; et chaque pouce a douze lignes, suivant l’étalon placé au Chatelet de Paris.
2.
Les ouvrages de maçonnerie d’une longue suitte uniforme, comme les murs de clôture d’un grand
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parc ou enclos, de même construction, d’une même hauteur au dessus du rez de chaussée et même profondeur en fondation, les caves ou aqueducs,
les
balustrade au pourtour d’un édifice, ou d’une terrasse et autres sortes d’ouvrages continuez d’une même façon et qualité sur une grande longueur, desquels aïant fait le détail, on appelle la valleur d’une toise de longueur ; sur la hauteur, profondeur ou épaisseur soit par un devis et marché, ou par estimation, il suffit d’en toiser la longueur pour connoitre la quantité et régler la valleur du total.
3.
Cette manière de toiser à toise courante est connue de tout le monde, et n’a pas besoin d’explication, il suffit seulement d’être exact à marquer justement la longueur de chaque toise et en compter la quantité…
(9)
soit un mur de 50 pieds de longueur, sur 2 pieds de fondation et 10 pieds d’élévation et d’un pied d’épaisseur, je dis que ce mur contient 100 toises de maçonnerie.
p. 7
   

Chapitre II. De la maçonnerie
à toise superficielle.

1.
L’usage le plus commun aux édifices particuliers est de toiser generallement tous les ouvrages de maçonnerie, tant en fondation qu’en élévation à toise superficielle de 6 pieds de long sur 6 pieds de large, qui produisent 36 pieds quarrés et chaque quarré 144 pouces quarrés.
(10)
2.
Par cette manière de toiser l’on distingue chaque espèce d’ouvrages, toisant séparément ce qui est en pierre de taille dure ou tendre, en moilon piqué ou bourus, en mortier ou en plâtre, enduits ou apparents, et encore suivant les différentes épaisseurs de chacun en particulier par rapport à leurs différentes valleurs.
11
3.
Ainsi aux murs de moilon où il y a des pieds droits, chaines, jambes sous poutre et autres parties en pierre de taille, l’on toise les murs dans toute la longueur et hauteur ; mais l’on toise à part les portions qui sont en pierre de taille, que l’on compte à leurs valleurs, et dont on rabat la quantité sur la totalité des toises de
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tout le mur, et le restant se compte en mur de moilon, à toutes les quelles sortes de murs leurs paremens y sont compris.
12
4.
Quelquesfois les massifs de maçonnerie en fondation sous
les jurons
en dessous
. ou autrement, sont réduits à mur de 18 pouces d’épaisseur, comptant une toise cube pour
4
en dessous
toise de mur ; quoiqu’il soit
plus
Changement de main
ajouts au crayon en dessous
naturel de toiser les massifs en cube,
parce que
Changement de main
ajouts au crayon en dessous
les
en dessous
prétendus murs de 18 pouces d’épaisseur,
n’ont
en dessous
point de parement
(13)
Changement de main
ajouts au crayon en dessous
.
5.
On toise tous les murs et autres ouvrages de maçonnerie qui se réduisent à toise superficielle, sur leurs hauteur, longueur et largeur ou pourtour pris par le milieu de leurs épaisseurs aux murs de clôture on prend la hauteur du dessous de la bordure et on ajoute deux pieds pour le chaperon.
6.
Aux murs qui font retour d’angle, si les angles sont droits ou à l’equaire, lors qu’on les toise par le dehors l’on rabbat l’épaisseur du mur à chaque retour d’angle ; au contraire si on les toise par le dedans, on augmente une épaisseur du mur à chaque angle ; en sorte qu’à un pavillon l’on toise les deux murs opposés par le dehors d’une arreste à l’autre et les deux autres murs par le dedans d’une angle à l’autre et ces deux différentes manières de mesurer donnent le pourtour du pavillon.
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8. le numéro 7 est absent
Pour avoir précisément le pourtour des murs des édifices en poligone et des murs circulaires ou ovales, il les faut mesurer par le dehors et par le dedans, additionner ces deux pourtours et en prendre la moitié, ce qui fera le pourtour des murs pris par le milieu de leur épaisseur.
9.
Ainsi lorsque deux murs rectilignes forment un retour d’equaire, on mesure la longueur de l’un par le dehors et la longueur de l’autre par le dedans, c’est à dire, que l’on rabbat l’épaisseur du premier mur pour prendre la longueur du second, et le parement qui est à la tête du premier sert à remplacer la partie de son parement intérieur, qui manque à l’endroit de la jonction du second mur.
(14)
Changement de main
ajouts au crayon en dessous
10.
Il n’est pas de même à un mur qui seroit terminé en forme de tête par le bout et qui auroit ses parement intérieur et extérieurs continués de chaque côté jusqu’aux arestes de sa tête ; en ce cas l’on toise le mur dans toute sa longueur et l’on ajoute à la longueur, la moitié de l’épaisseur de sa tête, ce que l’on nomme demie face.
(15)
Changement de main
ajouts au crayon en dessous
11.
Les éperons ou pilliers buttans, et les dosserets saillants hors les paremens des murs, soit pour porter des voutes en lunettes, des poutres ou autrement se
toisent
Changement de main
ajouts au crayon en dessous
par la longueur de leurs saillies hors le parement du mur contre lequel ils sont adossez et on y augmente la demie face,
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c’est à dire, la moitié de la largeur de leurs faces, ce que l’on doit entendre lorsque ces dosserets n’ont en la largeur de leurs faces que l’épaisseur des murs proportionnée à la charge qu’ils soutiennent, mais s’ils ont plus de largeur, ils sont réputés avant corps expliquez cy après.
12.
Les murs contre lesquels les éperons, pilliers buttants et dosserets sont adossez, se toisent tout droit pour ce qu’ils sont au derrière des éperons, pilliers buttants et dosserets.
(16)
Changement de main
ajouts au crayon en dessous
13.
Les pilliers quarrés ou rectangles isolé se toise
nt
Changement de main
ajouts au crayon en dessous
à mur selon leur qualité, en mesurant deux de leurs faces qui forment un de leurs angles droits pour faire ensemble la longueur du mur ; et si leurs faces sont plus longues d’un sens que de l’autre ; l’on compte pour l’épaisseur de ce mur la moins large de leurs faces.
(17)
Changement de main
ajouts au crayon en dessous
14.
Lorsqu’il y a des avantscorps [sic.] aux murs de face , ou aux autres murs, si ces avant corps ont une largeur considérable, l’on doit toiser séparément les murs aux côtes de l’avant corps jusqu’aux angles de la saillie pour ce qu’ils sont, et toiser l’avant corps dans sa longueur ou largeur d’une arreste à l’autre pour le compter à part en mur de l’épaisseur qu’ils contiennent entre leurs parements intérieurs et le parement de la face de l’avant corps ; l’on ne compte rien pour les
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retours de la saillie de l’avant corps, parce que pour l’ordinaire il y a des murs en retours au derrière dans l’épaisseur des quels murs le parement intérieur du mur de l’avant corps ne règne pas.
15.
Si les avant corps ont peu de largeur en leurs faces, tels que seroient des pilastres, on les compte pour saillie d’architecture, dont la manière de les toiser sera expliquée cy après au chapitre des saillies d’architecture.
(18)
Changement de main
ajouts au crayon en dessous
16.
À quelques murs que ce soit, l’on toise leurs hauteurs depuis l’arreste du lit de dessous de leur première assise du bas, jusqu’à l’arreste du lit de dessus de leur dernière assise du haut, et l’on ne compte point la demie face de dessus, quand même le dessus feroit parement, tant a pierre de taille, qu’en moilon, ou enduits de plâtre.
(19)
Changement de main
ajouts au crayon en dessous
17.
Aux murs en élévation au dessus du rez de chaussée, l’on compte leurs épaisseurs au nud de dessus des retraittes, et la saillie des retraittes n’est point comptée lorsque les assises du bas, qui forment les retraittes, sont de la même matière et qualité que le corps du nud du mur au dessus ;
(20)
Changement de main
ajouts au crayon en dessous
mais si les assises du bas qui forment les retraittes sont de pierre de taille d’une autre qualité que la construction du mur au dessus, on les toise séparément chacune de l’épaisseur qu’ils ont ainsi qu’il a été dit cy devant.
18.
Les murs en fondation se toisent comme les autres
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murs depuis l’arreste du lit de dessous la première assise du bas qui pose sur le terrain jusqu’au rez de chaussée à l’endroit où l’on forme les retraittes que l’on nomme enpattement, sur les quelles on érige les murs en élévation.
19.
S’il y a des voûtes portées sur les murs en fondation on compte ces murs passez au travers des voûtes et des reins jusqu’à la retraitte de leurs empattemens de la même épaisseur qu’ils ont au dessus de la naissance des voûtes ; mais on ne compte pas les murs dans la hauteur des voûtes et des reins de la même qualité que le bas, parce que leur partie du haut n’a point de parement et n’est pas construite avec les mêmes materaux, et si on les réduit au même prix dans toute la hauteur, l’on fait compensation de la valeur de la partie du haut.
(21)
Changement de main
ajouts au crayon en dessous
20.
La même chose se pratique à l’égard des contremurs qui soûtiennent des voutes, l’on compte les contremurs passez de leur épaisseur, jusqu’au dessus du remplissage des reins des voûtes.
21.
Les assises de pierre de taille que l’on nomme parpin, sous les cloisons et pans de bois de charpente, se toisent quelquesfois à toise courante ; mais comme il y a des assises de différente hauteur, il est plus juste de les réduire à toise superficielle ; de quelque manière qu’on les toise, s’il s’y rencontre des portes garnies de
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feuilles de pierre, l’on toise l’endroit des portes tout plein dans la hauteur de la première assise,
(22)
Changement de main
ajouts au crayon en dessous
et s’il y a plusieurs assises l’une sur l ‘autre, on rabbat les vuides des portes, moins les demies faces des tableaux ou autres assises au dessus de la première.
22.
Lorsque l’on construit un mur neuf aboutissant contre un vieu mur, la tranchée qui se fait dans le vieu mur pour y liaisonner le mur neuf, se compte pour un demi pied de longueur sur toute la hauteur de la tranchée, dans le toisé du mur neuf, dans lequel demi pied de long pour la liaison sont compris les enduits de racordemens faits au vieu mur aux deux côtés du mur neuf.
(23)
Changement de main
ajouts au crayon en dessous
23.
L’on compte pareillement un demi pied de long pour les liaisons des assises de parpin de pierre de taille
(24)
Changement de main
ajouts au crayon en dessous
et des voutes neuves dans les vieux murs.
24.
Pour le toisé superficiel des marches de pierre de taille, l’on mesure leurs longueurs entre les murs et les socles, et l’on prend le pourtour de ce qui est apparent, tant de leur giron, que de la hauteur de leur colets sans contourner la moulure qui est sur le devant : l’on compte à part les massifs ou voûtes qui portent les marches pour ce qu’ils sont.
(25)
Changement de main
ajouts au crayon en dessous
p. 14
   
p. 15
   

Chapitre III. De la maçonnerie
à toise cube

1.
La toise cube contient six pieds de long sur six pieds de large et six pieds de haut, le tout mesuré quarrément, ce qui produit 216. pieds cubes pour une toise, et chaque pied contient 1728 pouces cubes.
(26)
2.
Les grands édifices publics, comme sont les églises, les ponts, les murs de quay, les murs de terrasse, les fortifications et autres ouvrages où il y a de gros massifs de maçonnerie, se toisent pour l’ordinaire en cube, dont les devis expliquent la manière de les toiser et réduire, laquelle est de différente sorte.
3.
Il est quelques fois marqué dans le devis que tout les ouvrages de l’édifice de quelque nature qu’ils soient avec les saillies d’architecture, seront réduits au cube, compris leurs paremens qui ne seront point comptez alors… On mesure en détail toutes les différentes longueurs, hauteurs, profondeurs et épaisseurs des murs, pilliers, massifs, voûtes, reins,
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arbouttans, et autres ouvrages jusqu’aux saillies, hauteurs et grosseurs des membres d’architecture et les bossages des ornemens, et l’on déduit generallement tous les vuides des bayes des portes et des fenêtres et des autres ouvertures et des ceintres des arcs, des soupiraux de vantouse, barbe à canne, embrasement, tuïaux de cheminée passants dans les corps des murs ; même aux saillies d’architecture, les espaces entre les modillons et les mutulles, en sorte que l’on ne compte dans le toisé précisément que ce qui est corps solide sans aucun vuide.
4.
Par une autre manière de toiser en cube, l’on fait distinction des différentes natures d’ouvrages, faisant séparément ce qui est de moilon et maçonnerie commune ; d ‘avec ce qui est de pierre de taille dure, ou pierre tendre, de liais, de grais, de brique, ou d’autres matières, avec saillies et grosseurs des membres d’architecture et bossages des ornemens, le tout réduit au cube séparément, en déduisant les vuides et ne comptant que les solides de chaque espèce de nature d’ouvrages, comme il est expliqué en l’article cy dessus suivant les differens prix dont l’on est convenu dans le devis pour chaque sorte d’ouvrages en particulier.
5.
D’autres fois, et c’est la manière de toiser en cube la plus judicieuse et qui souffre moins de difficulté, on fait distinction des différentes natures d’ouvrages que l’on toise, réduits en cube séparément, en
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déduisant les vuides comme au 4e article, dont on païe le cube à part, et l’on compte au surplus à toise superficielle tous les paremens, vües des différentes espèces, tant des faces extérieures, que des vuides, sçavoir les paremens piquez, les paremens de pierre de taille dure, les paremens de pierre de taille tendre, les paremens enduits en plâtre, chacun en particulier, et les saillies d’architecture toisées aux us et coutumes de Paris, le tout suivant les differens prix convenus au devis et marché pour façon seulement, les matières qui les forment étant comptées dans le cube du solide des ouvrages.
(27)
6.
Aux édifices particuliers on toise quelques fois en cube les murs des caves en fondation au dessous du rez de chaussée la meilleure manière est de toiser en cube, comme en l’article précédent, c’est à dire, séparément ce qui est en pierre de taille, et séparément ce qui est en moilon, déduisant toujours les vuides, même les vuides des ceintres et des embrasemens des portes et des soupiraux passants dans les corps des murs, et toisant au surplus à toise superficielle tous les paremens, vues, faces des tableaux, embrasemens, ceintres, jours et autres pourtours des vuides, le tout séparément, pour être païé selon leurs différentes qualités et natures d’ouvrages.
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7.
La règle pour toiser et réduire en cube les ouvrages de maçonnerie, suivant les principes de la géométrie pour le toisé des corps solides, que l’on suppose être sçû par les toiseurs, consiste à sçavoir que le pied de roy contient 12. pouces, le quel nombre doit être considéré comme la racine ; que le quarré de 12 est 144. que le cube de 12 est 1728 pouces. De sorte que le pied cube contient en soi 1728 pouces en tout sens. Or pour sçavoir combien un corps solide contient de
toises
en dessous
cubes. 1° Je multiplie sa longueur, qui est la première dimension, par la largeur, seconde dimension. 2° je multiplie ce premier produit par sa profondeur, qui est la troisième dimension ;
ce dernier produit donne des pieds cubes. Or comme la toise cube contient 216. pieds cubes je divise ce dernier produit de la multiplication de la troisième dimension par 216 pour avoir au quotient le nombre de toises cubes que contient le solide proposé
en dessous
.
15 pieds 6
pieds
8
pieds
90. produit de 6
pieds
720 produit de 8
pieds
produit 810 divisé par
[accolade]216 [accolade] 3.
toises
cubes. 162/216
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Pour abréger cette longue opération, j’ai remarqué qu’en ne multipliant la longueur du solide que par ses deux autres dimensions l’une après l’autre, et ne divisant le produit que par 144. quarré de 12. on trouve au quotient le même produit qu’auparavant.
Exemple
15. pieds. 6 pouces. 8 pouces
90. produit de 6 pouces
720. produit de 8. pouces. divisé par 144
000 [accolade] 5. Pieds cubes.
8.
Dans toutes les différentes manières de réduire les ouvrages de maçonnerie en cube, la fouille et excavation des terres pour l’emplacement des ouvrages qui sont en fondation, doivent être comprises dans le prix de l’ouvrage.
(28)
9.
Lorsque c’est à l’entrepreneur de la maçonnerie de faire faire les fouilles et excavations des terres, on ne lui doit toiser de la fouille que ce qui est vuide dans les caves et autres lieux souterrains, et on ne leur passe point en compte pour la fouille rien de ce qui est occupé par la maçonnerie des murs, des massifs, des voutes, des reins, des arcs et autres ouvrages comptez en maçonnerie.
(29)
p. 20
   
p. 21
   

Chapitre IV. Du toisé des
bayes

1.
Lorsqu’il y a des bayes de portes ou de fenêtres dans les murs, qui se réduisent à toise superficielle, tant en fondation dans les caves, qu’en élévation, si la largeur de ces bayes n’excède point l’épaisseur des murs, où elles sont percées, on compte le mur plein sans rien déduire pour le vuide des bayes ; mais si les bayes sont plus larges que les épaisseurs de leurs murs, on déduit le vuide et on augmente les demies faces. Aux bayes qui sont de grandeur ordinaire, si elles sont ceintrées avec voussures par le haut, ou bandées avec claveaux en platebande droitte, ou bombées en pierre de taille, ou en moilon de la même qualité que leurs pieds droits, et qu’il y ait des fouilles ou des appuis de pierre de taille, l’on compte aussi les murs pleins sans rien déduire pour les vuides des bayes, et l’on ne compte point leurs feuilles du pourtour ni le scellement des gonts, gachis et crampons, pattes et scellement du pourtour des croisées, cecy s’entend être le remplissage de la baye.
2.
Quand il n’y a point de portes ni de croisées de
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menuiserie, et qu’à leur place il y a des grilles de barreaux de fer, leur scellement tient lieu de remplissage aux bayes ; mais s’il y a des portes et des croisées de menuiserie et outre ce des grilles de barreaux de fer, l’on compte les scellemens des grilles et bareaux de fer pour ce qu’ils sont.
3.
Aux bayes de portes ou de fenêtres ceintrées ou bandées en voussoir ou claveaux, lorsqu’il n’y a point de feuilles de pierre de taille, et celles qui sont ceintrées, l’on compte le vuide du ceintre comme s’il étoit plein depuis le dessus de la clef jusqu’au dessus de l’imposte ou de la naissance du ceintre ; et à celles qui sont en plattebande droitte ou bombée, le haut de la baye se compte plein de la clef de la plattebande ou du dessous de l’arreste des claveaux ; à celles qui sont bombées en autant de hauteur que le mur a d’épaisseur à cet endroit, à l’une et à l’autre l’on rabbat le vuide au dessous jusqu’en bas dans toute sa largeur, incluses les demie faces des pieds droits, c’est à dire, que si la baye a 8 pieds de haut sur 4 pieds de large, et le mur 15. pouces d’épaisseur, aux bayes en plein ceintre l’on rabbat le vuide en 6 pieds de haut sur 2 pieds ½ de large, et aux bayes en platte bande l’on rabbat le vuide en 6 pieds ½ de haut sur 2 pieds ½ de large.
4.
Dans le cas précédent si l’arc des planchers passoit au lieu de feuilles aux bayes des portes et que le dessus des appuis des fenêtres fut seulement enduit de plâtre , l’on
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l’on deduiroit toujours de même le vuide des bayes, mais l’on compteroit les arcs et enduits suivant leur qualité, parce que les arcs et enduits ne seroient pas suffisants pour faire compter les bayes pleines ; c’est pourquoi à des murs de moilon où il y a des feuilles et des appuis de pierre de taille aux portes et aux fenêtres, l’on ne doit point compter en plus valleur les feuilles et les appuis, puisqu’ils servent à faire compter une partie du vuide des bayes, comme si elles étoient pleines.
5.
Aux grandes bayes de portes cochères, remises de carosse, ou arcades, ouvertures de boutique, ou autres de cette nature, quoiqu’il y ait des feuilles ou appuis de pierre de taille, l’on déduit les vuides au dessus de la naissance des ceintres, ou au dessous de l’épaisseur des plattes bandes, comme s’il n’y avoit ni feuilles ni appuis, et l’on compte les feuilles ou appuis à part à leurs valleurs, comme aussi les scellements des gonds, gachis et autres faits dans la hauteur des vuides rabbatus.
6.
Lorsque les pieds droits des bayes sont de pierre de taille ou de moilon, et les linteaux de bois recouverts de plâtre, l’on rabbat entierrement le vuide des bayes dans leur hauteur et largeur, moins les demies faces des pieds droits, et l’on compte à part le recouvrement des linteaux pour ce qu’ils sont.
p. 24
   
7.
Dans tout les cas où l’on rabbat les vuides des bayes, l’on compte les scellements des portes et des croisées et autres scellements faits dans l’espace des vuides rabbatus.
8.
Les bayes des portes, arcades, ou des fenêtres feintes renfoncées en partie dans les épaisseurs des murs et les allèges des appuis de croisée, niches, ou autres renfoncemens faits en construisant les murs, se comptent comme si les murs étoient de toute leur épaisseur à ces endroits, lorsque les murs sont toisés à toise superficielle, et l’on ne compte aucunes plus valleurs pour les tableaux de leurs pieds droits, ni pour leurs ceintres ou plattebandes de voussoirs ou claveaux en pierre ou en moilon, ni pour leurs feuilles ou appuis de pierre de taille.
9.
Aux ouvertures des bayes de portes ou de fenêtres que l’on perce en vieux murs aux quels l’on fait des pieds droits et fermetures en voussoir ou claveaux de pierre de taille avec feuilles ou appuis de pierre de taille, l’on toise la largeur du dehors de la face des liaisons des pieds droits sur la hauteur, depuis trois pouces plus bas que le dessous des feuilles ou de l’appui de pierre de taille, jusqu’à six pouces plus haut que le dessus du plus haut voussoir ou claveau, et l’on compte, ou l’on rabbat les vuides, ainsi qu’il est expliqué cy dessus pour les grandes bayes, ou les bayes ordinaires faittes en construisant les murs.
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10.
Lorsqu’au percement des bayes en vieux murs de pierre de taille, ou en moilon où l’on coupe les pieds droits dans l’ancienne pierre de taille, ou moilon, en y rapportant quelques claveaux, ou moilons aux endroits où les joins se trouvent trop proches de l’arreste du tableau ; l’on compte la largeur 6 pouces de chaque côté plus que l’ouverture de la baye, et la hauteur 6 pouces plus haut que le dessus des claveaux, voussoirs, ou lintaux, et 3 pouces au dessous des feuilles ou appuis de pierre de taille ; l’on compte, on l’on rabbat le vuide des bayes, comme aux murs neufs, et l’on estime ces murs en percement, suivant un prix proportionné à la depence.
11.
Les lucarnes de pierre de taille ou de maçonnerie se toisent sur leurs largeurs de dehors en dehors en y ajoutant un retour de leurs épaisseurs pour deux demies faces des bouts sur toute la hauteur, depuis le dessus des murs qui les portent, jusqu’au haut de la pointe de leurs frontons, et l’on compte ou l’on rabbat le vuide des bayes suivant les différents cas expliquez dans l’article des bayes des portes et fenêtres ; les saillies d’architecture qui sont aux lucarnes se toisent à part à moins qu’il ne soit autrement expliqué par un marché.
12.
Aux murs en fondation, ou en élévation, lorsqu’il y a des soupiraux, l’on compte le mur plein sans rien augmenter pour les paremens du dedans des soupiraux à la réserve des assises de pierre de taille qui font parement
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des deux faces du mur dans les quelles les soupiraux sont percez au travers, auquel cas l’on augmente en plus valleurs le tems que les tailleurs de pierre ont emploiez à percer dans les assises seulement.
13.
Les tuyaux des cheminées passants dans le corps des murs sont comptez sans plus valleur dans le toisé du mur où ils passent, comme si le mur étoit plein, quand les languettes des tuyaux sont de même matière que le mur, ou de plâtre pigeonné, si le mur est de moilon et l’on ne toise des tuyaux que ce qui excède l’épaisseur du mur.
14.
Quand les murs sont de pierre de taille ou de moilon et les languettes de brique, l’on toise les murs et les languettes chacun à part, en déduisant du mur la largeur et la hauteur de ce qui est compté en languettes de brique, c’est à dire, tout ce qu’occupent les tuyaux des cheminées.
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Chapitre V. Du toisé des
puids

1.
Les puids se toisent ordinairement sur leur hauteur prise depuis l’arrête du dessous du roüet du fond, jusqu’à l’arrête du dessus de la mardellle, sans y compter de demies faces au dessus.
2.
Le roüet du fond du puid se païe à part au charpentier qui le fournit, quoique son épaisseur soit comprise dans le toisé de la maçonnerie.
3.
Les puids sont quelques fois comptez et estimez à toise courante de leurs hauteur, tout compris le fort au faible des murs tant en pierre de taille que de moilon, la fouille, l’enfoncement et l’épuisement des eaux.
4.
Lorsque l’on toise les murs de puids à toise superficielle, l’on toise toujours leurs hauteurs depuis le dessous du roüet jusqu’au dessus de la mardelle, et leurs pourtours pris par l’épaisseur au milieu du mur, ou par le millieu de l’épaisseur du mur.
5.
Pour avoir le pourtour du mur d’un puid ou d’une tour ronde, si elle est circulaire, l’on prend son diamettre dans œuvre, auquel l’on ajoute une épaisseur de mur,
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et on le multiplie par 3 et 1/7. mais si le puid est ovalle, on ajoûte le petit et le grand diamètre ensemble dont on prend la moitié, à laquelle on ajoûte une épaisseur de mur et on le multiplie de même par 3 et 1/7. Le produit est la circonférence du mur prise dans le milieu de son épaisseur.
6.
On confond dans le toisé des murs de puids la pierre de taille, le moilon et la mardelle, et l’on y met le prix à proportion de la dépense, compris la fouille, l’enfoncement et les epuisemens des eaux, sans y compter aucunes plus valleurs.
7.
Ce n’est pas que l’on ne puisse compter séparément ce qui est en pierre de taille, ce qui est en moilon et la plus valleur de la mardelle, toiser en cube la fouille des terres et compter à part les epuisemens des eaux, l’enfoncement du rouet et des assises de pierre du fond, ce qui reviendroit au même, puisqu‘il faut faire attention à toutes ces choses, quand on les confond dans le seul prix du mur.
8.
Quand par un marché pour la construction d’un bâtiment il est spécifié, ce qui se fait rarement, que tous les murs de quelque nature et épaisseur qu’ils soient, seront païez sur un même prix, les murs circulaires ou ovales des puids sont réduits à la toise superficielle, comme il est dit cy dessus ; et ils sont confondus avec
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les autres murs du bâtiment pour le prix convenu ; et s’il est porté par un marché que la pierre de taille sera toisée séparément, ou en plus valleur, l’on observe la même chose à l’égard de la pierre de taille emploiée aux murs des puids, comme aux autres murs du bâtiment ; en ce cas là on toise le cube de la terre fouillée et enlevée dans le vuide du puid, comme celle du vuide des caves, et l’on paie à part les épuisemens des eaux pour l’enfoncement du puid.
9.
De quelque manière que l’on toise les puids, l’encastrement et le scellement des crampons de fer, qui lient et retiennent les pierres ensemble, ne se comptent point.
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Chapitre VI . Du toisé des
voutes

1.
Toutes les voutes en général se toisent suivant les us et coutumes de Paris par la superficie de leurs douelles intérieures, c’est à dire, par le dessous, en prenant leurs pourtours depuis la naissance de leurs ceintres d’un côté, jusqu’à la naissance du même ceintre de l’autre côté opposé à angle droit sur leurs longueurs, quand elles sont en berceaux ; car les voutes d’arrête et les voutes de cloitre doivent être toisée autrement : la superficie des voutes d’arrête étant moindre que celle des voutes en berceau de même hauteur et sur un même plan, et la superficie des voutes de cloitre sur un même plan et de même hauteur contient plus que la superficie des voutes en berceau ; c’est pourquoi il y a différentes manières de les toiser, si l’on veut les toiser justement, parce que si l’on toisoit les voutes d’arrête comme les voutes en berceau, le propriétaire païeroit plus qu’il ne devroit, et si l’on toisoit les voutes de cloître de la même manière, on feroit tort à l’entrepreneur, ensorte que pour rendre justice de part et d’autre, il convient de toiser les voutes par les règles qui sont propres à chacune, de même qu’il y a des règles particulières pour le toisé des voutes sphériques et des voutes sphéroïdes.
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2.
L’on pouroit objecter que l’usage de toiser les voûtes par la superficie de leurs douelles intérieures n’est pas juste et qu’on les devroit toiser par le milieu de leurs épaisseurs, comme l’on fait les murs circulaires, parce que l’on compte les murs qui soutiennent les voûtes de toute leur épaisseur jusqu’au couronnement des voûtes ; de sorte que ces voûtes n’ont point d’épaisseur à leur naissance du bas et qu’elles en ont très peu au dessus jusqu’à la hauteur ou l’épaisseur des voûtes qui commencent à se séparer de l’épaisseur des murs qui les soutiennent : mais cet usage est établi et suivi depuis longtems et ne se peut changer que par une reformation souveraine, ainsi que beaucoup d’autres abus qui se sont glissez dans le toisé des bâtimens, les quels quoique connus on est obligé d’admettre, jusqu’à ce qu’il en soit autrement ordonné.
3.
Toutes les différentes espèces de voûtes étant mesurées par leurs circonférences et leurs diamettres, il est à propos, avant que de donner les règles pour en toiser les superficies, de connoître les manières de mesurer la circonférence, ou pourtour des ceintres et diamettre des voûtes.
4.
Les ceintres ou circonférences des voûtes sont circulaires, ou ovales, surmontées, ou surbaissées : quand le pourtour
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intérieur du ceintre des voûtes se peut prendre manuellement avec un cordeau, on est sur de l’avoir mesuré juste , mais pour l’ordinaire cela est difficile ; lorsque l’on ne peut pas l’exécuter, il est nécessaire de se servir des règles géométriques qui sont toujours très juste, ou du moins des règles pratiques qui en approchent à peu de choses près, quand elles dérivent des principes de la géométrie.
5.
Quand les voûtes sont en plein ceintre, c’est à dire, lorsque leurs circonférences font demi cercle, la règle géométrique est aisée à pratiquer : il faut prendre la longueur de la voute par le bas, de niveau et à angle droit d’une naissance à l’autre opposée, ce qui est le diamettre entier du cercle, le joindre avec le demi diamettre à plomb, qui est la hauteur entre le dessous de la clef de la voûte et le diamettre de niveau, y ajoûter la 7e partie de la hauteur du demi diamettre à plomb, ce qui fait ensemble la circonférence ou pourtour de la voûte.
Exemple
Le diamettre de niveau étant 14 pieds, la hauteur, ou demi diamettre à plomb étant 7 pieds, la 7e partie du demi diamettre étant 1 pied, font ensemble 22 pieds pour la circonférence, ou pourtour de la voûte en plein ceintre.
6.
Si le ceintre de la voûte étoit ovale, surmonté,
ou
surbaissé ; pour en avoir géométriquement la circonférence ou pourtour, il faut prendre la moitié de la longueur
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du diamettre de niveau d’une naissance à l’autre opposée, et la moitié du demi diamettre d’aplomb, trouver un demi diamettre proportionnel entre le demi diamettre de niveau et celui d’aplomb, multiplier ce demi diamettre proportionnel par 3 et ¼ le produit sera la circonférence, ou pourtour du ceintre ovale.
Le diamettre de niveau étant 14 pieds ; et la hauteur ou montée de la voûte étant 9 pieds, le demi diamettre moïene proportionnelle entre 7 pieds et le demi diamettre de la largeur et la hauteur de 9 pieds, sera de 7 pieds 11 pouces, 3 lignes, dont la 7e partie est 1 pied, 1 pouce, 7 lignes ½ laquelle étant ajoutée à 3 fois le demi diamettre proportionnel, font ensemble 24 pieds 11 pouces 4 lignes ½ pour le pourtour ou la circonférence de la voute.
Sur 5 pieds de hauteur et 14 pieds de largeur, le demi diamettre moïenne proportionnelle dans la hauteur de 5 pieds, et 7 pieds moitié de la largeur, est de 5 pieds 11 pouces, dont la 7 partie est 10 pouces, 1 Ligne 2/3 laquelle jointe à trois fois le demi diamettre proportionnel font ensemble 223 pouces, 1 ligne 2/3 pour la circonférence de la voûte.
7.
Les opérations pour avoir géométriquement le pourtour ou circonférence du ceintre ovalle des voûtes par le
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demi diamettre moyene proportionnelle étant embarassantes à plusieurs personnes ; l’on peut avoir la même circonférence plus aisément à très peu de choses de différence par la règle pratique suivante, en joignant le demi diamettre de la largeur avec le demi diamettre de la hauteur, la moitié de leurs somme sera le demi diamettre, moïenne arithmétique entre les deux, y ajoutant la 7e partie de ce diamettre moïen, le tout ensemble sera la circonférence de la voute.
Le demi diamettre de la longueur étant 7 pieds, et la hauteur 9 pieds, lesquels étant joints avec le demi diamettre, moïenne arithmétique, qui est de 8 pieds dont la 7e partie est 1 pied, 1 pouces, 8 lignes ½ pour la circonférence de la voûte, sçavoir 25 pieds
Abréviation : pi.s
1 pouce
Abréviation : po
8 lignes
Abréviation : l.
½. Ce qui est 2 pouces, 4 lignes de plus que sa juste mesure géométrique, différence peu considérable en comparaison de la facilité de l’opération cy rapportée.
À 5 pieds de hauteur sur le même demi diamettre de 7 pieds moitié de la largeur, le demi diamettre moïenne arithmétique sera de 6 pieds dont la 7e partie est 10 pouces, 3 lignes ½ le tout faisant 18 pieds, 10 pouces 3 lignes ½ pour la circonférence de la voute, qui ne diffère de la géométrique que d’une ligne 5/6.
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§ I.
Des voûtes en berceau
1.
De toutes les espèces de voûtes, celles qui sont en berceau sont les plus faciles à toiser. Aïant trouvé le pourtour ou circonférence de leurs douelles intérieures par les règles expliquées cy dessus, il faut multiplier le pourtour par leurs longueurs entre les deux murs qui leur servent de pignon, le produit sera la quantité de toises superficielles que contient la voute.
Exemple d’une voute en berceau en plein ceintre
De 7 pieds de hauteur sur un plan quarré de 14 pieds de diamettre, ou côté du quarré ; aïant multiplié la circonférence de 22 pieds par la longueur de 14 pieds, le produit qui est 308 pieds, sera la superficie de la voute.
Autre exemple
d’une voute en berceau dont le ceintre est ovale surmonté de 9 pieds de hauteur sur la même quarré de 14 pieds de diamettre, la circonférence géométrique est de 24 pieds, 11 pouces, 4 lignes ½ la quelle étant multipliée par la longueur 14 pieds, le produit sera de 349 pieds, 3 pouces, 3 lignes pour la superficie de la voûte surmontée.
Autre exemple
Si la voûte en berceau étoit ovalle surbaissée de 5 pieds de hauteur sur le même plan quarré, la circonférence géométrique qui est de 8
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pieds, 7 pouces, 1 ligne 6/3 étant multipliée par 14 pieds, produiroit 260 pieds, 3 pouces, 11 lignes 1/3 pour la superficie de la voute surbaissée.
2.
Lorsque la voûte en berceau est sur un plan rectangle, c’est à dire plus long d’un sens que de l’autre à angle droit, il faut toujours multiplier le pourtour de la voute par le côté du rectangle.
La longueur du rectangle étant 18 pieds, le petit côté 14 pieds servant de diamettre à la voûte laquelle étant en plein ceintre auroit 7 pieds de hauteur et 22 pieds de circonférence, qui multipliée par sa longueur de 18 pieds produiroit 396 pieds pour la superficie de la voûte
Au contraire si la voute en berceau étoit sur le grand diamettre de 18 pieds de la même hauteur de 7 pieds et la longueur de 14 pieds, la circonférence seroit de 24 pieds, 11 pouces, 4 lignes ½ laquelle étant multipliée par la longueur 14 pieds, produiront 249 pieds, 3 pouces, 3 lignes.
3.
Quoique les opérations des exemples précédens pour le toisé des superficies des voutes en berceau soient faites par les circonférences géométriques, on pourroit dans la pratique pour plus grande facilité se servir des circonférences trouvées par les demi diamettres, moïenne arithmétique expliquée dans
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l’article 7 page 33 ce qui produiroit quelques pouces de plus ; mais l’opération en seroit beaucoup plus prompte et la différence est si peu de chose sur la quantité que l’on peut s’en servir dans le toisé, sans craindre de faire aucune injustice.
4.
Il arrive quelques fois que les voûtes en berceau ne sont pas sur des rectangles ; elles peuvent être faites sur des plans biais parallélogramme biais, c’est à dire, obliangle, aïant deux angles opposés optiques et les deux autres opposés aigus, il faut prendre la mesure de la circonférence, ou pourtour du ceintre de la voûte à angle droit sur les côtés d’une naissance à l’autre, et la multiplier par la longueur de l’un des cotés.
Description
Cette figure est le plan d’un parallélogramme obliangle a, b, c, d voutée en berceau ; chacun des côtés a, d. B, C aïant 18 pieds de long et les deux autres côtés a, b. c, d chacun de 15 pieds, servant de pignon à la voute, il faut mener le diamettre f, e à angle droit, c’est à dire, d’equaire aux côtés des naissances de la voute a, b, c, d lequel diamettre l’on suppose être de 14 pieds et la circonférence de la voûte
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en plein ceintre sur ce diamettre contenant 22 pieds de pourtour lequel étant multiplié par 18 pieds longueur des côtés a, d. b, c produisant 396 pieds pour le toisé de la superficie de la voûte.
5.
Quand la voute est sur un plan trapèze, il faut partager en deux chacun de ses côtés opposez qui servent de pignon à la voute du trapèze et mener une ligne d’un de ses côtés au milieu de l’autre et la diviser en deux egallement, et par le point du milieu mener une autre ligne à angle droit, terminée d’un côté à l’autre des naissances, pour servir de diamettre à la voûte, en trouver le pourtour du ceintre suivant le diamettre, réduire le trapèze en un rectangle de même superficie auquel le diamettre de la voute serve de base, et multiplier la circonférence du ceintre par la longueur d’un des côtés du rectangle pour avoir le toisé de la superficie de la voûte.
6.
L’on peut avoir la superficie de la voute en berceau sur le même plan trapèze à très peu de chose prés par une pratique plus facile, en multipliant la circonférence du ceintre de la voute suivant le diamettre comme cy dessus par la longueur de la ligne menée du milieu de l’un des pignons au milieu de l’autre.
Exemple. À la figure suivante le trapèze g, h. i, l dont les côtés g. l. i, h soutiennent les naissances de la voute et les côtés g, h. i, l en sont les pignons ; ayant divisé chacun des pignons en deux aux points p et q il faut
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aussi diviser en deux au point O
Description
mener la ligne m, n d’equaire à la ligne P. Q la ligne m, n étant terminée par les deux côtés des naissances de la voûte, en sera le diamettre que l’on suppose être de 14 pieds, et la circonférence de la voûte en plein ceintre. Par ce diamettre multipliant 22 pieds circonférence de la voûte par la ligne P. Q qui est supposée être de 17 pieds ½ le produit 385 pieds sera le toisé de la superficie de la voûte.
7.
Le remplissage des reins en maçonnerie des voûtes en berceau étant fait de niveau jusqu’au couronnement du dessus de leurs extradosses, ne se compte point aux voûtes qui n’ont que 6 pieds jusqu’à 6 pieds ½ de diamettre dans œuvre suivant l’usage ordinaire à cause de la grande portion de leurs épaisseurs qui est engagée dans les épaisseurs des murs suivant l’ancien usage aux voutes qui ont 6 pieds et 6 pieds ½ de diamettre et au dessus l’on compte les reins pour le tiers du toisé des voutes tant en plein ceintre que surmontées ou surbaissées, et par le calcul des reins étant réduits à l’épaisseur de la voute n’en contiennent environ que le quart , même aux voutes en berceau plein ceintre sur 14 pieds de diamettre, un peu plus aux voutes surmontées et un peu moins aux voutes surbaissées. Ces proportions
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sont encore différentes selon la grandeur des voûtes, celles de 6 pieds ½ de diamettre a très peu de reins, et celles de 18 à 20 pieds de diamettre en ont beaucoup plus à proportion.
8.
Lorsque les reins des voutes ne sont point remplis de maçonnerie jusqu’au niveau du couronnement de leurs extradosses, l’on mesure la superficie et hauteur de ce quis [sic.], en manque, que l’on réduit à l’épaisseur ordinaire des voutes et on le rabbat de la quantité que l’usage accorde pour le remplissage des reins des voutes.
9.
De quelque qualité de matereaux que soient les voûtes, en pierre de taille, en briques, ou en moilons piqués apparens, ou moilons bourus crépis par le dessous de leurs douelles, la maçonnerie de leurs reins ne se compte que sur le prix des moindres voutes, c’est à dire, de celles qui sont en moilons bourus, ourdées et crépies en plâtre ; ce qui est une règle generalle pour toutes les espèces de voutes.
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[Chapitre 7]
§ 2.
Du toisé des voûtes d’arrête

1.
Les voûtes d’arrête en plein ceintre sur un plan quarré se toisent géométriquement en multipliant la moitié de la circonférence de leurs ceintres par leurs diamettres et du produit étant le quarré du même demi diamettre, ce qui restera sera la 8e partie de la superficie de la voûte.
Exemple
Le diamettre du plan, c’est à dire, le coté du quarré étant de 14 pieds, la circonférence ou pourtour du ceintre de la voûte sera de 22 pieds, dont la moitié est 11 pieds, étant multiplié par le demi diamettre qui est 7 pieds, le produit sera de 77 pieds en superficie, dont aïant ôté 49 pieds quarré du demi diamettre 7 il restera 28 pieds, lesquels multipliez par 8 produisent 224 pour la superficie de la voute d’arrête.
2.
La même superficie de la voûte d’arrête en plein ceintre sur le même plan quarré se trouvera par une autre règle aussi géométrique ; en ôtant de la circonférence ou pourtour du ceintre de la voûte la longueur du diamettre, doublant ce qui reste et le multipliant par le même diamettre ainsi le diamettre 14 pieds étant ôté de la circonférence 22 pieds, il reste 8 pieds, dont le double 16 pieds multiplié par le diamettre 14 pieds, produira 224 pieds pour la superficie de la voûte d’arrête.
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[Règles généralles et pratiquées pour le toisé de toutes sortes de voûtes d’arreste]
3.
Règles generalles et pratiques pour toiser toutes sortes de voûtes d’arrête ; les deux règles précédentes n’étant que pour des voûtes d’arrête en plein ceintre sur des plans quarrés, lesquelles règles ne conviennent pas pour des voutes surbaissées ou surmontées, il est nécessaire de donner une règle generalle qui puisse servir à toiser les voûtes d’arrête dans tous les differens cas qui seront expliquez de suitte l’un après l’autre, ce qui se peut faire en cette manière. Aïant trouvé la circonférence, ou pourtour du ceintre de la voûte, comme il est expliqué à l’article des voutes en berceau, supposant d’abord les voûtes d’arrête être sur des plans quarrés, il faut ôter la longueur de leurs diamettres de leur circonférence, prendre le quart du restant, l’ajoûter au même diamettre, en multipliant la somme par le côté du quarré, le produit sera la superficie de la voute d’arrête
Pour les voûtes en plein ceintre sur un plan quarré, ôtant le diamettre 14 pieds de la circonférence 22 pieds, il reste 8 pieds, dont le quart est 2 pieds, étant ajouté au diamettre 14 pieds, fait 16 pieds, lesquels étant multipliez par 14 pieds côté du quarré, le produit sera 224 pieds pour la superficie de la voûte d’arrête.
4.
Si la voûte d’arrête avoit 9 pieds de hauteur et monter sur le même plan quarré de 14 pieds de diamettre, sa circonférence seroit de 24 pieds, 11 pouces, 4 lignes ½ de laquelle aïant ôté le diamettre 14 pieds, il reste 10 pieds
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11 pouces, 4 lignes ½ dont le quart est 2 pieds, 8 pouces, 10 lignes ⅛ étant adjouté au diamettre 14 pieds font 16 pieds, 8 pouces 10 lignes 1/8 lesquels étant multipliez par 14 côté du quarré produisent 234 pieds, 3 pouces, 9 lignes ¾ pour la superficie de cette voute.
5.
Si la voûte d’arrête sur le même plan quarré étoit surbaissée à 5 pieds de hauteur, sa circonférence seroit de 18 pieds, 7 pouces 1 ligne 2/3 de laquelle aïant ôté le diamettre 14 pieds, il reste 4 pieds, 7 pouces, 1 ligne 2/3 dont le quart 1 pied, 1 pouce, 9 lignes 5/12 ajouté à 14 pieds, fait 15 pieds, 1 pouce, 9 lignes 5/12 lesquels étant multipliez par 14 pieds produisent 212 pieds, 11 lignes 5/6 pour la superficie de la voûte.
6.
Par la même règle, pour avoir la superficie d’une voûte d’arrête sur un plan rectangle plus long que large, il faut trouver un diamettre moïenne proportionnelle arithmétique entre le grand et le petit côté du rectangle et une circonférence aussi moïenne proportionnelle arithmétique entre la circonférence de la voûte sur la longueur, et la circonférence de la même voûte sur la largeur, ensuite ôter le diamettre moïen de la moïenne circonférence par soustraction, prendre le quart du restant, et l’ajoûter au moïen diamettre, en multipliant la somme par le moïen diamettre seul, le produit sera la superficie de la voûte
Le grand côté du rectangle étant de 18 pieds, le petit côté de 14 pieds, et la hauteur ou montée de la voûte de 7 pieds, le diamettre moïen proportionnel entre le grand et le
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petit côté du rectangle sera de 15 pieds, 10 pouces, 6 lignes, et la circonference moïenne proportionnelle entre celle sur la longueur et celle sur la largeur sera de 23 pieds 5 pouces, 1 ligne 2/3 la différence entre le diamettre et la circonférence moïenne proportionnelle est de 7 pieds, 6 pouces, 7 lignes 2/3 dont le quart est 1 pied, 10 pouces, 7 lignes ½ les quels étant ajoûtez au diamettre font 17 pieds, 9 pouces, 1 ligne 11/12 qui étant multipliez par le diamettre 15 pieds, 10 pouces, 6 lignes, produisent 282 pieds pour la superficie de la voûte.
7.
Lorsque les voûtes d’arrête sont sur des plans parallelogrames obliangles, ou sur des plans trapèzes, il en faut réduire les plans en rectangle d’egalle superficie, comme il est expliqué aux articles 4. 5. 6 du I § des voûtes en berceau.
8.
Aux voûtes d’arrête posées sur les pilliers ou dosserêts, on doit toiser ce qui est entre les pilliers et dosserets en voûte d’arrête pour ce qu’ils sont, comme il est expliqué cy dessus, et les portions de ces voutes qui sont entre les épaisseurs et faces des pilliers et dosserets, comme voutes en berceau.
Aux voûtes d’arrête a, b, c, d de la figure suivante posées sur le pillier i et les dosserets a, e, b, f, c, g, d, h. supposant ces voutes être en plein ceintre, les distances entre les dosserets et le pillier du milieu, chacune de 14 pieds, chaque face du pillier et des dosserets de 3 pieds, et les côtés des saillies de chaque dosseret d’1 pied ½ et le tout sur un plan quarré, chacun de 4 parties 6. 12. 13. 19. 20. 29. 27. et 5.
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lesquelles toisez en voutes d’arrête, étant en plein ceintre sur des plans quarrés, dont le diamettre de 18 pieds, produiront chacune 224 pieds en superficie, les portions des voutes 5. 6. 30. 29. 31. 32. 13. 12. et les autres semblables entre les 4 faces du pillier et les faces des dosserets des milieux, de même que les 8 portions de voutes 6. 7. 8. 9. 9. 10. 11. 12. et les autres semblables entre les côtés ou saillies des dosserets seront toutes toisées comme des voutes en berceau en plein ceintre, contenant ensemble 24 pieds de long, les quels étant multipliez par leur circonférence de 22 pieds, produiront 528 pieds, ce qui fait pour toute la superficie de cette voûte 1424 pieds.
Description
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8.
Lorsqu’aux voutes en berceau il y a des lunettes de la même hauteur de la voûte, l’on doit toiser l’endroit des lunettes comme voûte d’arrêtes et le surplus en voutes en berceau.
10.
Aux voûtes d’arrête en général l’on toise le pourtour de toutes leurs arrêtes depuis leur naissance jusqu’au centre de leurs clefs, que l’on compte pour 1 pied courant, comme saillie d’architecture ; en légers ouvrages, lorsque les voutes sont en moilon piqué apparent, crépis et enduis en plâtre, mortier, ou en saillies de pierre de taille, quand les arrêtes sont de pierre de taille dure ou tendre ; la raison est que les arrêtes n’ont aucune épaisseur, et même que la voûte est à ces endroits toisée par les deux faces de son épaisseur au pourtour des arrêtes.
11.
Les reins des voûtes d’arrête au dessus de 6 pieds ½ de diamettre étant remplis au niveau des couronnemens de leur extradosses, se comptent à l’usage de Paris pour le quart de la superficie de la voûte, non compris les arrêtes ; quoique par le calcul réduisant le remplissage des reins des voûtes d’arrête en plein ceintre à l’épaisseur de la voûte, ils ne produisent que le sixième de la superficie.
12.
Les pilliers et dosserets qui soutiennent les voûtes d’arrête ne se toisent que depuis le bas de leurs fondations, jusqu’à la naissance ou retombée de la voûte, le surplus de la hauteur est compris dans les reins, parce que la voûte se toise depuis sa naissance dans les quatre faces
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du pillier, et outre ce bon compte à part les 4 arrêtes en saillies d’architecture et aux dosserets à proportion ce qui est plus que suffisant pour remplir les noyaux au dessus du pillier et des dosserets jusqu’au couronnement de la voute.
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[Chapitre 8]
§ 3.
Du toisé des voûtes de cloitre
sur des plans quadrilatères. Règle géométrique
Abréviation : géom

1.
La superficie des voûtes de cloître, lorsqu’elles sont en plein ceintre sur un plan quarré, se trouve géométriquement en differentes manières, la première en menant une ligne du sommet ou centre de la clef de la voute à la retombée de sa naissance au point du milieu de l’un des côtés du quarré du plan de la voûte : quatre fois le quarré de cette ligné [sic.] sera la superficie de la voute de cloitre.
Le diamettre ou côté du quarré du plan de la voûte étant de 14 pieds et sa hauteur ou montée de 7 pieds, la ligne menée du sommet de la voûte à sa naissance du bas qui est la même chose, la moitié de la diagonale du quarré sera de 9 pieds 10 pouces, 9 lignes ½ dont le quarré est 98 pieds pour la superficie de la voute.
Autrement le quarré de la diagonale du plan quarré de la voûte de cloître en plein ceintre est égal à la superficie de la voûte, étant sur le même plan quarré de 14 pieds, sa diagonale sera de 19 pieds, 9 pouces, 7 lignes, dont le quarré est 392 pieds pour la superficie de la voute.
2.
La superficie de la voute de cloître plein ceintre sur
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un plan quarré se trouvera aussi géométriquement encor plus facilement en doublant la superficie du plan, suivant la XIII proposition du premier livre du traité de la sphère et cylindre d’Archimède, parce que la superficie de la voûte de cloître en plein ceintre sur un plan quarré est à la superficie du plan, comme la superficie de la voute sphérique est à la superficie du cercle de sa base.
Le côté du plan quarré étant 14 pieds, sa superficie sera 196, dont le double est 392 pieds qui est egalle à la superficie de la voûte de cloitre en plein ceintre sur ce plan.
3. [Règle généralle pour le toisé des voûtes de cloître]
Les voutes de cloître, ainsi qu’il a été dit pour les voûtes d’arrête, ne sont pas toujours en plein ceintre sur des plans quarrés. Il est à propos de donner une règle pratique et generalle qui puisse servir à toiser toutes sortes de voutes de cloître sur differens plans quadrilatères. Pour toiser les voutes de cloître quelles quelles soient, il faut ajouter à la circonférence du pourtour de la voûte les trois quarts de la différence qui est entre cette circonférence et son diamettre et les multiplier par le même diamettre.
Soit une voûte de cloître sur un plan quarré de 14 pieds en plein ceintre ; la différence entre ce diamettre et la circonférence de 22 pieds, est 8 pieds, dont les
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trois quarts sont 6 pieds, lesquels étant multipliez par le diamettre 14 pieds, se trouvent pour la superficie de la voute 392 pieds. Lesquels divisez par 36 pieds, valeur de la toise, donnent 10 toises, et 32 pieds de surplus.
4.
Aux voûtes de cloître surmontées de 9 pieds de hauteur sur le même plan quarré, aïant ôtez le diamettre 14 pieds, de la circonférence 24 pieds, 11 pouces 4 lignes ½ il reste 10 pieds, 11 pouces, 4 lignes ½. Les trois quarts de cette différence font 8 pieds, 2 pouces, 6 lignes ½ qui font avec la circonférence 33 pieds, 1 pouce 10 lignes 7/8 qu’il faut multiplier par le diamettre 14 pieds pour avoir la superficie de la voûte qui est de 464 pieds, 2 pouces, 8 lignes ¼.
5.
Lorsque la voute de cloitre est surbaissée de 5 pieds de hauteur sur le même plan quarré, la circonférence de son ceintre étant de 18 pieds, 7 pouces, 1 ligne 2/3, la différence entre cette circonférence et le demi diamettre 14 pieds est de 4 pieds, 7 pouces, 1 ligne 2/3 dont les trois quarts sont trois pieds, 5 pouces, 4 lignes ¼ ajoutez à la circonférence font 22 pieds, 5 lignes 11/12 lesquels étant multipliez par le diamettre 14 pieds produisent 308 pieds, 6 pouces, 10 lignes, 2/3 pour la superficie de la voûte.
6.
Si la voûte de cloitre est sur un plan rectangle le plus long d’un côté que de l’autre, il faut trouver une ligne
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moïenne proportionnelle, ou moïenne arithmétique entre les deux côtés, et une circonférence moïenne proportionelle, ou moïenne arithmétique entre les circonférences des ceintres de la voûte sur les deux differens diamettres, les trois quarts de la différence entre le diamettre moïen et la circonférence moïenne étant ajoutez à cette circonférence et multipliez par le moïen diamettre, produiront la superficie de la voûte.
Le grand diamettre étant de 18 pieds, le petit de 14 pieds, la hauteur de la voûte de 7 pieds, le diamettre proportionnel est de 15 pieds, 10 pouces, 6 lignes, et la circonférence de la voûte sur le diamettre 18 pieds, est de 24 pieds, 11 pouces 4 lignes ½ la circonférence sur le diamettre 14 pieds est de 22 pieds, et la circonférence moïenne proportionnelle entre les deux est 23 pieds, 5 pouces, 1 ligne 2/3 la différence entre le diamettre et la circonférence moïenne proportionnelle est de 7 pieds, 6 pouces, 7 lignes 2/3 dont les trois quarts sont 5 pieds, 8 pouces, 11 lignes, ¾ lesquels étant ajoutez à la circonférence font 29 pieds, 2 pouces, 1 ligne 5/12qu’il faut multiplier par le diamettre proportionnel de 15 pieds, 10 pouces, 6 lignes, leur produit sera de 463 pieds, 3 pouces, 3 lignes, et sera la superficie de cette voute de cloître sur un plan rectangle.
7.
Aux voutes de cloitre qui sont parallelogrames non rectangles, ou sur des plans quadrilatères trapèzes, il faut réduire leurs plans en parallelogrames rectangles d’une égalle superficie en la manière expliquée au § 1er des voûtes en berceau, et comme il a été dit cy dessus pour
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une voûte de cloître qui seroit sur un plan rectangle de même hauteur que celle dont on veut avoir le toisé : parce que la voute est à la voûte, ce que le plan est au plan.
8.
Les arrêtes creuses des voûtes de cloître se toisent dans leurs pourtours pour 1 pied courant de la même qualité que la voûte, parce que l’épaisseur de la voûte se continue au derrière des arrêtes creuses pour la liaison des deux ceintres, à la différence de celle des voutes d’arrête qui ne se comptent que comme saillies d’architecture pour les raisons expliquées à l’article 3 page 42.
9.
Les reins des voutes de cloitres étant remplis de maçonnerie jusqu’au couronnement de leurs extradosses reviennent suivant le calcul au tiers de la superficie de la voûte, ainsi qu’ils sont comptez par l’usage de Paris.
Preuve des règles précédentes
données pour le toisé des voûtes sur des plans
quadrilatères
La règle pour toiser les voutes en berceau étant reconnue très certaine dans son opération peut servir de preuve aux autres règles proposées pour le toisé des voutes d’arrête et de cloître, en comparant ces dernières voûtes avec les voûtes en berceau de pareille circonférence sur des plans de même figure et grandeur.
Sur ce principe commençant par les voûtes de même hauteur et circonférence, les superficies d’une voûte d’arrête et d’une voûte de cloître sur un même plan quarré sont ensemble egalles à deux fois la superficie d’une voûte en berceau de même hauteur et sur le même plan.
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Exemple
Une voute en berceau en plein ceintre sur un plan quarré de 14 pieds de diamettre contient en superficie 308 pieds dont le double est 616 pieds. La voute d’arrête en plein ceintre sur le même niveau contient 224 pieds et la voûte de cloître en plein ceintre aussi sur le même niveau, ou plan quarré contient en superficie 392 pieds faisant ensemble 616 pieds, égal au double de la voute en berceau en plein ceintre : la raison est qu’une voute de cloître est composée de deux portions de voutes en berceau, qui se croisent dans les angles et qu’une voûte d’arrête est composée de quatre lunettes, deux desquelles sont le supplément de ce qui manque aux deux bouts d’une des portions de la voûte de cloître de même ceintre sur le même plan, pour en faire une voute en berceau.
Autre exemple
Aux voûtes de 9 pieds de montée ou hauteur sur le même plan quarré de 14 pieds de diamettre, la superficie de la voûte en berceau contient 349 pieds, 3 pouces, 3 lignes, dont le double est 698 pieds, 6 pouces, 6 lignes. La superficie de la voûte d’arrête de 9 pieds de montée sur le même plan est de 234 pieds, 3 pouces, 9 lignes ¾ et la superficie de la voûte de cloître de même hauteur et sur le même plan quarré est de 464 pieds 2 pouces, 8 lignes ¼ laquelle superficie étant jointe avec celle de la voute d’arrête, font ensemble 698 pieds, 6 pouces, 6 lignes, de même que le double de la voûte en berceau.
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Autre exemple
La voute en berceau surbaissée de 5 pieds en hauteur sur le même plan quarré de 14 pieds de diamettre, contient en superficie 260 pieds, 3 pouces, 11 lignes 1/3 et la voute d’arrête est de 212 pieds 11 lignes 5/6 et la voute de cloitre est de 308 pieds, 6 pouces, 10 lignes 5/6. Les deux voutes faisant ensemble 520 pieds, 7 pouces, 10 lignes 2/3 qui est le double de la voûte en berceau.
10. En comparant les différentes voutes sur un plan rectangle le plus long d’un sens que de l’autre, la superficie de la voûte d’arrête et de la voûte de cloître ensemble sont egalles aux deux superficies des voûtes en berceau, l’une sur le grand diamettre, et l’autre sur le petit, toutes de la même hauteur.
Exemple
Toutes les voûtes étant de 7 pieds de hauteur de ceintre sur un plan rectangle de 18 pieds de long sur 14 pied de large, la voute en berceau sur le diamettre de 14 pieds est de 396 pieds, la voute en berceau de l’autre sens sur le diamettre 18 pieds contient 349 pieds, 3 pouces, 3 lignes, faisant ensemble 745 pieds, 3 pouces, 3 lignes en superficie … La voûte d’arrête sur le même plan rectangle et de même hauteur contient 282 pieds, et la voûte de cloître contient 463 pieds, 3 pouces, 3 lignes, les deux voutes d’arrête et de cloître faisant ensemble 745 pieds, 3 pouces, 3 lignes en superficie, de même que les deux voutes en berceau.
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Remarques
1.
Il faut observer que les opérations, pour avoir les superficies de toutes les voûtes cy dessus rapportées, sont calculées par les diamettres et circonférences moïenne proportionnelle géométrique, parce qu’autrement les calculs ne seroient pas dans la précision nécessaire pour comparer avec exactitude les voutes les unes aux autres.
2.
Lorsque les fractions des calculs sont rapportez par pieds, pouces, et lignes, l’on doit entendre que les pieds sont quarrés, mais ni les pouces, ni les lignes le sont. Il ne faut que 12 de ces pouces pour faire un pied quarré, de même qu’il ne faut que 12 de ces lignes pour faire un pouce quarré du calcul … Il me paroît ici une contradiction.
3.
Quand dans la pratique on fait le toisé des voûtes, il n’est pas absolument nécessaire de se servir des diamettres et des circonférences moïenne proportionnelle géométrique, qui ne se trouvent que par un long calcul, où il est aisé de se tromper, il suffit de se servir des circonférences et des diamettres moïen arithmétique, qui se trouvent plus aisément et par des opérations bien plus courtes. Il y a si peu de différence dans la quantité de la superficie trouvée par ces deux manières, que l’on peut s’en servir indifferement dans la pratique.
4.
Lorsque l’on met des arcs et chaines de pierre de taille
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aux voûtes en moilon, l’on toise ces arcs de pierre par le pourtour de leurs ceintres intérieurs depuis une des naissance à l’autre, et les chaines de pierre de taille dans la hauteur au dessous, depuis les naissances des ceintres de l’arc jusqu’au bas du parement de leur première assise, le tout sur leurs largeurs réduites du fort au faible, et l’on ne compte rien pour les queues des pierres de l’arc qui entrent dans les murs ou contremurs quoique les murs ou contremurs soient comptez en moilons montez à plomb, jusqu’au couronnement de l’extradosse de la voûte.
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[Chapitre 9]
§ 4e.
Du toisé des voûtes de cloître
sur des plans poligones

1.
Le toisé des voûtes de cloître sur des plans poligones réguliers et en plein ceintre se fait en doublant le toisé de la superficie du plan de leur naissance.
À la figure du poligone exagone régulier, c’est à dire, de six côtés égaux, comme il se voit à la figure cy après a, b, c, d, e, f. [début de figure 4]
Le diamettre GH étant
Description
supposé être de 14 pieds la circonférence de la voute en plein ceintre sur ce diamettre aura 22 pieds de pourtour chacun des cotés a, b, b, c et les autres sont de 8 pieds, 1 pouce, faisant ensemble 48 pieds, 6 pouces
Abréviation : po.
produisent 339 pieds, 7 pouces qui est le double de la superficie de l’exagone a, b, c, d, e, f. g h ce double est égal au toisé de la superficie de la voute de cloitre en plein ceintre sur ce plan exagone.
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Une voûte de cloître sur un plan octogone a, b, c, d, e, f, g, h dont le diamettre est de 14 pieds, la circonférence de la voûte en plein ceintre sera comme cy dessus de 22 pieds, et chacun des cotés de l’octogone sera de 5 pieds, 9 pouces 6 lignes. Ce qui fait 46 pieds,
Description
4 pouces pour le pourtour des huit cotés, lesquels étant multipliez par le demi-diamettre IL de 7 pieds produisent 324 pieds pour la superficie de la voute de cloitre sur ce plan octogone.
2.
La règle cy dessus très aisée pour avoir le toisé des voutes de cloître par le double de la superficie de leurs plans, lorsque
Abréviation : lorsq.
ces plans sont réguliers et que la voûte est en plein ceintre ; mais elle convient que pour les voutes en plein ceintre, car quand les voûtes sont surmontées ou surbaissées, il faut se servir de la règle generalle qui est d’ajoûter à la circonférence du ceintre de la voute les ¾ de la différence qui est entre cette circonférence et le diamettre de la voûte, multipliée par le quart du pourtour des côtés du poligone, le produit sera le toisé de la superficie de la voûte.
[Règles généralles]
Regle généralle sur la même figure octogone, la différence entre le diamettre IK de 14 pieds, de la circonférence de la voûte en plein ceintre, dont le pourtour contient 22 pieds, est de 8 pieds et pour les ¾ 6 pieds, les quels étant ajoutez
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à la même circonférence de 22 pieds, font 28 pieds, lesquels il faut multiplier par le quart du pourtour du plan, c’est à dire par deux des côtés de l’octogone qui contiennent ensemble 11 pieds, 7 pouces, leur produit est 324 pieds, 4 pouces, ce qui fait la superficie de la voûte en plein ceintre sur un plan octogone.
3.
Par la même règle generalle on aura le toisé des voûtes de cloître surmontées, ou surbaissées sur des plans poligones.
Sur la même figure du plan octogone de 14 pieds de diamettre la hauteur de la voûte étant supposée être de 9 pieds, la circonférence de son ceintre sera 24 pieds, 11 pouces, 4 lignes ½. La différence entre cette circonférence et le diamettre de 14 pieds est de 10 pieds, 11 pouces, 4 lignes ½ dont les ¾ sont 8 pieds 2 pouces, 6 lignes ¼ qui font avec la circonférence 33 pieds, 1 pouce, 10 lignes ¾ qu’il faut multiplier par 11 pieds, 7 pouces, qui sont le quart du pourtour de l’octogone, leur produit sera de 385 pieds ¼ de ligne pour la superficie de la voûte surmontée.
Si la voûte de cloître sur le même plan octogone étoit surbaissée à 5 pieds de hauteur, sa circonférence seroit de 18 pieds, 7 pouces, 1 ligne 2/3 les ¾ de la différence entre la circonférence et le diamettre du plan est 3 pieds, 5 pouces, 4 lignes ¼ lesquels étant ajoutés à la circonférence de la voûte font 22 pieds, 5 lignes, 11/12 les aïant multipliez par 11 pieds, 7 pouces, qui est le quart du pourtour de l’octogone leur produit est de 255 pieds, 3 pouces, 9 lignes 1/8 pour la superficie de la voute de cloître.
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4.
De quelques ceintres que soient les voûtes de cloître sur toutes les autres sortes de plan poligones réguliers, on aura le toisé de leurs superficies par les mêmes règles et opérations expliquées cy dessus pour les voutes sur des plans exagones et octogones.
5.
Les reins des voutes de cloître sur des plans poligones, suivant le toisé des us et coutumes de Paris, se comptent pour un tiers de la superficie de la voûte, c’est à dire, que quand la superficie de la voûte contient 300 pieds les reins se comptent pour 100 pieds ; mais la superficie de la voûte et le toisé des reins sont quelquesfois [sic.] de differens prix, les reins étant toujours prisés sur le prix des moindres voutes, et les voûtes sont estimées selon la qualité des matereaux dont elles sont construites.
6.
Les pourtours des angles rentrans des voûtes de cloître se toisent sur les plans poligones, de même que sur les plans quarrés, au pied courant, de la même qualité que la voute pour les raisons expliquées au § 3e de ce traité.
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[Chapitre 10]
§ 5.
Du toisé des voûtes sphériques

1.
Le toisé des voutes sphériques a beaucoup de rapport avec le toisé des voûtes de cloître, la superficie de la voute de cloître étant à la superficie de la voûte sphérique de même diamettre et de même ceintre, comme la superficie d’un plan quarré, ou autres poligones, est à la superficie du cercle.
2.
Le nom de voûte sphérique s’exprime assez pour faire connoître qu’elle est en plein ceintre sur un plan circulaire, c’est à dire que c’est une demie sphère ; car, lorsqu’elles ne sont pas en plein ceintre, étant surmontée, ou surbaissée, on les nomme voûtes sphéroïdes, dont il y a plusieurs sortes, qui seront expliquées dans le § suivant
3. [Règles pour le toisé des voûtes sphériques suivant le traité de la sphère, cilindre et cône d’Archimède]
La règle pour le toisé des voûtes sphériques, suivant le traité de la sphère, cilindre, et cônes d’Archimède, est de multiplier la circonférence du grand cercle de leurs naissances, ou plans, par leurs hauteurs, ou demi diamettre, alors leur produit sera la superficie de la voûte sphérique.
Le diamettre du plan circulaire étant 14 pieds, sa circonférence sera de 44 pieds, lesquels multipliez par 7 pieds de hauteur, ou demi diamettre du plan, le produit sera de 308 pieds pour la superficie de la voûte … autrement, la même superficie de la voûte sphérique se trouvera, en prenant deux fois la superficie du cercle du plan
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de leur naissance. Pour avoir la superficie du cercle, dont le diamettre est de 14 pieds et la circonférence de 44 pieds, il faut multiplier 22 pieds, moitié de la circonférence par le demi diamettre 7 pieds, leur produit étant 154 pieds, le double sera 308 pieds pour la superficie de la voûte sphérique, parce que quatre fois la superficie du grand cercle est égal à la superficie de toute la sphère, dont la voute est la moitié.
4.
Autre règle. Ayant multiplié le quarré du diamettre du grand cercle de la naissance ou baze de la voute sphérique par 3 et 1/7 leur produit sera égal à la superficie de toute la sphère.
Le diamettre du cercle de la naissance de la voûte étant 14 pieds, son quarré est de 196 pieds, qui multipliez par 3 et 1/7 produisent 616 pieds pour la superficie de toute la sphère de 14 pieds de diamettre, dont la moitié est 308 pieds pour la demie sphère, ou la superficie de la voute sphérique … autrement, la ligne menée du sommet ou centre de la clef de la voûte sphérique, à la circonférence du cercle du plan de sa naissance, est le demi diamettre d’un cercle, dont la superficie est egalle à la superficie de la voûte sphérique.
Description
Soit le diamettre a, b, du plan de la naissance de la voûte, qui est de 14 pieds, la hauteur, ou demi diamettre à plomb b, c, d, menée du sommet de la voûte à
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l’extrémité du diamettre b, de sa naissance sera de 9 pieds, 10 pouces, 9 lignes ½. Prenant cette ligne c, b, pour le demi diamettre d’un cercle duquel la demie circonférence contiendra 31 pieds, 1 pouce, 3 lignes, 2/3 qu’il faut multiplier par le demi diamettre 9 pieds, 10 pouces, 9 lignes ½ pour avoir 308 pieds superficie du cercle qui est égal à la superficie de la voute sphérique.
5.
Cette règle pour savoir la superficie de la voute sphérique par la ligne tirée de son sommet à la circonférence du plan de sa naissance sert aussi pour avoir la superficie des segmens sphériques, en menant de même une ligne de leurs sommets à la circonférence baze, laquelle ligne étant prise pour le demi diamettre d’un cercle, dont la superficie de ce cercle sera égal à la superficie du segment sphérique.
La voute sphérique a, c, b, dont le diamettre a, b,
Description
est de 14 pieds étant supposée tronquée par un plan e, f, dans la moitié de sa hauteur au point g, ensorte que le demi diamettre d, c, mené du sommet au ceintre de la voûte, et coupé en deux egallement et que chacune des portions g, c ; g, d, sont de trois pieds six pouces, le pourtour de la circonférence e, c, f du segment sera de 14 pieds, 8 pouces, le diamettre e, f, du plan circulaire de la baze aura 12 pieds, 1 pouce, 6 lignes, et sa circonférence 38 pieds ; la ligne menée du
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sommet c, à la circonférence f, du cercle de la baze sera de 7 pieds, laquelle est le demi diamettre du cercle contenant 154 pieds en superficie, egalle à la superficie de la portion de la voute sphériques du segment e, c, f la superficie entière de cette voûte sphérique étant de 308, il restera 154 pieds pour la superficie d’enbas vers la naissance de la voûte … Si le plan e, f, de la baze du segment sphérique étoit plus bas, la superficie de cette partie seroit plus grande, et la superficie du segment tronquée au dessous seroit plus petite ; au contraire si la baze du segment étoit plus haute, la superficie sphérique seroit plus petite et la superficie du segment tronquée au dessous plus grande.
6.
Les superficies sphériques des segmens ou portions de cercle se peuvent aussi trouver, en ajoûtant à la superficie du cercle de leurs bazes, la superficie d’un autre cercle, dont leurs hauteurs sera le demi diamettre, la superficie de ces deux cercles ensemble est egalle à la superficie sphérique du segment.
À la dernière figure le diamettre e, f, du cercle de la baze du segment étant de 12 pieds, 1 pouce, 6 lignes, et sa circonférence de 38 pieds, la superficie de ce cercle sera de 115 pieds, 6 pouces,
la hauteur c, g, etant supposée de 3 pieds 6 pouces
Changement de main
à l’encre noire en dessous
, pris pour le demi diamettre d’un autre cercle, dont la moitié de la circonférence sera 11 pieds et la superficie de ce second cercle de 38 pieds, 6 pouces ajoutant 115 pieds, 6 pouces, avec 38 pieds, 6 pouces, il viendra 154 pieds pour la superficie sphérique du segment e, c, f.
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7.
Par les règles précédentes l’on mesurera la superficie des voutes sphériques en pendantif sur un plan quarré ou sur quelqu’autres plans poligones réguliers qu’il sera proposé ; car aïant mesuré toute la superficie de la voûte sphérique, comme si elle étoit en pierre sur un plan circulaire, il faut en ôter ensuite toutes les portions ou segmens qui seront rectangles par les plans à plomb des différents pands, ce qui restera sera la superficie de la voute sphérique en pendantif.
8.
Toutes les règles contenues dans ce paragraphe ne sont uniquement que pour le toisé des voutes sphériques mais la règle suivante est generalle non seulement pour avoir le toisé des voutes sphériques, elle servira aussi pour toiser les superficies des voûtes sphéroïdes.
Règle generalle
Le toisé de la voûte sphérique dans sa superficie se fait en ôtant le diamettre du plan circulaire de sa naissance du pourtour de la circonférence du ceintre de la voûte, ensuite on prend les ¾ du restant, on l’ajoûte à la même circonférence du ceintre de la voûte et on les multiplie par le quart de la circonférence du cercle du plan, leur produit donne la superficie de la voûte.
Exemple
Le diamettre du plan circulaire de la naissance de la voute sphérique étant de 14 pieds, la circonférence du ceintre de la voute sera de 22 pieds, de laquelle aïant ôté 14 pieds, il restera 8 pieds dont les ¾ sont 6 pieds, lesquels étant ajoutés à 22 pieds, font 28 pieds, la
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circonférence du cercle du plan de la naissance de la voûte étant de 44 pieds, le quart de cette circonférence est de 11 pieds, qu’il faut multiplier par 28 pieds, leur produit sera de 308 pieds pour la superficie de la voûte sphérique.
9.
Lorsque les reins de la voûte sphérique sont remplis de maçonnerie, jusqu’au niveau du couronnement de son extradosse, l’on compte le remplissage de ces reins autant que le tiers de la superficie de la voûte sphérique si les reins ne sont pas remplis jusqu’au dessus de l’extradosse de la clef de la voute, on diminue le toisé des reins à proportion.
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[Chapitre 11]
§ 6.
Du toisé des voûtes sphéroïdes

1.
Le toisé des voutes sphéroïdes communément nommées voûtes de four surmontées ou surbaissées, se fera par la règle expliquée au pénultième article du précédent paragraphe, en ôtant le diamettre du plan circulaire de leur naissances de la circonférence du ceintre de la voûte, les ¾ de la différence étant ajoûté à la même circonférence, le tout multiplié par le quart de la circonférence du cercle de la baze produira la superficie de la voute sphéroïde.
Le diamettre du plan circulaire de la naissance d’une voûte sphéroïde surmontée étant de 14 pieds, et sa circonférence de 44 pieds ; la hauteur de la voûte étant supposée de 9 pieds, la circonférence du ceintre de la voute sera de 24 pieds, 11 pouces, 4 lignes ½ de laquelle aïant ôté le diamettre 14 pieds, il restera 10 pieds, 11 pouces
Abréviation : pou.
4 lignes ½ or les ¾ de cette différence étant 8 pieds 2 pouces 6 lignes ¼ font avec la circonférence du ceintre de la voute 33 pieds, 1 pouce, 10 lignes ¾ qu’il faut multiplier par 11 pieds qui est le quart de la circonférence du cercle de la baze, leur produit sera de 360 pieds, 1 pouce 10 lignes ¾ pour la superficie de la voûte sphéroïde surmontée de 9 pieds de hauteur.
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La circonférence du ceintre d’une voute sphéroïde surbaissée de 5 pieds de hauteur sur le même plan circulaire de 14 pieds de diamettre, étant de 18 pieds, 7 pouces, 1 ligne ¾ dont les trois quarts sont 3 pieds 5 pouces, 4 lignes ¼ les quels étant joints à la circonférence de la voute font 22 pieds, 5 lignes, 11/12 les multipliant par 11 pieds, quart de la circonférence du cercle de la naissance, produisent 242 pieds, 5 pouces, 5 lignes 1/12 pour la superficie de la voute sphéroïde surbaissée de 5 pieds de hauteur.
2.
Il se peut rencontrer des voûtes spheroïdalles à toiser, c’est à dire, des voûtes sur des plans ovales, qui aïant aussi leurs ceintres ovales, tant sur leur grand diamettre que sur le petit, on aura le toisé de ces sortes de voûtes par la même règle cy dessus ; on trouvera d’abord un diamettre proportionnel entre le grand et le petit diamettre de l’ovale du plan de la naissance de la voûte, et la circonférence du cercle sur le diamettre proportionnel qui soit pris pour le plan de la voute ; aïant trouvé la circonférence du ceintre d’une voûte sphéroïde sur ce plan qui soit de la même hauteur que la voute spheroïdalle on ajoutera à la circonférence de ce ceintre de la voûte sphéroïde les ¾ de l’excédant de la longueur du diamettre proportionnel, qu’on multipliera par le quart de la circonférence du cercle du plan : leur produit sera le toisé de la superficie de la voute spheroïdalle.
Le grand diamettre du plan ovale de la voûte sphéroïdale étant de 18 pieds, et le petit diamettre de 14 pieds, le diamettre proportionnel sera de 15 pieds, 10 pouces, 6 lignes, et la
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circonférence d’un cercle sur ce diamettre sera de 50 pieds, dont le quart est 12 pieds, 6 pouces. La hauteur de la voûte spheroïdalle étant de 7 pieds, la circonférence du ceintre d’une voute sphéroïde de même hauteur sur le plan circulaire du diamettre proportionnel sera de 23 pieds, 5 pouces, 6 lignes, la différence entre cette circonférence et le diamettre proportionnel est de 7 pieds, 7 pouces, dont les ¾ sont 5 pieds, 8 pouces, 3 lignes, lesquels étant ajoûtez à la circonférence de la voûte, font 29 pieds, 1 pouce, 9 lignes, qu’il faut multiplier par 12 pieds, 6 pouces, quart de la circonférence du cercle du plan sur le diamettre proportionnel ; leur produit sera de 364 pieds, 3 pouces, 10 lignes ½ pour la superficie de la voûte spheroïdalle.
Autre exemple
Le diamettre du cercle du plan de la baze ou de la naissance de la voûte sphéroïde surbaissée étant de 18 pieds et sa hauteur de 7 pieds, la circonférence du ceintre de la voûte sera, comme celle de la voûte surmontée, de 24 pieds, 11 pouces, 4 lignes ½ de laquelle aïant ôté 18 pieds, diamettre de la baze, reste 6 pieds, 11 pouces, 4 lignes, ½ dont les ¾ font 5 pieds, 2 pouces, 6. lignes 3/8 qu’il faut ajouter avec la circonférence du ceintre de la voûte, faisant ensemble 30 pieds, 1 pouce, 10 lignes 7/8 et les multiplier par 14 pieds, 1 pouce, 8 lignes 5/12 quart de la circonférence du cercle de la baze sur le diamettre de 18 pieds, le produit qui est de 425 pieds, 1 pouce, 10 lignes ¼ sera la superficie de la voute sphéroïde surbaissée.
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On remarquera que quoique la circonférence du ceintre de cette voûte sphéroïde surbaissée soit egalle à la circonférence du ceintre de la voute sphéroïde surmontée, est moindre que l’autre, parce que le cercle du plan de la dernière voûte est sur le grand diamettre de la voute sphéroïde, et sa hauteur est sur le petit diamettre, et le cercle de la baze de la première est sur la petit diamettre, et sa hauteur sur le grand diamettre de l’autre voûte sphéroïde.
3.
Les segmens ou portions de voûtes sphéroïdes surmontées ou surbaissées, coupés par un plan horizontal parallèle à la baze circulaire de la naissance de la voute, se toisent en ôtant le diamettre du cercle de la baze du segment de la circonférence du ceintre de la portion de voûte, ajoûtant à cette circonférence les ¾ de leur différence et les multipliant par le quart de la circonférence du cercle de la baze ; leur produit sera la superficie de la portion de voûte du segment sphéroïde.
4.
Mais si le plan de la section du segment de la voute sphéroïde étoit vertical, c’est à dire, d’aplomb, il seroit ovale surmonté ou surbaissé, comme la voûte. En ce cas il faut touver un diamettre proportionnel entre le grand et le petit diamettre de la section, et une circonférence proportionnelle entre la grande et la petite circonférence du ceintre de la portion de voûte du segment, ôter le diamettre proportionnel, ajoûter les ¾ de leur différence à la circonférence proportionnelle, et les multiplier par le quart de la circonférence du cercle décrit sur le diamettre
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proportionnel du plan vertical de la section : leur produit donnera la superficie de la portion de voûte de ce segment sphéroïde vertical.
5.
Tous les exemples des différentes sortes de voûte contenus en ce traité sont expliquez et proposez sur les mêmes diamettres, afin de faire connoître les différences des superficies de chaque espèce de voutes comparées les unes aux autres.
6.
Les reins des voûtes sphéroïdes et spheroïdalles étant remplis de maçonnerie jusqu‘au niveau de leurs extradosses, se comptent au tiers de la superficie de la voûte ; suivant l’usage de Paris, quoique à celles qui sont beaucoup surmontées, leurs reins produisent plus, et à celles qui sont surbaissées, leurs reins produisent moins.
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[Chapitre 12] Chapitre VII.
Des voûtes sur noyeau

1.
L’on nomme voûtes sur noyeau celles qui ont leur retombées, ou naissances de leurs ceintres d’un côté sur le mur du pourtour de l’espace qui les contient, et de l’autre sur un pillier que l’on nomme noyeau au milieu de cet espace.
2.
Il y a plusieurs espèces de voutes sur noyeau ; les unes sont sur des plans quarrés, ou rectangles les plus longs que larges ; les autres sont sur des plans circulaires, ou ovales, ou poligones ; et quelques unes sont rempantes comme des viss saint-Gilles.
3.
Toutes ces sortes de voûtes sur noyeaux se toisent comme des voûtes en berceau, en différentes manières qui seront expliquées par ordre dans les paragraphes suivants.
§ Ier.
Voûtes sur noyeau en plan quarré.
1.
Les voûtes sur le noyeau en plan quarré ont leur retombées, ou naissances de leurs ceintres sur les murs du plan quarré et sur le noyeau quarré qui est au milieu ; leur toisé se fait en additionant deux des côtés du quarré avec deux des faces du pillier du
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milieu, et les multipliant par la circonférence de la voûte, le produit en sera la superficie.
Au plan quarré a, b, c, d
Description
la voûte a sa naissance de niveau des quatre côtés du quarré et sur chacune des faces du pillier, ou noyeau e, f, g, h, qui est au milieu de l’espace du quarré ; les 4 voûtes des côtés sont en plein ceintre, egalles à celles du coté i, l, k. Les quatre portions de voûte qui posent sur les quatre murs du quarré jusqu'au sommet L de la circonférence de leurs ceintres, c’est à dire, jusqu’au milieu de la clef du ceintre de la voûte, sont en voûte de cloitre et les quatre autres portions qui posent sur le noyeau de la clef L, de l’autre côté du ceintre sont en voûtes d’arrête. Il a été demontré cy devant que la voute de cloitre et la voute d’arrête ensemble font le double de la voute en berceau de même ceintre sur le même plan ; ainsi le pourtour m, n, o, p, des 4 côtés de la voute sur noyeau en plan quarré, mesurés chacun par le milieu de leurs clefs, ou ce qui est la même chose, les deux faces e, f, f, g du noyeau font ensemble la longueur d’une voute en berceau egalle à toutes les portions des voûtes de cloître et d’arrête qui forment la voûte sur le noyeau.
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2.
Supposant chaque face du noyeau e, f être de 4 pieds, et chaque côté des murs du quarré a, b de 32 pieds, le diamettre i, l, de la voute sera de 14 pieds, et sa circonférence i, k, l, 22 pieds ; laquelle étant multipliée par 12 pieds pourtour des deux cotés du quarré et des deux faces du noyeau, produit 1584 pieds pour la superficie des 4 cotés de la voute.
3.
Si la voûte sur noyeau en plan quarré etoit surmontée ou surbaissée, on multiplieroit le même pourtour par la circonférence du ceintre de la voute, tel qu’il seroit, pour en avoir la superficie.
§ 2.
Voutes sur noyeau en plan rectangle
1.
Lorsque chacun des quatre côtés de la voute sur noyeau en plan rectangle sur même ceintre et diamettre entre eux, et que le noyeau est plus long d’un sens que de l’autre dans la même différence qu’il y a entre les cotés du rectangle, il faut additioner un grand et un petit côté du rectangle avec une grande et une petite face du noyeau et en multiplier la longueur ensemble par la circonférence du ceintre de la voûte pour en avoir la superficie.
2.
Mais quand les faces du noyeau sont proportionnées aux differens côtés du rectangle, le diamettre des deux portions de la voute sur les petits côtés du rectangle est plus grand que le diamettre des deux autres portions de la voûte sur les plus grands côtés ; alors il faut
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additioner un des grands côtés du rectangle avec une des grandes faces du noyeau, et en multiplier la longueur, ensemble par la circonférence du ceintre de la voûte qui porte sur les petits côtés ; leur produit ensemble donnera toute la superfiie de la voûte.
Le grand côté a, d étant supposé
Description
être de 41 pieds et le petit côté de 32 pieds, la grande face e, h, de niveau 5 pieds, et la petite face e, f, de 4 pieds, le diamettre i, k, de la voûte sur le grand côté a, d, avec son opposée seront chacun de 14 pieds, l’autre diamettre n, o, de même que son opposée des voûtes sur les petits côtés a, b, d, c, du rectangle seront chacun de 18 pieds, la hauteur de la voûte étant de 7 pieds dans tout son pourtour ; la circonférence sur le diamettre k, i, sera en plein ceintre de 22 pieds de pourtour, et la circonférence du ceintre o, q, n, sur le diamettre o, n, sera ovale de 24 pieds, 1 pouce, 4 lignes ½ de pourtour ; il faut additioner le grand côté a, d, avec la grande face du noyeau e, h, ils feront ensemble 46 pieds, lesquels étant multipliez par 20 pieds, circonférence du ceintre i, m, k, la partie de voûte a, e, h, d produit 1012 pieds par la superficie de cette portion de voute, et de l’autre portion opposée b, f, g, c. ensemble additionné le petit côté a, b, avec la petite face du noyeau e, f. faisant ensemble 36 pieds, les multipliant par 24 pieds, 11 pouces, 4 lignes ½ circonférence du ceintre
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o, q, n, produisent 898 pieds, 1 pouce, 6 lignes pour la superficie des deux portions de voute a, c, f, b, c, g, h, d, ce qui fait en tout 1910 pieds, 1 pouce, 6 lignes, pour toute la superficie de la voute sur noyeau du rectangle a, b, c, d.
§ 3.
Voutes sur noyeau en plan circulaire
1.
La superficie de la voûte sur noyeau en plan circulaire se trouvera en additionant la moitié de la circonférence du mur, avec la moitié de la circonférence du noyeau, et les multipliant par la circonférence du ceintre de la voute.
Le diamettre a, c du plan circulaire
Description
étant supposé être de 32 pieds, et le diamettre e, g du noyeau de 4 pieds, le pourtour du mur sera de 100 pieds, 6 pouces, 10 lignes 2/7. La voûte étant supposée en plein ceintre sur son diamettre a, e, de 14 pieds, sa circonférence a, i, e, sera de 23 pieds de pourtour ; si l’on additione 50 pieds, 3 pouces, 5 lignes 1/7 moitié de la circonférence du mur a, b, c, avec le pourtour e, f, g de 6 pieds, 3 pouces, 5 lignes, 1/7 moitié du pourtour du noyeau, cela fait ensemble 56 pieds, 6 pouces, 10 lignes, 2/7 lesquels multipliés par 22 pieds, circonférence du ceintre de la voûte, leur produit est 1244 pieds, 7 pouces, 6 lignes 1/7 pour la superficie de la voute.
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§ 4.
Voûtes sur noyeau en plan ovale
1.
Pour l’ordinaire aux voûtes sur noyeau en plan ovale, le plan du noyeau est de la même figure que le plan du mur, de sorte que le diamettre du ceintre de la voûte sur la longueur de l’ovale est plus grand que le diamettre du ceintre de la même voûte sur la longueur de l’ovale, quoique la voute soit d’une egalle hauteur dans tout son pourtour ; pour avoir la superficie de cette voute, il faut trouver une circonférence moïenne proportionnelle, ou pour plus de facilité moïenne arithmétique entre la grande et la petite circonférence du ceintre de la voûte, et la multiplier par la moitié du pourtour du mur à la naissance de la voute jointe avec la moitié du pourtour du noyeau qui soutient la voûte.
D’une voûte sur noyeau en
Description
plan ovale, le grand diamettre b, d, étant de 41 pieds, et le petit diamettre a, c, de 32 pieds, le pourtour du mur a, b, c, d, sera de 114 pieds, et au noyeau le grand diamettre f, h, étant de 5 pieds et le petit diamettre e, g, de 4 pieds, le pourtour du noyeau sera de 14 pieds, 1 pouce, 8 lignes, faisant avec le pourtour du mur 128 pieds, 1 pouce, 8 lignes, dont la moitié est 64 pieds, 10 lignes. La voute étant plus large d’un sens que de l’autre, les petits diamettres a, c. c, g. étant chacun de 14 pieds, la voute est
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plein ceintre sur le diamettre, sa circonférence a, e, i, sera de 22 pieds, et sa hauteur i, k, de 7 pieds, laquelle est egalle à la hauteur l, m, de l’autre ceintre b, l, f, de la même voûte sur le grand diamettre b, f. d, h. qui ont chacun 18 pieds de long ; la circonférence de la voûte sur le grand diamettre est de 24 pieds, 11 pouces, 4 lignes ½. La circonférence moïenne proportionnelle entre les deux est de 23 pieds, 5 pouces, 1 ligne, 2/3 qu’il faut multiplier par 64 pieds, 10 lignes, moitié du pourtour du mur et du noyeau, ensemble leur produit sera 1501 pieds, 5 lignes pour la superficie de la voûte sur noyeau en plan ovale a, b, c, d.
2. [Des voûtes sur noyau en plan polygone]
Les voûtes sur noyeau en plan poligone se toise comme les voûtes sur noyeau en plan quarré, ou circulaire, lorsque les poligones sont réguliers ; ou comme celles qui sont sur des plans rectangles plus longs que larges, en faisant les opérations du toisé des differens pourtours de voûte sur chacun de leurs plans.
3. [Règles générales pour les voûtes sur noyau]
Aux voûtes sur noyeau en plan quarré, rectangle, ou poligone l’on toise le pourtour des arrêtes tant saillantes que creuses, et se comptent comme saillie d’architecture au pied courant, selon la qualité de la voûte, en saillie de pierre si la voûte est construite en pierre, ou en légers ouvrages, si la voûte est construite en moilon.
4.
On ne toise le pillier du noyeau qui porte la voûte que depuis le bas de la fondation jusqu’à la naissance ou retombée de la voûte, en faisant distinction de ce
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qui est en fondation et de ce qui est au dessus jusqu’à la retombée de la voûte selon leur qualité, et l’on ne compte point le pillier dans la hauteur des reins, parceque la voûte est toisée dans le pourtour de toutes les faces de la naissance ou retombée du dessus du pillier.
5.
Les reins des voûtes sur noyeau étant remplis de maçonnerie jusqu’au couronnement de leur extradosse se comptent au tiers de la superficie de la voûte, non compris les arrêtes de celles qui sont sur des plans quadrilatères, ou poligônes.
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[Chapitre 13]
Chapitre VIII.
Du toisé des voûtes en vis Saint
Abréviation : St
-Gilles

1.
Les voûtes en vis Saint-Gilles, étant des voûtes rempantes, tournent au pourtour d’un noyeau circulaire, quarré, ou rectangle plus long que large, servant à porter les marches des escalliers, se toisent suivant la longueur de la ligne rempante, du milieu de leurs pourtours, multipliez par la circonférence de leur ceintre pris d’equaire à la ligne rempante du milieu comme l’on fait pour toiser les voûtes en berceau des descentes droites … Avant que d’entrer dans le détail des règles du toisé des différentes voûtes en vis Saint-Gilles, il est à propos d’expliquer la manière de toiser les voûtes en rempe droite.
Description
La voûte rempante b, d, e, f, dont les deux têtes à plomb b, d, e, f, sont en plein ceintre ; suivant le demi cercle a, c, b qui est supposé étre de 14 pieds, le demi diamettre a, b de 7 pieds de hauteur g, c, aïant mené la ligne k, l d’equaire, c’est à dire perpendiculaire à la ligne b, f de la naissance rempante de la voûte
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jusqu'à la ligne rempante du sommet d, e, il faut mesurer la circonférence du ceintre de la voûte rempante prise quarrément d’une naissance à l’autre opposée suivant l’inclinaison de la ligne l, k, laquelle circonférence est surbaissée, supposé que ce soit la circonférence du ceintre h, l, i, que la hauteur h, l, soit de 6 pieds, le diamettre h, i, étant de 14 pieds, cette circonférence sera de 20 pieds, 4 pouces, 6 lignes, lequel étant multiplié par la longueur rempante de la voute b, f qui est supposée de 20 pieds le produit sera de 407 pieds, 6 pouces pour la superficie de la voûte.
§ I.
Voûtes en vis Saint-Gilles sur plan circulaire
1.
La voute en vis Saint-Gilles sur un plan circulaire se toise en ajoûtant la moitié du pourtour au long du mur circulaire, avec la moitié du pourtour de l’autre côté de sa naissance sur le noyeau, et les multipliant par la circonférence du ceintre de la voûte pris d’equaire à la ligne rempante du milieu, le produit sera la superficie de la voute.
Le diamettre du noyeau f, g, h, de la figure suivante étant de 7 pieds, et les diamettres a, e, c, g, et les autres de la voute au pourtour, chacun de 14 pieds, le diamettre total a, c, du plan du mur circulaire a, b, c, du plan du mur circulaire a, b, c, d
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sera de 25 pieds
Description
aïant tracé le cercle i, k, l, m par le centre i, l, au milieu des diamettres a, e, g, c, ce cercle sera le plan du milieu de la largeur de la voûte, sur lequel doit être réglée la proportion de son rempant ; aïant à quelque endroit tracé une ligne de niveau o, p, il faut sur cette ligne marquer le point n, au milieu, et prendre de chaque côté des points qui soient égaux au developement des trois differens quarts de cercle, sçavoir les circonférences des quarts de cercle f, g, f, e du noyeau portées sur la ligne de niveau du point n, au point R, Q, les circonférences des quarts k, l, k, i du cercle du milieu de la largeur de la voûte, porter ces distances du point n, au point s, t, les circonférences des quarts du cercle b, a, b, c portées du point n au point o, p. Il faut ensuite des points n, q, s, o, élever des lignes n, u, q, z, s, x, y, perpendiculaires à la ligne o, p. la distance t, s, étant egalle à la circonférence du demi cercle i, k, l, qui est de 33 pieds, sur lequel doit être réglé le rempant de la voute, il faut de s, x, égal à la hauteur de la rempe dans la moitié du pourtour de la circonférence que l’on suppose être de 16 pieds de haut, mener la ligne rempante t, x
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et faire les autres perpendiculaires o, y, q, z, égal à la hauteur s, x, par le moïen de la ligne de niveau du point R, au point, Z, ensuite mener la ligne rempante qui sera le développement de la moitié de la naissance de la voûte au pourtour du noyeau, et du point, P, au point, Y, mener une autre ligne rempante qui sera aussi le développement de l’autre naissance de la voûte dans la moitié du pourtour du mur circulaire ; aïant prolongé par le haut la ligne à plomb, s, x, faire, x, i, égal à i, &, ce fera alors la hauteur de la voûte sur son ceintre à plomb. Menez encore la ligne 1, 2, parallèle à la ligne rempante, t, x, du point, R, milieu de la rampe, et une autre ligne v, 3, perpendiculaire à t, x, rencontrant la parallèle I,2 au point 3, aïant fait v,4,v,5, chacun égale au demi diamettre de la voute i, a, i, e, le diamettre 4, 5, sera de 14 pieds, la hauteur inclinée v, 3, étant supposée être de 6 pieds, la circonférence de la voûte 4, 3, 5, prise d’equaire à la ligne t, x, sera de 20 pieds, 4 pouces, 6 lignes. La ligne p, y, qui est le développement de la moitié de la naissance de la voûte au pourtour du mur, sera de 57 pieds, 3 pouces, 4 lignes 1/3 laquelle ajoutée à 19 pieds, 5 pouces longueur de la ligne rampante R, Z, moitié de l’autre naissance au pourtour du noyeau, fait ensemble 76 pieds, 8 pouces, 4 lignes 1/3, lesquels étant multipliez par 20 pieds, 4 pouces, 6 lignes, circonférence de la voute, leur produit sera 1559 pieds, 6 pouces, 1/8 de ligne, lequel sera la superficie de la voute en vis Saint-Gilles dans sa circonvollution sur la plan circulaire, i, k, l, m.
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2. [Pratique]
La règle géométrique précédente donne l’intelligence du toisé des voutes en vis Saint-Gilles sur un plan circulaire ; mais dans la pratique il n’est pas nécessaire de faire toutes ces opérations … Pour avoir au juste le toisé de ces sortes de voûtes, il faut mesurer manuellement le pourtour de la rampe des deux naissances de la voûte l’une dans la moitié, a, b, c, de la circonférence du mur circulaire, qui sera de la même longueur que la ligne, P, y, et l’autre dans la moitié, e, f, g, du noyeau qui sera aussi de la même longueur que la ligne R, Z, ces deux mesures ensemble font 76 pieds, 8 pouces, 4 lignes, 1/3 qu’il faut multiplier par la même circonférence du ceintre de la voute 4, 3, 5 de 20 pieds 4 pouces, 6 lignes prise d’equaire à la ligne rempante du milieu du pourtour de la voûte, ce qui donnera la même superficie de 1559 pieds, 6 pouces, 1/8 de ligne, pour l’entière circonvolution du pourtour de la voute en vis Saint-Gilles en plan circulaire i, k, l, m.
§ II.
Voûtes en vis Saint-Gilles sur un plan quarré
1.
La voûte en vis Saint-Gilles sur un plan quarré se toise en ajoûtant la longueur de sa naissance rempante sur deux des côtés des murs, avec la largeur rempante de l’autre naissance de la même voute sur deux des côtés du noyeau et les multipliant par la circonférence du ceintre de la voûte ; prise sur le diamettre du milieu d’un des côtés d’equaire à la ligne rempante du milieu du pourtour de la voûte.
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Chacun des côtés du plan
Description
quarré a, b, c, d, étant de 35 pieds, et chacun des côtés des noyeaux e, f, g, h étant de 7 pieds, les diamettres du milieu de chaque quartier de la voute 4, 5, 8, 12, 7, 6, 9, 10, seront de 14 pieds, aïant tracé le quarré i, k, l, m, du milieu de la voûte, dont chacun des côtés passant par les centres des quatre diamettres sont de 21 pieds, sur lesquels côtés du quarré du milieu sont reglez les rempans de la voûte, en aïant prolongé deux jusqu’à la rencontre du côté du mur a, b, au point o, p, et deux des côtés du noyeau, aussi jusqu’à la rencontre du même côté du mur au point q, n. le point, n, extrémité du diamettre 8, n, et au milieu de ce côté du mur a, b, sur lequel côté on fera le profil d’un quartier de la voûte en vis Saint-Gilles, en élevant de lignes à plomb, a, v, o, x, q, s, n, t, aïant fait o, x, de la hauteur que doit être la rampe sur le côté i, k, du quarré du milieu de la voûte, laquelle hauteur l’on suppose avoir 10 pieds pour former le rempant p, x, par lequel point, x, aïant mené le diamettre de niveau, u, s, entre les deux lignes à plomb a, u, q, s, lequel sera de 14 pieds, étant égal au diamettre 4, 5, sur le diamettre, u, s, b, r, il faut des centres p, x, tracer les demis cercles u, 2, s ; b, 3, r,
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avec les demi diamettres à plomb x, 2, p, 3, qui auront chacun 7 pieds, mener la ligne rempante du sommet de la voûte, 2, 3, du point, t, mener ensuite la ligne, t, &, d’equaire à la ligne rempante p, x, terminée au point, &, par la ligne du sommet 2, 3, il faut du point, t, prendre de chaque côté les distances t, y, t, z, egalles au demi diamettre x, u, x, s, la distance y, z aura 14 pieds et sera le diamettre du ceintre droit de la voute, dont la hauteur inclinée t, s, étant supposée être de 6 pieds, la circonférence y, &, z, sera ovale surbaissée, contenant 20 pieds, 4 pouces, 6 lignes de pourtour, aïant tracé la ligne, b, u, r, s ; B, V, sera le rempant de la naissance de la voute sur le côté du
mur
en dessous
, a, b, contenant 36 pieds, 4 pouces, 9 lignes ¾ et la ligne rempante r, s, sera l’autre naissance de la voûte sur le côté du noyeau, e, f, laquelle contient 12 pieds, 2 pouces, 5 lignes 3/5 lesquelles naissances, b, u, r, s, étant jointes avec les deux pareilles naissances de la voûte sur les côtés du mur, a, d, et du noyeau, e, f, font ensemble 97 pieds, 2 pouces, 7 lignes, lesquels étant multipliez par la circonférence droite de la voute y, &, z de 20 pieds, 4 pouces, 6 lignes, leur produit sera de 1968 pieds, 7 pouces, 3 lignes ¾ pour la superficie des quatre côtés de la voute, i, k, l, m.
[Pratique]2.
Si les naissances de la voûte en vis Saint-Gilles sont trop élevées pour en pouvoir manuellement prendre le pourtour, il faut prendre un point à chacun des angles à une hauteur egalle au dessous de la naissance ou retombée de la voûte tant du côté des murs, que du côté du noyeau ; tendre des lignes rempantes par ces points au pourtour de
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deux de ses côtés a, b, a, d, des murs, et des deux côtés, e, f, e, h, du noyeau, prendre les mesures de ces lignes, les additionner ensemble, leur somme qui sera, suivant l’exemple de l’article précédent, de 97 pieds, 2 pouces, 7 lignes, étant multipliée par la circonférence du ceintre droit d’equaire à la rampe de la voûte au milieu d’un des côtés du mur et du noyeau, suivant le diamettre 4, 5, dont le pourtour est de 20 pieds, 4 pouces, 6 lignes, il viendra le même produit de 1968 pieds, 7 pouces, 3 lignes ¾ pour la superficie des quatre côtés i, k, l, m, de la voûte en vis Saint-Gilles sur un plan quarré.
§ III.
Voûte en vis Saint-Gilles sur plan ovale
1.
Les voûtes en vis Saint-Gilles sur un plan ovale se toise comme les voûtes sur un plan circulaire, en ajoûtant la moitié du pourtour rempant de la naissance de la voûte sur la circonférence du mur, avec la moitié du pourtour rempant de l’autre naissance de la même voûte sur le noyeau, et les multipliant par la circonférence du ceintre de la voûte prise d’equaire à la ligne rempante du milieu ; le produit sera la circonférence de toute la circonvolution de la voûte.
2.
La raison pour quoi la voûte en vis Saint-Gilles sur un plan ovale se toise comme celle sur un plan circulaire, et que ces sortes de voûtes sont faites pour
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porter les marches d’un escalier, lesquelles sont toutes d’une egalle longueur ; ainsi tous les diamettres du pourtour de la voûte entre le noyeau et le mur sont égaux entre eux, la différence du grand au petit diamettre de l’ovale du mur du pourtour étant la même entre le grand et le petit diamettre du noyeau.
La voute en vis Saint-Gilles
Description
sur le plan ovale a, b, c, d, dont la circonférence du noyeau e, f, g, h, a son pourtour parallèle à la circonférence du mur, ensorte que tous les diamettres de la voûte c, g, o, n, b, f, et les autres sont égaux entre eux, de sorte que les circonférences des ceintres de la voûte g, q, n, r, f, s, à plomb sur ces diamettres sont en plein ceintre et la circonférence du ceintre inclinée c, t, g, pris d’equaire à la ligne rempante i, k, l, m, qui passe par le milieu des centres de tous les diamettres, est aussi la même dans tout le pourtour de la voute ; il faut prendre la mesure du pourtour de la naissance rempante de la voute au long de la moitié de la circonférence du mur a, b, c, et l’autre naissance rempante sur la moitié du pourtour du noyeau
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e, f, g ; les additionner ensemble et les multiplier par la mesure du pourtour de la circonférence c, t, g, du ceintre droit de la voute ; leur produit sera la superficie de la voûte dans tout le pourtour de la circonvolution i, k, l, m.
§ IV.
Voûte sur un plan quarré long
1.
Le toisé de la voûte en vis Saint-Gilles sur un plan quarré long se fera aussi par la même règle du toisé d’une pareille voute sur un plan quarré, en ajoûtant la longueur de la naissance rempante de la voute sur un grand et un petit côté des murs avec la longueur de l’autre naissance rempante de la voute sur grand et un petit côté du noïeau, et les multipliant par le pourtour de la circonférence du ceintre droit de la voûte pris d’equaire à la ligne rempante qui passe par le milieu des grands ou des petits côtés du plan entre les murs et le noyeau.
La voute en vis Saint-Gilles sur le plan rectangle plus long que large a, b, c, d, dont les faces du noyeau, e, f, g, h, sont chacunes egallement distantes des murs, tant par les bouts, que par les côtés, c’est à dire que le diamettre o, n, de la voute au droit du milieu des grands côtés des murs, b, c, et du noyeau, f, g, est égal au diamettre, q, r, du
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milieu entre le petit côté du mur a, b, et le petit côté du noyeau, e, f. les circonférences à
Description
plomb o, t, n, r, x, q, de la voûte sur les diamettres, o, n, r, q, étant ainsi que celles sur les diamettres, milieu des autres côtés egallement en plein ceintre. Il faut prendre les longueurs rempantes des naissances de la voute sur les deux murs a, b, b, c, et sur les deux faces du noyeau opposées, e, f, f, g, les additionner ensemble et les multiplier par la circonférence o, u, n, du ceintre de la voute sur le diamettre, o, n, pris d’equaire à la rampe au droit des lignes du milieu de la largeur de la voute, i, k, l, m. Le produit sera la superficie entierre des quatre côtés de la voute en vis Saint-Giles, i, k, l, m.
2. [Règles générales pour les voûtes en vis Saint Gilles]
Aux voutes en vis Saint-Gilles de toute espèce l’on toise leur noyeau dans toute sa hauteur depuis le bas jusqu’au haut tant au droit des reins de la voute qu’au milieu, parce que la naissance et les reins de la voûte tournant en manière de vis en montant au pourtour, il reste toujours du côté opposé aux reins plus des deux tiers des paremens du noïeau vûs depuis le bas jusqu’en haut.
3.
Les reins des voûtes en vis Saint-Gilles étant remplis de maçonnerie jusqu’au dessous et au derrière des marches de l’escallier, se comptent pour un tiers du toisé de la
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voûte, lorsque les marches posent immédiatement sur la voûte ; et l’on ne compte point de massif entre deux sous les marches.
4.
Les arrêtes tant creuses que saillantes aux voûtes en vis Saint-Gilles sur des plans quarrés ou rectangles se toisent au pied courant, comme saillie d’architecture selon leur quatité.
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[Chapitre 14]
Chapitre IX.
Du toisé des voûtes en trompe

1.
Il y a une autre espèce de voûte que l’on nomme trompe ; qui sert à porter une partie de l’édifice en saillie hors le corps des murs qui la soutiennent, auxquels les joinds de tous les voussoirs qui les composent, tendent chacun au même centre.
2.
Les trompes sont de différentes sortes, les unes sont faites dans des angles rentrants, d’autres sur des angles saillants, portées par des consoles, ou encorbellemens, d’autres sur des murs tout droits ; il y en a en niche et d’autres façons.
3.
Les plus ordinaires ont leur doüelles en portion conique, étant posées aux angles rentrants, lequel point ou sommet de l’angle sert de centre aux voussoirs, d’où partent les rayons de leurs joints ; alors elles se toisent comme les superficies coniques.
4.
À celles de ces trompes qui ont les deux côtés de leur naissance sur le mur égaux et de niveau, leurs têtes droites à plomb et en plein ceintre, l’on multiplie un des côtés de leur naissance sur les murs par la moitié du pourtour de la circonférence de l’arrête de leur tête ; le produit est le toisé de la superficie de voûte ou de la doüelle de la trompe.
Une trompe sur un plan en angle rentrant, droit, aigu ou obtus a, b, c, dont les côtés de la naissance, b, a, b, c
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sont égaux et de niveau à la tête ou en élévation a, d, c, est en plein ceintre à plomb sur la ligne droite a, c.
Pour avoir le toisé de la superficie de la doüelle de cette trompe, il faut mesurer sur l’élévation le pourtour de la circonférence a, d, moitié du ceintre de l’arrête de la tête a, d, c et le multiplier par l’un des côtés, b, a, ou, b, c, de la naissance de la voûte ; le produit sera le toisé de la superficie de la douelle de cette trompe.
Description
Description
5.
Dans cet exemple comme dans les autres cy devant et cy après expliquez, qui servent de preuves aux propositions enseignées pour la pratique du toisé, il est supposé que l’on sçait la coupe des pierres, et qu’il n’est pas nécessaire d’expliquer les règles pour faire les plans, profils et élévations de ces sortes d’ouvrages, ce qui seroit trop ennuieux, n’étant question en ce traité que des toisés et non de la construction, il suffit de sçavoir que les propositions pour la pratique du toisé sont justes. Cependant pour en donner l’intelligence, aïant tracé le profil de la trompe f, g, h, où la ligne de niveau f, g, est egalle à la ligne du milieu du plan b, e,
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perpendiculaire à la ligne de la tête a, c, la ligne à plomb g, h, egalle à la hauteur, e, d, du ceintre de la tête, la ligne, f, h, du profil de la trompe sera egalle aux côtés des naissances, b, a, ou b, c, ensorte que pour avoir le développement de la douelle de la trompe, du point, i, qui représente le point, b, ou le point, f, centre de la trompe, et de l’intervalle i, k, égal à, b, a, ou, f, h, qui est la même chose, l’on décrira l’arc du cercle, k, l, m, on fera sur cet arc du cercle le développement de la circonférence de la tête de la trompe, a, d, c, depuis le point k, jusqu’au point, m, que l’on divisera en deux au point, l, l’on mènera les lignes du centre, i, aux points, k, m, la superficie ou secteur du cercle, i, k, l, m, sera egalle à la doüelle de la voute de la trompe, dont le toisé se fera en multipliant le pourtour de l’arc, l, k, moitié de la circonférence k, l, m, par l’un des rayons i, k, ou i, m, ou ce qui est la même chose, en multipliant l’un des côtés de la naissance de la voûte, b, a, par la moitié de la circonférence de la teste de la trompe, a, d.
6.
Aux trompes en plein ceintre qui ont les deux côtés des naissances de leurs voûtes égaux et de niveau, le parement de leurs têtes à plomb, mais non pas sur une ligne droitte, tel qu’il est à la trompe précédente, comme sont les trompes sur le coin, dont la tête forme un angle saillant, les trompes qui ont leurs têtes en tour ronde, ou en tour creuse, et d’autres semblables ; pour avoir le toisé de la superficie de la doüelle de leurs voûtes, il faut diviser sa circonférence
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de l’arrête de leurs têtes en quatre parties egalles, et du point de partage du premier quart de circonférence vers l’une des naissances de la voute abaisser une ligne à plomb sur le plan de niveau des naissances de la trompe, et par le point du bas de cette ligne aplomb sur le plan de niveau mener une ligne droite parallèle au diamettre du ceintre de la voute terminée de part et d’autre par les lignes des naissances de la voûte prolongée de chaque côté sur cette ligne parallèle ; décrire un demi cercle de la moitié de la circonférence de ce demi cercle étant multipliée par la longueur de l’une des naissances de la voûte prolongée depuis l’angle du centre de la trompe, jusqu’à la rencontre de la ligne parallèle, leur produit sera la superficie de la doüelle de la trompe.
Description
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La trompe sur le coin, dont le quarré a, b, d, c, est le plan ; les côtés, a, b, a, c, sont les naissances de niveau au long des murs qui portent la voute de la trompe ; les deux autres côtés, d, b, d, c, sont les plans de la saillie de la tête de la trompe ; sur le coin de la diagonalle ; B, c, est le diamettre du ceintre de la voute ; B, d, c, est le demi cercle à plomb ; f, g, h, est le profil géométral, ou coupe de la trompe suivant la ligne du plan a, d ; le centre g, de la trompe est le même que l’angle a, la ligne g, f, est aussi la même que a, b, la ligne f, i, est egalle à la hauteur e, d, du ceintre de la voûte à plomb ; le point, h, est le sommet de la tête de la trompe, qui répond à plomb sur l’angle saillant, d, du plan, le demi ceintre surmonté, k, l, m, est la moitié de l’élévation de la tête de la trompe à plomb sur le côté saillant, b, d, du quarré, l’autre moitié de l’élévation de la tête de la trompe fait un retour d’equaire à plomb sur l’autre côté, c, d, du quarré du plan se raccordant l’un avec l’autre au dessus de l’angle, d.
Ayant divisé la circonférence, k, l, m, en deux egallement au point, n, la partie, l, n, sera le quart du ceintre de l’arrête de la tête de la trompe, abaissant ensuite la ligne, n, o, à plomb, on prendra la distance, l, o, la rapportant sur le plan des points, b, au point, p, par lequel point, p, on mènera la ligne, q, p, r, parallèle au diamettre [...]
1 chars, illisible
, b, c, rencontrant les côtés des naissances de la voute, a, b, a, c, prolongée au point, r, q, on décrira le demi cercle, r, s, q, aïant mesuré la circonférence, r, s, moitié du pourtour de la circonférence du demi cercle, il faudra la multiplier par la longueur, a, r, le produit sera égal à la superficie
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de la doüelle, t, u, x, y, de la voute de la trompe sur le coin en plein ceintre sur le plan quarré, a, b, d, c.
Ce qui se connoîtra plus clairement au développement t, u, x, y, de la doüelle de la voute de la trompe sur le coin d’où, t, est le centre ; aïant divisé le pourtour de l’arrête de la moitié de la tête, u, x, en deux egallement au point, z, du centre, t, de l’intervalle, t, z, il faut décrire l’arc de cercle, &, z,
uu
en dessous
, rencontrant les deux cotés des naissances de la doüelle, t, u, t, y, prolongée aux points, &, w. la superficie du secteur du cercle, t, &, w, sera egalle à la superficie de la doüelle, t, u, t, y, ainsi W aïant multiplié la longueur, t, &, qui est la même que, a, r, ou, a, q, par le pourtour de la circonférence de l’arc, &, ✚, moitié de l’arc, &, ✚, W, le produit sera le toisé de la superficie de la doüelle, t, u, x, y.
7.
Pour la pratique du toisé de la même voute de cette trompe sur le coin, aïant sur l’ouvrage même en œuvre divisé le pourtour de l’arrête, l, k, moitié de la tête de la trompe en deux. Egallement au point, n, il faut mesurer la longueur depuis le point, n, jusqu’au centre de la douelle de la trompe, rapporter cette longueur de niveau sur les murs qui soutiennent la trompe au long des naïssances de la voute de chaque côté, tels que sont les cotés, a, q, a, r, tendre un cordeau du point, q, au point, r, décrire, ou trouver par le calcul la circonférence d’un demi cercle, dont le cordeau, q, r, sera le diamettre, prendre la mesure de la moitié de la circonférence de ce demi cercle, et la multiplier par la longueur, a, q, où [sic.], a, r, le produit
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sera le toisé de la superficie de la voute … Cette pratique est generalle pour toutes les sortes de trompes régulières en plein ceintre, aïant le parement de leurs têtes à plomb.
Description
Une trompe dont la tête est en tour ronde sur le plan a, b, d, c, les cotés égaux a, b, a, c, étant les naissances de la voute au long des murs qui portent la trompe, l’arc, b, d, c, est le plan de la voûte, b, c, et le diamettre du demi cercle à plomb, b, e, c, qui est le ceintre de la voûte ; g, h, i, est le profil géométral, on coupe par le milieu de la trompe suivant la ligne de niveau, g, h, égal à, a, f, la ligne à plomb, h, k, est egalle à la hauteur, e, f, du ceintre de la voûte, la hauteur, i, est le sommet de la tête de la trompe laquelle est supposée à plomb sur le point, d, au plan de la saillie de la tour ronde ; la ligne, l, m, est la longueur du développement du pourtour de la circonférence du plan, b, d, c, de la tête de la trompe, sur laquelle ligne de niveau i, m, est aussi à plomb, le développement du ceintre, l, n, m, de l’élévation de l’arrête de la tête de la voûte de la trompe, dont le milieu de la circonférence au sommet, n, répond au sommet du profil, i.
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Aïant divisé le pourtour de la demie circonférence de la tête, l, n, en deux egallement au point, o, dont aïant abaissé la ligne à plomb, o, p, rencontrant la ligne de niveau, l, m, au point, p, il faut prendre la distance, l, p, la porter sur le plan de la circonférence de la tête de la trompe du point, b, au point, q, suivant le pourtour de la circonférence, par lequel point, q, l’on mènera les lignes R, s, parallèle au diamettre, b, c, rencontrant les deux cotés des naissances de la voute, a, b, a, c, prolongée au point, r, s, la ligne, r, s, sera le diamettre d’un demi cercle, r, t, s, dont la moitié de la circonférence, r, t, étant multipliée par la longueur de l’un des côtés, a, r, ou a, s, produiront le toisé de la superficie de la doüelle de la voute de la trompe en tour ronde en plein ceintre sur le plan, a, b, c, d.
8.
Les voûtes des trompes en tour creuse, dont nous allons parler, se toisent par la même règle que les voûtes des trompes en tour ronde, avec cette différence que le sommet de l’arrête de la tête des voûtes des trompes en tour ronde est plus saillante que le ceintre à plomb sur le diamettre mené de l’extrémité d’une des naissances de la voûte à l’autre, et qu’aux trompes en tour creuse le sommet de l’arrête de la tête de leurs voûtes est plus reculé vers le centre de la trompe que le ceintre à plomb sur le diamettre des extrémités des côtés de leur naissances.
La trompe en tour creuse suivant le plan a, b, d, c, où la courbure, b, d, c, du plan de la tête est plus rentrée vers le centre, a, de la trompe, que la ligne, b, c, diamettre
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du ceintre à plomb, b, e, c, de la douelle de la voute au profil g, h, k, la ligne de niveau, g, h, répond à la ligne, a, f, du plan, la ligne à plomb, h, k, représente et est egalle à la hauteur du demi diamettre, f, e, du ceintre à plomb, la ligne courbe, h, i, est le profil géométral de l’arrête de la tête de la voute sur la ligne creuse, b, d, c, la ligne de niveau, l, m, baze de l’élévation est egalle au devellopement du pourtour de la ligne creuse, b, d, c, du plan, de même que la circonférence, l, n, m, est le développement de l’arrête de la tête de la voûte de la trompe, ou le point, n, du sommet est le milieu de cette circonférence.
Description
Aïant divisé le pourtour de la moitié de l’arrête de la tête, m, l, en deux egallement au point, o, abaissé la ligne à plomb, a, b, c, prise sur le pourtour du plan de la tête de la portion, b, q, egalle à la distance l, p, il faut par le point, l, mener la ligne, r, s, parallele au diamettre, b, c, rencontrant les côtés des naissances de la voute, a, b, a, c, au point, r, s, sur la ligne, r, s, decrire le demi cercle, r, t, s ; mesurer ensuite la moitié de la circonference de ce demi cercle, la multiplier par l’une des distances, a, r, ou, a, s ; le produit sera le toisé de la superficie de la douelle de la voute en plein ceintre de la trompe en tour creuse.
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9.
Ce qui est marqué cy dessus est bon pour la théorie du toisé des voûtes des trompes en tour ronde ou creuse, mais dans la pratique l’on aura plustôt fait en divisant sur l’ouvrage même le pourtour de l’arrête de la tête de la voûte de la trompe en quatre parties egalles, mesurant la longueur de la doüelle depuis le point, o, qui partage le premier quart de la circonférence de l’arrête de la naissance de la voûte jusqu’au centre de la trompe, reportant cette longueur egallement de niveau de chaque coté au long des murs qui soutiennent la trompe depuis l’angle, a, jusqu’au point, r, s ; il faudra aussi en mesurer la longueur, et trouver par le calcul la circonférence du demi cercle, dont cette ligne, r, s, sera le diamettre, ensuite prendre la moitié de la circonférence de ce demi cercle et la multiplier par la longueur, a, r ; leur produit sera le toisé de la superficie de la voute de la trompe, ce qui se doit aussi entendre pour toutes sortes de trompes régulières.
10.
Aux trompes biaizes en tête, en parement droit, à plomb, et en plein ceintre, dont la naissances de leurs voûtes sont de niveau sur les murs qui les portent, mais l’un plus long que l’autre, comme on le peut voir en la figure suivante, où le plan de la trompe biaize a, b, c, le côté, a, c, de la naissance de la voute est plus long que le côté, a, b, de l’autre naissance ; le ceintre de l’arrête de la tête de la voûte, b, d, c, est un demi cercle àplomb sur la ligne droite, b, c, qui lui sert de diamettre.
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Le toisé de la superficie de la douelle de la voûte de cette trompe biaize se fera aïant divisé le ceintre de la tête en quatre parties egalles aux points, f, d, g, il faut prendre le long de la doüelle de la voûte les deux longueurs depuis les points, f, g, des deux quarts de division vers la naissance de chaque côté jusqu’au centre de la trompe, additionner ces deux longueurs ensemble, prendre la moitié de leur somme et la multiplier par la moitié de la circonférence du ceintre de la voûte, b, f, d, de la tête de la voûte ; leur produit sera le toisé de la superficie de la doüelle de la trompe biaize.
Au profil géométrique, h, i, l, ou les longueurs, h, i, sur la ligne de niveau sont egalles aux côtés de la naissance a, c, la longueur, h, k, egalle à l’autre naissance, a, b, la longueur, h, o, egalle à la ligne, a, e, du milieu du plan ; la hauteur du sommet du profil, o, l, egalle à la hauteur, e, d, du ceintre de la tête de la voute de la trompe, toutes les autres longueurs et hauteurs de ce profil sont egalles à celles du plan et de l’élévation qui leur répondent, en sorte que tous les rayons menés du centre, h, de la trompe jusqu’au profil de la tête, i, k, l, sont égaux à ceux de la douelle de la voûte, p, q, y, r, ainsi les lignes menées du centre, h, aux points, m, n, qui représentent les points, f, g, de la division des quarts de la circonférence de la tête sont égaux aux rayons, p, s, p, t, de la douelle qui leur répondent, aïant prolongé les rayons de la doüelle, p, s, jusqu’à, u, fait, p, u, égal à l’autre rayon, p, t, partageant
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la différence, s, u, egallement au point, x, la longueur, p, x, sera la moitié de la somme des deux rayons p, t, p, s, joints ensemble, et multipliant la longueur, p, x, par la circonférence, b, f, d, moitié du pourtour de l’arrête de la tête de la trompe aux, q, s, y, qui est la même chose, l’on aura le toisé de la superficie de la douelle de la voute de la trompe biaize sur le plan, a, b, c.
Description
11.
Il y a de la différence entre le profil géométral et le profil géométrique des trompes, en ce que le profil géométral est la coupe de la trompe suivant une ligne menée de son centre perpendiculaire au diamettre du ceintre de la voûte, et le profil géométrique est formé des differens profils géométraux pris sur tous les rayons du plan menés du centre de la trompe aux points, où
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les lignes aplomb de chaque division du pourtour de l’arrête de la tête de la voute rencontrent la ligne de niveau du plan de la même tête, ensorte que le profil géométrique sert pour avoir les longueurs des differens rayons du développement de la douelle.
12.
Le toisé des voutes des trompes droites en tête en ceintre surbaissé se fait par la même règle que les autres, en divisant le ceintre de l’arrête de la tête de la voûte en quatre parties egalles, et mesurant la longueur du rayon de la doüelle depuis l’un des coins des quarts de division de la voute jusqu’au centre de la trompe, et le multipliant par la moitié de la circonférence de l’arrête de la tête ; le produit sera le toisé de la superficie de la douelle.
Description
13.
Une trompe en ceintre surbaissée, b, d, c, sur le plan a, b, c, dont la tête, b, c, est droite et àplomb des deux côtés des naissances de la voûte, a, b, a, c, sont égaux, le profil géométrique est, h, i, l, la superficie de la doüelle développée est , n, o, q, p ; aïant divisé le ceintre de la
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tête en quatre parties egalles aux points, f, d, g, qui répondent aux points l, m, du profil, de même qu’aux points, r, q, s, de la pointe, il faut multiplier la moitié du pourtour du ceintre de la tête, b, f, d, par la longueur du rayon, m, h, ou, o, n, qui est la même chose, leur produit sera le toisé de la superficie de la douelle, n, o, q, p.
14.
Si le ceintre de la tête de la trompe étoit rempant en parement droit et à plomb sur un plan régulier, c’est à dire que les deux côtés du plan fussent égaux, le toisé de la voûte se feroit de la même manière que le toisé de la voûte de la trompe biaize en tête expliquée cy dessus, en divisant l’arrête du ceintre de la tête en quatre parties egalles, prenant la longueur des rayons de la doüelle, depuis chacun des points de division des deux premiers quarts de ceintre vers la naissance de la voûte jusqu’au centre de la trompe, les additionnant ensemble, et multipliant la moitié de leurs sommes par la moitié ou pourtour du ceintre de l’arrête de la tête de la trompe, le produit sera le toisé de la superficie de la doüelle.
Description
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Le plan de niveau de la trompe est, a, b, c ; le parement de la tête est à plomb sur la ligne droite, b, c ; le ceintre de l’arrête de la voute est en arc rempant, b, g, d, dont b, d, est le diamettre rempant. Au profil géométrique l, m, n, o, p, la hauteur du ceintre, l, de la trompe est élevée au dessus de la ligne de niveau, m, q, autant que le point, f, centre de l’arc rempant de la tête l’est au dessus du point, e, milieu de la ligne de niveau, b, c ; aïant divisé le pourtour de l’arc rempant de la tête en quatre parties egalles aux points, h, i, k, les points de division, h, i, vers la naissance, b, d, étant rapportées sur le profil géométrique aux points, o, p, lesquels sont representez au développement de la douelle, R, s, t, par les points, v, x, où les rayons, r, u, r, x, sont les mêmes que les rayons, l, p, l, o, du profil géométrique ; aïant prolongé les rayons, r, u, vers, y, il faut faire, x, y, égal à, r, x, partager leur différence, u, x, en deux au point, z, multiplier la longueur, r, z, par la demie circonférence de la tête, b, h, k, leur produit sera le toisé de la superficie de la douelle, r, s, t, u, x,
15.
Cette sorte de trompe rempante, dont le centre, où tendent les rayons et joints des voussoirs de la doüelle, est de niveau au point, f, centre du ceintre de la tête au milieu du diamettre rempant, b, d, est suivant la construction ordinaire, où les deux naissances de la voûte, r, m, l, n, sont d’egalle longueur et de même rampe, l’une en descendant sur le coté, a, b, l’autre en montant sur le côté, a, c ; mais cette construction est moins solide que si la naissance du bas de la voûte étoit de niveau
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sur le côté, a, b, tout le rempant de la voûte étant réduit dans la longueur du coussinet de l’autre naissance sur le côté, a, c, parce que le glissant de la pondération de la rampe seroit la buttée à l’angle, a, par le coussinet du niveau de l’autre naissance sur le côté, a, b, au lieu que les deux naissances étant rempantes, la pondération de la voûte pourroit glisser en dehors au long du coussinet a, b,
Description
Le toisé de la voute de cette seconde manière de trompe rampante se fait par la même règle generalle comme l’autre, le ceintre de l’arc rempant de la tête étant toujours le même, il n’y a que la doüelle qui change à cause que son centre est à l’angle du plan de niveau, comme on le peut voir dans la figure, à la quelle les rayons de la tête tendants au point, e, qui est le milieu de la ligne de niveau du plan de la tête, a, b, le coussinet, e, b, est de niveau ; toute la rampe est sur le coussinet, e, d ; au profil géométrique le point, q, centre de la trompe est supposé le même que le point, a ; la ligne de niveau, q, m,
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est aussi la même que le côté, a, b ; la ligne rempante, q, n, est le coussinet sur le côté, a, c, les points, p, o, représentent les points, h, i, des deux quarts du ceintre de la tête vers la naissance de la voûte ; au développement de la doüelle les rayons, r, n, r, x, sont les mêmes que les rayons du profil, Q, p, q, o, aïant, comme il est dit, porté la longueur r, x, sur les rayons, r, u, prolongez en, y, et divisé leur différence en deux au point, z, il faut multiplier, r, z, par la moitié du pourtour du ceintre de l’arrête de la tête, b, h, k, pour avoir le toisé de la superficie de la doüelle de la voute de cette trompe.
16.
Les trompes en niche sont comme des demies voûtes sphériques, la superficie de leurs douelles est egalle à la superficie du cercle du diamettre de leurs têtes, ainsi multipliant le pourtour de la circonférence du plein ceintre de l’arrête de leurs têtes par la hauteur du même ceintre, ou la moitié de leurs diamettres, le produit sera le toisé de la superficie de la douelle de la trompe en niche.
Description
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a, b, c, est le plan de la niche : b, d, c, la face, ou l’élévation de la tête de la voûte de la trompe : f, g, h, la coupe, ou profil géométral par le milieu de la même trompe : la superficie du cercle, a, b, d, c, est egalle à la superficie de la doüelle de la voute de cette trompe, dont le toisé se fera en multipliant le pourtour de la circonférence du demi cercle, b, d, c, par le demi diamettre, g, f, ou, e, b, qui est la même chose.
17.
Aux trompes sur une ligne droite en tour ronde par la tête, et le profil géométral du ceintre de la saillie de leurs voutes en quart de cercle, le toisé de la superficie de leur doüelle se fera en additionant la moitié de la longueur de leur naissance sur la ligne droite qui leur sert de coussinet, avec le pourtour de la circonférence du quart de cercle du ceintre de la saillie de leur voûte, ces deux longueurs ensemble seront le diamettre d’un demi cercle, dont la superficie sera égal à la superficie de la douelle de la voûte de la trompe en tour ronde sur une ligne droite.
Description
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Le plan de la saillie de la trompe en tour ronde est le demi cercle, b, d, c, qui a pour diamettre la ligne droite, b, c, sur laquelle pose la naissance de la voute de la trompe ; le point, a, du milieu en est le centre, le quart de cercle, e, h, g. le profil géométral de la voute de la saillie de la trompe, lequel forme avec la ligne àplomb, g, h, sur la ligne de niveau, h, e, le profil géométrique, e, h, i, k, l, g, où le point, e, représente le centre, a ; l’élévation géométrale de l’arrête de la tête est, b, u, q, x, c, l’autre élévation géometrique, p, q, r, est le ceintre du développement de la même tête, aïant fait la longueur, m, s, qui est égal au pourtour de la circonférence du ceintre de la saillie de la voute, e, h, g, avec le demi diamettre, s, t, égal à c, a, moitié de la longueur du coussinet de la naissance de la voûte, toute la longueur, t, m, fera le diamettre du demicercle, t, o, m, dont la superficie sera egalle à la superficie de la douelle de la voute de la trompe en tour ronde sur une ligne droite, le toisé de laquelle se fera en multipliant le demi diamettre, t, n, par la circonférence du quart de cercle, t, o, le produit sera le toisé de la superficie de la doüelle de la voute de la trompe.
18.
L’on ne finiroit point, si l’on vouloit rapporter toutes les sortes de trompe que l’on peut faire ; les exemples precedens sont suffisament expliquez pour marquer les règles du toisé des voûtes de toutes les différentes espèces
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de trompes, auxquelles l’on fera l’application suivant le rapport qu’elles auront avec les différentes sortes de trompes expliquées cy dessus, une partie des quelles sont précisément suivant les règles de la géométrie, et l’autre partie par approximation de leurs développement.
19.
Lorsque les reins des voutes des trompes sont remplies de maçonnerie jusqu’au niveau du couronnement du dessus de leur extradosses de leur tête, ce remplissage de reins se compte au tiers de la superficie de la douelle de la voûte ; le prix des reins est différent de celui de la voûte, parce que la maçonnerie du remplissage des reins n’étant pour l’ordinaire que de moilon bouru en mortier, et ne se doit compter que sur le prix des voûtes communes de moilon et de plâtre, comme il a été expliqué cy devant pour les reins des voutes en berceau, dont la règle est generalle pour les reins de toutes sortes de voûtes.
20.
La tête de la voute est extradossée, ou elle ne l’est pas. On suppose qu’elle le soit ; en prenant au dessus de l’arrête de la douelle une hauteur egalle à l’épaisseur de la voûte on multiplie la moitié de cette hauteur de la tête par le pourtour du ceintre d’une ligne courbe parallèle au ceintre de la voûte qui passe par le milieu de la hauteur entre l’extradosse et l’arrête de la tête de la doüelle prise d’un bout à l’autre, aux endroits où cette ligne courbe rencontre l’aplomb des faces des murs qui soutiennent les naissances des murs … Quand les têtes des voûtes
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font parement, comme le font ordinairement les têtes des trompes, l’on ajoûte suivant les us et coutumes de Paris la demie face de cette tête à la superficie de la doüelle de la voûte.
Description
Le ceintre, b, d, c, étant l’arrête de la doüelle de la voûte, d, f, la hauteur de l’épaisseur de la voûte qui est ce que l’on suppose être extradosse suivant le ceintre e, f, g, l’espace de parement, b, d, c ; g, f, e, sera la face de la tête de la voute, dont la moitié de la superficie, que l’on nomme demie face, doit être ajoutée à la superficie de la douelle de la trompe. Aïant divisé la hauteur de la tête, d, f, en deux au point, h, il faut tracer la ligne courbe, i, h, k, parallèle au ceintre de l’arrête de la tête de la doüelle, b, d, c, terminée aux points, i, k, à la rencontre des lignes, n, b, o, c, àplomb des faces des murs, b, l, c, n, qui soutiennent les naissances, b, c, de la voute, multipliant le pourtour de la ligne courbe, i, h, k, par la hauteur, d, h, le produit sera le toisé des demies faces de la tête de la voûte, ce qui est une règle generalle pour le toisé des demies faces, des têtes de toutes sortes de voûte ; lorsque l’on compte les murs qui soutiennent, il faut passer la hauteur, b, n, des reins de la voute.
21.
L’on observera que la demie face de la tête des voutes soit comptée par augmentation avec la superficie de la doüelle,
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non compris la demie face de la tête qui sert à régler le toisé des reins de la voûte.
22.
Quand le parement de la tête des voûtes se continue au dessus de l’épaisseur de l’extradosse jusqu’au niveau de son couronnement, les parties triangulaires du parement des deux côtés, e, n, f ; g, o, f. se toisent à part comme le mur, de l’épaisseur du mur qui est élevé au dessus, ou de l’épaisseur que l’on juge à propos, quand cette partie de la face ne monte pas plus haut que la ligne de niveau du dessus de l’extradosse, n, o ; alors l’on réduit l’épaisseur du mur de ces parties à l’épaisseur de la voûte, et l’on rabbat la quantité de ce qui est compté pour le toisé des reins de la voûte … c’est à dire que si l’épaisseur de la voute est de 18 pouces, et que l’épaisseur du mur, qui est au dessus de l’extradosse à la tête des reins, soit comptée pour 2 pieds ¼, supposé que la superficie de la face de ces parties de murs contiennent ensemble une toise, elles seront réduites à une toise et demie de l’épaisseur de la voûte, et cette toise et demie sera rabbatue sur la quantité du toisé des reins de la voûte, parce que ces parties de murs de la tête occupent une partie des reins.
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[Chapitre 15]
Chapitre X.
Du toisé des arrieres-voussures

1.
Afin de ne rien omettre du toisé superficiel, il faut encore expliquer le toisé des arrieres-voussures, qui sont des espèces de voûtes. Quand les arrières voussures sont faites dans les épaisseurs des murs, elles sont confondues dans le toisé des murs, de même que les tableaux et embrasements des piédroits ; mais lorsque les murs sont réduits au cube, et que l’on compte les parements séparément, alors la superficie des arrières voussures se toisent pour parement. Il se peut faire aussi que des voûtes soient faites en arrières voussures hors le corps des murs, ce qui engage à sçavoir les règles et la manière de toiser la superficie de leurs doüelles, comme aux autre voutes.
2.
Les arrières voussures régulières en platte bande droitte se peuvent toiser comme les trapèzes qui ont deux de leur cotés parallèles, et prenant la moitié de la somme des deux cotés parallèles pour la multiplier par la largeur de l’arrière voussure.
Soit, a, b, c, d, pour l’élévation de la face geometralle d’une arrière voussure en platte bande droite : e, f, le profil géométral ; g, h, i, k, le développement géométrique de la doüelle. Aïant additionné
en dessous
, la longueur du fond de
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l’arrière voussure, a, b, à l’arrête de la feuillure avec d, m, moitié de la longueur, c, d, de l’arrête de la tête, il faut en multiplier la somme par la largeur, e, f, de l’arrière voussure prise quarrément, c’est à dire, d’equaire, aux lignes a, b, c, d, ou ce qui est la même chose au développement de l’arrière voussure ; diviser, g, h, i, k. chacun en deux egallement aux points, n, o, mener, o, n, qui sera d’equaire aux deux lignes parallèles des arrêtes de la feuillure de la tête, additionner les deux demies longueurs, g, o, n, k, ensemble, et multiplier leurs sommes par la largeur, o, n ; le produit sera le toisé de la superficie de l’arriere voussure, g, h, i, k.
Description
3.
Les arrières voussures tombées en portion de cercle et les arrières voussures en plein ceintre tant par le devant que par le derrière, dont les arrêtes de la tête
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et de la feuillure sont parallèles, se toisent comme les autres voussures en platte bande droitte ; en additionant la moitié du pourtour de l’arrête de la tête, et multipliant la somme par la longueur de l’arrière voussure prise quarrément entre l’arrête de la tête et l’arrête de la feuillure ; le produit sera le toisé de l’arrière voussure.
Description
Description
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D’une arrière voussure bombée en portion de cercle et d’une autre arrière voussure en plein ceintre, les arrêtes de la tête, d, e, f, et de la feuillure, a, b, c, sont parallèles aux élévations, ainsi que les pourtours des mêmes arrières voussures sont representez au développement des doüelles, m, n, o, i, k, l, qui sont des portions de superficie coniques. Aïant donc divisé le pourtour de l’arrête de la feuillure en deux egallement au points, b, et k, qui est la même chose, et le pourtour de l’arrête de la tête aussi en deux egallement au point, e, sur l’élévation, ou, m, au développement de la doüelle, il faut additionner ensemble la moitié, i, k, du pourtour de l’arrête de sa feuillure, avec la moitié o, n, du pourtour de l’arrête de la tête et les multiplier par la largeur de l’arrière voussure, g, h, ou k, n, prise quarrement entre les deux arrêtes de la tête et de la feuillure, le produit sera à chacune de ces deux figures la superficie de la doüelle des arrières voussures i, k, l, m, n, o,
4.
Si les arrières voussures étoient sur des plans biais, pourvu que les lignes des arrêtes de leur tête fussent parallèles, leur toisé se feroit de la même manière qu’il est ici expliqué, observant que la largeur de l’arrière voussure soit toujours prise quarrément, c’est à dire d’equaire entre les lignes parallèles de la tête de la feuillure.
5.
Les arrières voussures en niche sphérique se toisent
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comme les portions de voûtes sphériques, c’est à dire, qu’il faut faire le toisé de la superficie de toute la voûte de la niche sphérique, en ôter le toisé de la superficie du segment sphérique tronqué par l’arrête de la feuillure, ce qui restera sera le toisé de l’arrière voussure en niche sphérique.
Description
Description
6.
Le plan horizontal de l’arrière voussure en niche est, a, b, c, d ; son élévation geometralle est, e, f, g, h, i, k. de même que son profil est, l, m ; il faut au profil abaisser la ligne perpendiculaire, l, o, et achever la circonférence, l, n, du quart de cercle, et sur le plan mener la ligne, b, c, qui représente l’arrête de la feuillure, achever aussi l’arc, b, p, c,
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du cercle de la niche, toiser toute la superficie de la voûte de la niche sphérique, a, b, p, c, d, k, i, h, comme si elle étoit entière, faire ensuite le toisé du segment sphérique b, p, l, n, retranché par les lignes, b, c, l, o, dont la superficie sera ôtée du toisé de la superficie de toute la voûte de la niche ; ce qui restera sera le toisé de la douelle de l’arrière voussure en niche, e, f, g, h, i, k.
7.
L’arrière voussure Saint
Abréviation : st.
-Antoine qui est en plattebande droite par l’arrête de la feuillure et en plein ceintre par l’arrête de sa tête, aïant sa doüelle concave en forme de coquille sur un plan trapèze rectiligne, le toisé se fera dans œuvre, en mesurant la longueur de tous les joints de ses voussoirs l’un après l’autre, commençant par ceux du bas de sa naissance sur les embrazements de ses piédroits, les additionant ensemble et divisant leur somme par le nombre de la quantité des joints, partageant ensuite chaque joint en deux, et par les points des milieus traçant une ligne courbe depuis une naissance jusqu’à l’autre, mesurant le pourtour de cette ligne courbe, la doublant et l’additionant avec le pourtour circulaire de l’arrête de la tête, et la longueur de l’arrête de la feuillure en platte bande droite, prenant ensuite le quart de leur somme que l’on multiplie par la longueur commune des joints, le produit donnera le toisé de la superficie de la doüelle de cette arrière voussure Saint-Antoine.
Le toisé de l’arrière voussure Saint-Antoine suivant l’élévation
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e, f, g, h, i, et le profil géométral, k, l, m, n, sur le plan a, b, c, d, les deux points, ou lits de sa naissance sont, e, g ; e, i, sur les embrazements de l’élévation, dont, b, c, a, d, sur le plan, en sont la longueur, qu’il faut mesurer en œuvre, ainsi que le pourtour de tous les autres points de la douelle, comme f, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12. Additionner les longueurs et pourtours de tous les joints ensemble, et en diviser la somme par le nombre de leur quantité, pour avoir une longueur commune, ensuite l’on partagera les deux joints ou lits des naissance aux points, 1, 2, ainsi que les autres joints de la doüelle, qu’il faut aussi partager en deux aux points, 13, 14, 15, 16, 17, 18, par lesquels points, 2, 13, 14, 15, 16, 17, 18, 1, on trouvera une ligne courbe, dont on mesurera le pourtour que l’on doublera et additionera avec la longueur de la ligne droitte, e, f, de l’arrête de la feuillure et le pourtour circulaire, g, h, i, de l’arrête de la tête ; on prendra le quart de leurs sommes que l’on multipliera par la longueur commune des joints. Le produit sera autant juste qu’il est possible à ce toisé de la superficie de la douelle de cette arrière voussure Saint-Antoine.
Description
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Description
8.
Le toisé des arrières voussures de Marceille ne se peut faire que par le développement de la doüelle, en mesurant la superficie de la doüelle de chaques voussoirs l’un après l’autre par la règle des trapèzes et triangles, et les additionant tous ensemble ; ou pour abréger l’opération on peut mesurer la superficie de la doüelle des voussoirs du haut qui forment la tête en plattebande ensemble, et mesurer ensuite en particulier la superficie de la doüelle de chacun des autres voussoirs du bas, et additioner le tout, l’on aura le toisé de toute la superficie de la douelle de l’arrière voussure de Marceille.
L’arrière voussure de Marceille étant en plein ceintre par l’arrête de sa feuillure, et en plattebande droitte par l’arrête de la tête sur le plan, a, b, c, d, dont, e, f, g, h, i, est l’élévation, et k, l, m, le profil géométral, l’on verra à cette arrière voussure que toute les lignes des joints des douelles des voussoirs sont droittes, et qu’à la réserve de la clef, les douelles des autres voussoirs sont gauches pour
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le racordement de l’arrête de la tête qui est droite et de niveau avec l’arrête de la feuillure qui est circulaire ; or pour toiser la superficie de la douelle des voussoirs du haut entre les joints, 3, 1, 12, h, en une seule opération, il faut sur l’œuvre même mesurer en particulier la longueur de chacune des lignes des joints, 3I [sic.]
sic. : 1
, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12, H, les additioner tous ensemble, en diviser la somme par le nombre de ses joints selon leur quantité pour avoir une longueur commune, partager ensuite la longueur de chacun de tous ses joints en deux pour avoir les points des milieus, 15, 16, 17, 18, 19, 20, par lesquels points l’on tracera une ligne courbe, 15, 20, dans le pourtour de la doüelle, on en prendra la mesure que l’on additionera avec la largeur de la tête de l’arrière voussure i, h, et le pourtour de la portion de l’arrête de la feuillure, 3, f, 12 ; le tiers de leurs somme étant multiplié par la longueur commune des joints 3, 1, 12, h, l’on mesurera ensuite la superficie des douelles des autres voussoirs du bas, 1, 3, 1, 2, 13, 14, h, 12. et les autres en trapèzes, s’il y en avoit plusieurs, en additionant à chacun la longueur de leurs deux joints de douelle, comme 12, h, 13, 14, pour en prendre la moitié, il faudroit diviser le petit coté 13, 14, en deux, du point du milieu mener une perpendiculaire sur la ligne du grand côté, h, 12, prolongée vers le bas, en multipliant la longueur de cette perpendiculaire par la moitié de la somme des deux joints des côtés, l’on aura à très peu de chose près la superficie de la douelle de chacun de ses voussoirs ; on mesurera aussi la superficie des douelles triangulaires des deux premiers voussoirs
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du bas, e, 1, 2, g, 13, 14 ; on additionera les deux superficies de toutes ces douelles ensemble pour avoir le toisé général de toute l’arrière voussure de Marceille.
Description
Description
Si la douelle de l’arrière voussure de Marceille etoit concave sur la longueur des joints de douelle de ces voussoirs suivant la courbure des angles, e, i, g, h, de sa rencontre avec les embrazemens de ces piédroits, e, i, l ; g, h, o, on pourroit en faire le toisé de la même manière expliquée cy dessus pour celles dont les joints des douelles sont en ligne droitte.
9.
Aux autres sortes d’arrières voussures qui ne se peuvent toiser par les règles contenues en ce chapitre, on en fera le toisé par le développement de la douelle de chaques voussoirs en particulier, que l’on additionera ensemble pour avoir le toisé général de toute l’arrière voussure.
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[Chapitre 16]
Chapitre XI. Du toisé des
moulures et saillies d’architecture

1.
Le toisé des moulures et saillies d’architecture se fait sur leurs longueurs au pied courant, et elles se réduisent suivant leurs profils pour la portion et quantité qu’elles doivent produire par rapport au pied quarré dont il en faut 36 pour la toise ; cette manière de réduire les moulures et saillies d’architecture à la toise quarrée est commune à toutes les différentes qualités d’ouvrages quoique de différentes valeurs selon la matière de leur construction, comme celles qui sont faites en marbre, pierre dure ou tendre, ou en plâtre ; ces derniers sont compris avec les légers ouvrages de maçonnerie, et les autres sont reglez séparément suivant la qualité de leur matière.
2.
Les retraittes qui sont faites par assise aux faces des murs a, b, c, d, même celles du dessous des socles des piédestaux ou soubassements au profil côté tant au rez de chaussée qu’aux étages au dessus, ne doivent pas être considerez comme saillies d’architecture, parce que ces retraittes sont censées être formées par le dessus des lits des assises ; mais les plaintes des bayes qui posent sur les socles, sont réputées être membre d’architecture, parce qu’ils n’ont pas la hauteur d’une assise comme le plainte, a, b, c, au dessus du socle, c, d, e, ou le dessous du plainte, a, b, est compté pour une face de monture, et la retraitte, c, d,
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n’est pas comptée, étant prise pour le lit du dessus de l’assise qui forme le socle, d, e.
Description
3.
Le dessus des corniches des architraves, des plaintes qui servent d’appui, ou d’entablement aux differens étages, le dessus des appuis des balustrades, des tablettes sur les murs et autres de cette nature qui représentent le lit de desssus des assises ne sont point comptez comme saillies d’architecture, lorsqu’ils sont droits et de niveau, mais quand ils sont bordez d’un chamfrin, d’un cavet, et congez comme des faces de monture, ainsi qu’il sera marqué cy après.
4.
L’usage ordinaire pour le toisé des moulures d’architecture est de compter chaque membre couronné pour un pied courant, dont les 36. font la toise ; mais tous les architectes ne conviennent pas ensemble de ce terme (membre couronné ;) les uns entendent par un membre couronné deux moulures distinguées, lesquelles se peuvent détacher l’une de l’autre et rester chacune un membre et moulure parfaitte ; les autres soutiennent que ce sont les noms et la situation des moulures qui dénotent les membres d’architecture, ensorte qu’un talon, a, b, avec le petit plafond, b, c, de sa saillie par le dessous ne doit être compté que pour un seul membre de ½ pied courant, lorsqu’il est debout comme au profil cy dessus.
Description
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Ce talon, a, b, étant couché comme en la figure suivante se nomme doucinne, et la saillie du bas du talon s’appelle filet, lorsqu’il est debout audessus de la doucinne, selon eux il doit être compté pour deux membres chacun de demi pied, ainsi des autres membres d’architecture qui peuvent changer de nom suivant leur situation ; ce qui est contraire à la justice
Description
de faire passer une même chose tantôt pour le simple et tantôt pour le double.
5.
Cependant comme il est important pour la régularité du toisé de donner une règle certaine pour réduire toutes les saillies d’architecture d’une manière uniforme l’on peut déterminer tant aux moulures, qu’aux autres saillies d’architecture que chacune des faces qui les forment soit droittes, soit circulaires ou bombées soient comptées pour un quart de pied courant avec cette exception que les moulures que l’on nomme tords, ou boudin, astragal, baguette, carderon, scotie et cannelures, lesquelles étant considérées chacune pour moulure parfaitte, doivent être comptées comme membre pour demi pied courant.
6.
Suivant ce principe les moulures quarrées comme les couronnes des corniches, les gros quarrés ou bandes saillantes, ou bandes des denticules, les bandeaux ou faces des architraves, ou impostes non comprises leur congées du haut ; les filets se doivent egallement compter chacun pour demi pied courant à cause de leurs deux faces
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a, b, b, c, l’une par devant et l’autre par dessous, ou par dessus.
Description
Description
Description
Description
Description
Description
7.
Les filets avec leurs longées au dessus ou en dessous se comptent chacun, comprise leur longée pour demi pied courant à cause de leurs faces droites, a, b, et de leurs faces concaves, b, c, qui forment leur longée
Description
Description
8.
Les plaintes d’appui et les plaintes d’entablement se comptent chacune pour demi pied courant, à cause de leurs deux faces droittes, a, b, b, c, leurs faces, ou lit de dessus, ne sont pas comptées, étant droittes et de niveau.
Description
Description
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9.
Les plaintes chanfrinées et celles en congées par le dessus sont comptées chacune pour trois quarts de pied courant à cause de leurs trois faces ab, bc, cd.
Description
Description
10.
Les plaintes des bazes des colonnes, des piédestaux, ou autres soubassements sont comptez pour demipied courant sur leurs longueurs et pourtours, à cause de leurs deux faces.
Description
Description
11.
Les tords, ou boudins degagez au dessous ou non degagez sont comptez chacun pour demipied courant, quoiqu’ils n’ayent qu’une seule face convexe, a, b, suivant l’exception expliquée en l’article 5.
Description
Description
12.
Par la même raison les astragalles sont comptez
p. 129
   
chacune pour demipied courant.
Description
Description
13.
De même les quarts de rond droits renversez qui n’ont qu’une seule face convexe, sont comptez pour demi pied courant.
Description
Description
14.
Mais les cavets droits, ou renversez se comptent pour ¾ de pied courant compris le filet qui termine leur saillie par le devant, à cause que ces cavets sont composez de trois faces, ab, bc, cd.
Description
Description
15.
Les scoties sans leurs filets sont chacunes comptez pour demipied courant, ainsi qu’il est marqué en l’article 5. quoiqu’il ne soit formé que d’une face concave, a, b.
Description
Description
16.
Les cimaises ou doucines droittes 30, ou renversées 31 sont comptées chacune pour ½ pied courant ; le filet, a, b, qui termine leurs saillies étant considéré pour une
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face est de ¼ de pied courant, et leurs profils convexes et concaves pour ½ pied courant, à cause de leurs deux faces b, c.
Description
Description
17.
Les talons 32 droits, ou renversez 33 ne différent des doucines que par le changement de leur situation, ainsi qu’il a été remarqué ; leurs profils étant les mêmes ; tout ce qui en fait la différence est que le profil des doucines est renversé et que celui des talons est debout : ils sont de même comptez pour ½ pied courant, à cause de leurs deux faces, ab, bc.
Description
Description
18.
Il se fait des moulures et saillies d’architecture composée de plusieurs membres engagez les uns dans les autres, dont quelques uns sont suivant les profils de l’architecture antique, et les autres sont d’une composition moderne, des quels le toisé se peut faire par le principe établi au 5. article tels que sont les différentes sortes de larmiers, la figure suivante se compte pour un pied courant à cause de sa grande face a, b, non compris le congé du haut qui dépend du filet au dessus, ce qui contient quatre faces de la petite face en plafond, bc, du congée, cd, qui remonte pour rejoindre le scossie, de, recreuse au dessous, se comptent chacune pour ¼ de pied.
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Description
Description
19.
19. L’autre sorte de larmier 35. en mouchette pendante avec un arrière filet en congée, est compté pour un pied et demi à cause de la grande face, ab, non compris le congée du haut de la petite face en plafond , b, c, de l’autre petite face en plafond de l’arrière filet, f, g, et du scossie recreusé, d, e, avec ses deux congées, c, d ; e, f. contenant ensemble sis [sic.] faces d’un quart de pied chacune, valant 1 pied ½.
20.
Le larmier en coussinet, fig. 36. qui est recreusé en doucine se compte pour un pied courant à cause de ses deux faces, ab, bc, et que la doucine recreusée est comptée pour demipied courant, aïant égard au recreusement du contour, c, d, e.
Description
Description
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21.
21. Le larmier en gorge, fig. 37. se compte pour un pied courant à cause des deux faces, ab, bc, et de la gorge recreusée c, d, e, considérée comme une scossie de demipied courant.
22.
Les plaintes qui séparent les étages aux faces des maisons sont ordinairement en chamfrin par le dessus de leurs saillies pour écouler les eaux ; elles sont quelques fois en larmier par le bas pour empêcher l’eau de retourner sur la face des murs ; elles se nomment plaintes en larmier chamfrinées ; l’on fait aussi le recreusement des larmiers de différentes façons : la plainte en larmier chamfrinée, fig. 38. est comptée pour un pied courant à cause des quatre faces ab, bc, cd, de, chacune pour un quart de pied courant.
23.
La plainte chamfrinée par le dessus avec un congée recreusé en larmier par le dessous se compte pour un pied courant, fig. 39. le congée, d, e, n’étant considéré que pour une face, parce qu’il n’a qu’une seule arrête qui le termine d’un côté, faisant avec les trois autres faces, ab, bc, cd, quatre quarts de pied.
Description
Description
24.
La plainte en larmier
(40)
Changement de main
à l’encre noire en dessous
chamfrinée et recreusée en scotie par le dessous se compte pour un pied et ¼ courant ; cd,
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qui forment la saillie de dessous, n’étant considérée que pour une face d’un quart de pied, les autres faces, ab, bc, chacune pour ¼ de pied, ce qui fait ensemble un pied et ¼.
25.
La plainte, fig. 41. chamfrinée par le dessus avec une doucine, d, e, f, recreusée par le dessous, est aussi comptée pour un pied ¼ courant, la doucine étant de demipied, et les trois faces, ab, bc, cd, chacune d’un quart de pied.
Description
Description
26.
Il se fait quelques fois des moulures d’un goût extraordinaire comme sont les doucines modernes aux chambranles de cheminée et même des portes comme en la fig. 42. qui est une doucine recreusée par le dedans avec un filet d’un côté et de l’autre un champ de dégagement qui font ensemble un pied ¼ courant ; la doucine, b, c, d, étant comptée pour ½ pied, à cause de son recreusement, les deux faces du filet saillant, d, e, e, f, et le champ de dégagement, a, b, n’ayant qu’une face, vallent ¾ de pied.
Description
Description
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27.
L’autre doucine pendante, fig . 43. dégagée en grain d’orge par le derrière, se compte pour un pied courant, la doucine, c, d, pour ½ pied, et les deux faces, ab, bc, du filet chacune pour ¼ de pied, le grain d’orge, d, qui dégage le derrière de la doucine ne se compte pas.
28.
Les boudins avec leur champ de dégagement dessus et dessous fig. 44 et 45 se comptent chacun pour un pied courant les boudins, b, c, étant comme les tords chacun pour ½ pied courant, et les champs, ab, cd, n’ayant chacun qu’une face qui passent pour ¼ de pied.
Description
Description
29.
Les dégagemens en grain d’orge, que les ouvriers nomment coups de crochet, qui séparent les moulures pour le faire distinguer les unes des autres ; fig. 46. Le petit dégagement, a, entre l’astragal et le quart de rond, le dégagement, f, au profil, ne sont point reputez être membres, ni moulures d’architecture, et ils ne sont point comptez dans le toisé, ainsi que les grains d’orge, et autres semblables degagemens.
Description
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30.
Les scoties en demicercle, fig. 47 Les scoties en piédouche, 48 Les scoties en piédouche recreusées par le haut et par le bas, 49 et les scoties plattes, 50, chacune avec leurs deux filets sont comptées pour un pied courant ; les scoties, b, c, étant chacune pour 1/2 pied, et les filets, ab, cd, chacun pour 1/4 de pied.
Description
Description
Description
Description
31.
Les bossages quarrés, fig. 51 entre deux champs droits sont comptez avec un de leurs champ, pour un pied courant, à cause de leurs quatre faces, ab, bc, cd, de, qui vallent chacune 1/4 de pied.
Description
32.
Les bossages arondis sur leurs arrêtes entre deux champs de degagements droits, fig. 52 sont comptez avec un de leurs champs pour un pied courant ; chacun des arondissemens, ab, cd, étant considerez pour une face, le milieu du bossage, bc, pour une autre face, et les champs du degagement, de, aussi pour une face.
Description
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33.
Les bossages en chamfrein sont comptez chacun pour 3/4 de pied courant, chacune des trois faces, ab, bc, cd, étant chacune pour 1/4 de pied …… fig. 53.
Description
34.
Les bossages en boudins, fig. 54 sont comptez chacun pour 1/2 pied courant étant consideré comme un tord, ou boudin, ab, en moulures.
Description
35.
Lorsque les bossages forment un avant corps saillant hors le parement du corps du mur, fig. 55 l’on compte chaque côté de la saillie de l’avant corps sur la hauteur pour la moitié de ce que le courant d’un bossage est compté, c’est-à-dire, que si le bossage est compté pour un pied courant, chaque côté de la saillie de l’avant corps est compté pour 1/2 pied, et si le bossage n’est compté que pour 1/2 pied, chaque côté de l’avant corps ne sera compté que pour 1/4 de pied courant sur sa hauteur.
Description
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36.
Les tables de relief quarrées sont comptées pour 3/4 de pied courant sur leurs longueurs fig. 55 à cause des trois faces, ab, bc, cd, qui vallent chacune 1/4 de pied, et les retours des côtés montants sont comptez à chaque bout pour 1/4 de pied courant sur leur hauteur, la superficie de la face de la table, bc, tenant lieu de parement du mur.
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37.
Les tables de relief en congée fig. 56 sont aussi comptées pour 3/4 de pied courant sur leurs longueurs ; la face, bc, et les deux congées, ab, étant chacun pour 1/4 de pied.
38.
Les tables de relief avec une moulure au pourtour sont comptées à proportion de ce contient la moulure, comme au profil 57 dont la table, bc, est entourée d’une doucine et d’une saillie, ab, cd, contenant sept faces sur la longueur, qui sont comptées ensemble pour 1 pied 3/4 courant et les retours des deux bouts sont comptez chacun pour 3/4 de pied sur leur hauteur.
Description
Description
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39.
Les tables renfoncées quarrément, fig. 58 et renfoncées en congée, 59 sont comptées pour 3/4 de pied courant et leurs retours par les bouts chacun pour 1/4 de pied sur la hauteur ; et les tables renfoncées avec une doucine au pourtour, fig. 60 pour 1 pied 3/4 courant sur la longueur, et chacun des retours par les bouts pour 3/4 de pied courant sur la hauteur, ou ce qui est la même chose le fond de la table pour 1/4 de pied courant, et la doucine,
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ab, cd, avec les deux petites faces dessus et dessous pour 3/4 de pied courant dans tout le pourtour
Description
de la table ; et si c’étoient d’autres moulures, elles seroient comptées à proportion de leurs profils ; ce qui se doit entendre pour les ouvrages de plâtre seulement ; et à l’égard des ouvrages de marbre, ou de pierre, lorsque les saillies d’architecture ne sont que pour façon, le cube du marbre ou de la pierre etant païés à part ; mais quand la valeur du marbre ou de la pierre est comprise dans le prix des saillies d’architecture, et que les tables et moulures, qui les environnent, sont renfoncées dans les paremens des faces, aux ouvrages de pierre de taille ou de marbre, elles ne sont comptées que pour la moitié du toisé des tables et moulures de relief, parce qu’aux tables et moulures de relief en bossage hors le corps de l’ouvrage, la matière étant augmentée, il faut en tenir compte dans le prix des saillies d’architecture, au lieu qu’aux tables renfoncées, leurs moulures ne sont toujours que pour façon ; c’est pourquoi dans le toisé on ne les compte que pour la moitié de ce que l’on compte les tables et moulures saillantes, lorsque les marbres, ou la pierre sont compris dans le prix des saillies.
40.
Les pilastres aux ordres d’architecture et les dosserets saillants hors le parement des murs sont toisez de ce
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que contient la saillie de l’un de leurs côtés jointe à la moitié de la largeur de leur face courament sur la hauteur, ainsi qu’il a été expliqué cy devant.
Description
41.
Les pilastres et autres petits avant corps aux manteaux et attiques des cheminées et autres semblables faisant retour des deux côtés, sont comptez pour trois quarts de pied, à cause de leurs trois faces, ab, ac, cd.
Description
42.
Les mêmes pilastres et petits avancorps posez sur un angle saillant, ne faisant retour que d’un côté, n’étant considéré que sur les deux faces, ab, ac, sont comptez pour 1/2 pied courant sur leurs hauteurs, parceque la face du côté, ab, n’est pas comptée ; mais si le pilastre avoit une face et un retour par le côté, ab, qu’il y eut un arrière corps, comme par le devant, il seroit compté de quatre faces, et compté pour un pied courant sur la hauteur.
43.
Les mêmes pilastres faisant retour des deux côtés, ravallez avec une baguette au pourtour du dedans du ravallement, fig. 63 se comptent pour 2 pieds 1/4 courant sur la hauteur de toute la face, bc, qui n’est comptée que pour 1/4 de pied, chaque baguette pour 1/2 pied, et les quatre autres petites faces des retours du dedans, ab, c, d, et du dedans des listeaux chacun pour 1/4 de pied, le champ du milieu, e, f, étant considéré comme le parement du mur, n’est point compté ; s’il y avoit une autre moulure différente aux ravallements de plâtre, elle seroit comptée à proportion de son profil.
Description
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44.
Les pilastres ravallez, fig. 64 à un angle saillant, ne faisant retour que d’un côté, sont comptez pour 2 pieds courants sur leur hauteur, la face en retour de l’angle, ba, étant considérée comme le parement de la costier du corps de l’ouvrage ne se compte pas.
Description
45.
Aux retours du haut et du bas des moulures du ravallement des pilastres contenus aux deux derniers articles, la face des listeaux du haut et du bas ne se compte pas, il n’y a que l’épaisseur de la saillie intérieure du listeau, qui se compte pour 1/4 de pied, et de l’astragal [sic.] pour 1/2 pied courant sur la largeur du champ du ravallement, s’il y avoit d’autres moulures, elles seroient comptées selon leurs profils.
46.
Aux corniches, plaintes, et autres parties d’architecture de cette espèce qui servent de couronnement, l’on toise leurs pourtours au dessus de la première moulure du bas au nud des murs,
ou
Changement de main
à l’encre noire en dessous
des parements des côtés qu’elle couronne ; l’on toise de même suivant l’usage ordinaire le pourtour des bazes et des moulures des soubassements au nud des murs ou des parements des côtés qu’elles soutiennent au dessus de la moulure du haut, tant aux retours des angles saillants que des angles rentrants, et l’on ne compte point la plus grande longueur des moulures d’en haut, des corniches et plaintes, ni des moulures du bas des bazes et soubassements au pourtour des angles saillants, et on ne diminue rien aussi pour la
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moindre longueur de leurs pourtours aux angles rentrants, ce qui n’est pas juste, on devroit prendre leurs pourtours par le milieu entre le haut et le bas de leur saillies, tant aux angles saillants, qu’aux angles rentrants, mais il faut se conformer à l’usage.
47.
Il n’est pas ainsi au toisé des quadres quarrés ou ronds, et aux archivoltes, l’on mesure le pourtour de leurs moulures par le milieu de leurs largeurs, ensorte que la plus grande longueur des moulures du dehors est compensée pour la moindre longueur des moulures du dedans.
48.
Les canelures, a, des colomnes et des pilastres, fig. 65, 66 sont comptées pour 1/2 pied courant, comme les scoties, sur leurs hauteurs depuis l’extrémité de leur ceintre du bas, jusqu’au sommet de leur ceintre du haut ; les côtés, c, entre deux ne se comptent point, parcequ’ils font une partie du parement du nud du pilastre, ou de la colomne ; les moulures, b aux colomnes doriques sont aussi comptées chacunes pour 1/2 pied courant sur leurs hauteurs.
Description
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49.
Aux piédroits des portes et des fenêtres, fig. 67 ornez d’un bandeau, étant simples se comptent pour 1/2 pied courant, à cause de ses deux faces, ab, bc, la face du
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tableau n’etant pas comptée, lorsque les murs sont toisés tant pleins que vuides ; mais quand on rabbat les vuides, le tableau, c, d, et l’embrazement, f, g, sont toisés pour façon de parement de la largeur qu’ils ont sur leurs hauteurs et la feuillure est comptée pour 1/2 pied courant sur la hauteur et le pourtour de la plattebande du haut à cause de ses deux faces, de, ef ; quand les retours de la feuillure et l’embrazement ne sont point d’alignement et font un petit coude au point, f, qui les distingue en deux faces, et lorsque le parement est continué jusqu’au fond de l’angle de la feuillure, la feuillure ne se compte que pour 1/4 de pied courant sur la hauteur, d, e ; s’il y avoit une double feuillure, comme il se pratique quelques fois pour faire briser les volets des croisées dans les embrazemens, l’on compteroit chaque face de la double feuillure pour 1/4 de pied courant de façon de parement.
50.
Aux pieds droits que le bandeau à ses retours sépare du tableau, fig. 68 sera compté pour 3/4 de pied de saillie d’architecture courant sur la hauteur à cause de ses trois faces, ab, bc, cd ; le champ, d, e, sur le bord du tableau ne se compte point, étant considéré être le nud du parement du mur, le tableau, la feuillure, et l’embrazement se compte comme en l’article 49.
51.
Le chambranle a, b, c, d, e, aux piédroits sera compté pour 2 pieds courant sur la hauteur, fig. 69. La bande, e, étant plus enfoncée que le nud du parement du mur se compte pour une face, la bande, d, le talon, c,
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chacun pour deux faces et le listeau, b, pour trois faces, le grain d’orge qui sépare le talon du listeau ne se compte point, ainsi qu’il est expliqué en l’article 29.
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[Chapitre 17]
Chapitre XII.
Des ornements d’architecture

1.
Il y a deux espèces d’ornements qui servent à la decoration des édifices, sçavoir les ornements d’architecture et les ornements de sculpture ; ces derniers sont répandus en rinceaux, fleurons, palmettes, entrelas avec goderons et autres sortes, quelques-uns se peuvent réduire à toise courante sur des prix différents selon leur qualité, comme sont les olives, entrelas et autres qui sont taillez sur des moulures et se varient en tant de manières qu’ils ne peuvent être réglez que par estimation. Les ornements d’architecture sont composez de faces, lices, et se taillent comme les moulures, dont on peut prescrire les règles pour les toiser à proportion de leurs façons ; c’est de ces sortes d’ornements d’architecture qu’il est parlé dans ce chapitre lesquels sont comptez dans ce toisé en saillie d’architecture.
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2.
Au profil d’un entablement dorique, fig. 70 les triglifes se toisent 1°. Sur leurs hauteurs, ab, compris leurs chapitaux à prendre du dessous du listeau de l’architrave ; jusque sous le talon du bas de la corniche, et l’on compte ensuite chaque face du chamfrin, c, de leurs canelures pour 1/4 de pied courant sur la hauteur de ces canelures. 2°. Chaque goutte, d, dans l’architrave au dessous des triglifes se compte pour 1/2 pied d’architecture ; le filet, e, qui sert de chapitau aux gouttes est compté pour 1/2 pied courant sur la longueur, et l’on compte chaque petit retour des bouts pour 1/4 de pied. 3°. Les denticules simples, f, se comptent chacune pour 1/2 pied de saillie d’architecture, après que la bande en laquelle ils sont taillez, a été comptée comme moulure pour 1/2 pied courant sur la longueur ; la face du fond entre les denticules étant la même que celle du filet au dessous qui est aussi compté dans le toisé des moulures, il ne reste à compter pour les denticules que les deux petites faces de leurs côtés, chacune pour 1/4 de pied. 4° Lorsque l’on observe un petit filet dans le fond des entredenticules l’on compte ce filet de chaque entredenticules pour 1/4 de pied ; il semble que l’on devroit compter ces petits filets pour 1/2 pied courant sur leurs longueurs, à cause de la difficulté de les observer. 5° Les pezons ou gouttes circulaires, h, sous le sophite du larmier des corniches doriques sont comptez chacun pour 1/2 pied d’architecture. 6°. Les faces, j, l, du recreusement des côtés de la table qui renferme les pesons, et les autres tables renfoncées, sont comptées pour 1/2 pied courant dans leur longueur.
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Description
3.
Les mutulles doriques, m, fig. 71 se comptent chacune pour 4 pieds d’architecture à cause de leurs grandeurs ;
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la bande quarrée du fond entre les mutulles se toisent pour 1/2 pied courant dans toute sa longueur, comprise la face de sa saillie au dessus, sans rien rabbattre pour les endroits des mutulles, et les talons, n, qui couronnent les mutulles se toisent à part pour 1/2 pied courant dans tout le pourtour du fond des côtés, et du fond entre les mutulles.
Description
4.
Lorsqu’il y a des tables renfoncées sous le sofite du larmier entre les mutulles, leurs champs et leurs pourtours des moulures qui les environnent sont toisés, comme il a été expliqué cy devant pour les autres tables renforcées.
5.
Les modillons ioniques, o, fig. 72 qui sont taillés par le dessous en forme de doucine recreusée et degagée se comptent pour 5 pieds d’architecture.
6.
Les renfoncemens des quadres, p, sous la sofite du larmier entre les modillons se toisent pour 1/4 de pied courant dans leurs pourtours, et le champ du milieu pour 1/4 de pied courant.
7.
Les bossages des roses, q, se comptent chacun pour un pied lorsqu’ils sont listes [sic.], et pour 2 pieds lorsqu’ils sont galbées.
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8.
La moulure, s, qui sert de couronnement aux modillons se compte pour ce qu’elle contient courament dans tout le pourtour du fond et des côtés des modillons et du fond entre deux.
9.
La bande du fond des modillons se compte pour 1/2 pied courant dans toute sa longueur.
Description
10.
Les modillions [sic.] corinthiens, t, fig. 73 lorsqu’ils sont galbées, comme à l’exemple précédent, se comptent chacun pour 6 pieds d’architecture… Leurs quadres renfoncez sous les sofites du larmier entre les modillons, les bossages des roses, la moulure qui couronne les modillons, et la bande du fond, se comptent, comme il est expliqué cy dessus.
Description
11.
11. Les mutulles aux modillons de l’ordre composite, fig. 74
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se comptent chacune pour 4 pieds d’architecture, leur nud se prend à la première bande du bas, s ; l’autre bande avec les moulures au dessus et au dessous, pour ce qu’ils contiennent d’architecture ; dans tous les pourtours du fond des côtés, et du fond entre deux modillons, les bossages des roses, les quadres renfoncez sous le larmier, se comptent, comme il est expliqué cy dessus, en parlant des autres ordres.
12.
12. Les bandes du bas au fond des modillons se toisent dans toutes leurs longueurs sans rien rabattre pour la place des modillons, pour 1/2 pied courant.
13.
Les bossages qui se font aux clefs et claveaux des voussoirs des arcades et plattesbandes [sic.] pour y tailler des ornemens de sculpture, ou pour rester lisse, se toisent comme saillies d’architecture.
Description
14.
Si la clef, t, fig. 75 saille plus que les claveaux des côtés, u, x, on mesure la largeur de la tête de la clef réduitte par le milieu, et l’on ajoute un quart de chaque côté pour la saillie, lorsque cette saillie est moins de trois pouces ; mais si elle
est
Changement de main
à l’encre noire en dessous
de plus de trois pouces, on mesure
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le pourtour de la face et des côtés, que l’on multiplie par la hauteur et la superficie, se compte à raison de 36 pieds pour une toise de saillies d’architecture. Les claveaux ou voussoirs, u, x, se toisent chacun par la largeur de leurs faces d’un retour de leur saillie sur leur hauteur comme la clef.
Description
15.
Les bossages pour les consolles se toisent dans le pourtour de leur face, Y fig. 76 et des retours, z, de leurs côtés réduits du fort au foible, multiplié par leur hauteur, leur superficie se compte comme saillie d’architecture, lorsque ces sortes de bossages sont par redans, comme, Y, &, l’on mesure chaque partie des redans à part, chacun pour ce qu’il contient de superficie, par leurs faces et leurs côtés, et l’on ne toise point leurs saillies par le dessus ni par le dessous.
Description
16.
Tous les ornements et saillies d’architecture se pouront réduire en toises, et se compter suivant les méthodes expliquées cy dessus.
17.
Suivant les us et coutumes de Paris l’on ne fait point distinction des grosses et des petites moulures, non
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plus que des grands et petits modillons, et autres ornements d’architecture, tous se toisent égallement suivant leurs profils, et les grandes ne produisent pas plus que les petites ; on devroit du moins y avoir égard dans les prix, et mettre de la différence pour la valleur entre les saillies d’architecture des façades des grands édifices que des petits, où les moulures sont fort petites, et contiennent moins de matière, ce qui cause un abus considérable parmi les ouvriers qui font quelques fois plus de moulures aux petites corniches des cheminées et du dedans des chambres qui n’ont que quatre ou cinq pouces de hauteur, qu’il n’en conviendroit à des corniches d’entablement de deux pieds de hauteur, de sorte que pour augmenter le toisé, il faut des filets, des astragalles, et d’autres moulures si petites qu’il n’est pas possible de les connoitre d’où elles doivent être vues ; dans ce cas il y auroit de la justice à les réduire dans le toisé, non pour ce qu’elles sont, mais pour ce qu’elles doivent être dans le bon goût d’architecture.
18.
Quoique les pilastres et les colomnes des ordres d’architecture soient compris dans le genre des ornemens, néanmoins, comme ce sont des corps solides qui servent à porter des parties d’édifices, comme les murs, ainsi à l’égard des pilastres, leur toisé se fait comme celui des éperons, ou des pilliers isolés, c’est-à-dire, qu’aux pilastres qui sont addossez contre les murs, l’on joint la mesure de la saillie, ab, fig. 77 avec la moitié, b, c, de la face bd, au nud du bas du fust que l’on multipliera
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par la hauteur depuis le dessous de la baze jusqu’au dessus du chapiteau, que l’on réduit à toise superficielle en murs, dont l’épaisseur est la largeur de la face, a, b.
Description
19.
Aux pilastres isolez, a, b, c, d, l’on joint ensemble les mesures des deux faces, ab, bc, fig. 78 que l’on multiplie par toute la hauteur, comprise la baze et les chapiteaux ; et on les compte en mur de l’épaisseur d’un diamettre de la colomne, a, b, fig. 79.
Description
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20.
Pour les colomnes engagées dans les murs, fig. 80 l’on joind leur saillies, c, d, hors le corps des murs, par le bas avec un demi diamettre, a, c, que l’on multiplie par la hauteur ; comme ici 10 pieds de haut, 26 pouces de pourtour et un pied de demi diamettre font 3 pieds 2 pouces, ce qui produit 30 pieds 1/8.
Description
21.
Les moulures du bas et du haut des colomnes et des pilastres et de leurs chapitaux se toisent selon leurs profils, ainsi qu’il a été expliqué au chapitre précédent à compter sur leurs pourtours du nud du fust, à la réserve des moulures des tailloirs des chapitaux, dont le pourtour se prend sur l’arrête inférieure de leurs mulures [sic.] du bas et les bossages pour les volutes et feuillages se compte aussi en saillies d’architecture, ainsi qu’il a été expliqué en l’article 15.
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[Chapitre 18]
Chapitre XIII.
Du toisé des légers ouvrages

1.
L’on nomme légers ouvrages tous les menus ouvrages faits de plâtre, comme les manteaux, tuyaux, souches des cheminées, aires des planchers, plafonds, la maçonnerie des cloisons et pans de bois, les ravallemens, enduits, corniches, quadres, scellements et générallement toutes sortes d’ouvrages de maçonnerie faitte en plâtre.
2.
Dans tous les ouvrages de maçonnerie il se commet bien des abus dans le toisé, mais singulièrement dans les légers ouvrages. Le toisé des autres ouvrages est établis sur des principes de géométrie, ou sur des règles de proportion ; mais le toisé des légers ouvrages étant arbitraire, n’a point d’autres règles que l’usage et la coutume qui varient et s’eccartent souvent de la justice. Par exemple aux cloisons creuses qui sont lattées et recouvertes de plâtre des deux côtés, l’on compte une toise quarrée en superficie de ces cloisons pour deux toises de légers ouvrages. Aux cloisons ourdées pleines avec platras et plâtre entre les poteaux, lattées des deux côtés à quatre pouces de distance du milieu d’une latte au milieu de l’autre latte qui est environ tant plein que vuide, crépis et enduits de plâtre des deux côtés, l’on ne compte qu’une toise superficielle pour une toise de légers ouvrages ; cependant il y a les mêmes recouvremens de plâtre des deux côtés,
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et s’il y a le double de lattes aux cloisons creuses, il s’emploie beaucoup plus de plâtre aux cloisons ourdées pleines, le tems des ouvriers est à peu près égal aux unes et aux autres, de sorte que le tout compensé, les cloisons creuses, et les cloisons pleines coûtent pareilles dépenses, et l’une est païée suivant les us et coutumes de Paris le double de l’autre… Un autre exemple, aux cloisons pleines et recouvertes des deux côtés, lorsqu’il s’y rencontre des bayes de portes ou de fenêtres, dont les bois des tableaux, lintaux et appuis sont en bois apparent, l’on rabbat la grandeur de l’ouverture de la baye du toisé de la cloison ; et quand les bois des tableaux, lintaux et appuis sont recouverts de plâtre, l’on compte les bayes comme pleines, sans rien rabbattre pour le vuide… supposé que cette baye soit de 4 pieds de large sur 9 pieds de haut, elle est comptée pour une toise de légers ouvrages, et si l’on en faisoit le toisé selon l’équité à proportion de l’ouvrage de cette baye, le recouvrement des tableaux, lintaux et appuis qui contiennent ensemble 26 pieds de pourtour, sur 6 pouces de large, faisant 13 pieds en superficie de lattes et recouvrement, lequel étant compté trois pieds pour un pied de légers ouvrages, ainsi la huitième partie d’une toise est comptée pour une toise dans la baye de cette cloison… Ces deux exemples suffisent pour faire connoître la disproportion et les abus qui se sont glissé dans le toisé des légers ouvrages, un peu
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plus, un peu moins, selon que la pratique les a introduit. Cependant il faut suivre cette manière de toiser les légers ouvrages quelqu’abusive qu’elle soit, puisqu’elle passe aujourd’hui pour une loi selon les us et coutumes de Paris, dans lesquelles le toisé des bâtiments est compris. Ainsi tout ce qui est dit dans ce chapitre est précisement conforme à la pratique des us et coutumes de Paris sans y rien changer ni retrancher.
§ I.
Du toisé des languettes de plâtre
1.
Toutes les languettes des manteaux, tuyeaux et souches de cheminées, tant à plomb que rempantes doivent être pigeonnées de plâtre pur, et les pignons doivent avoir au moins deux pouces d’épaissseur, de sorte qu’étant enduites dedans et dehors, elles aient trois pouces d’épaisseur, alors une toise de languettes est comptée pour une toise superficielle de légers ouvrages.
2.
Quand les languettes pigonnées [sic.] ne sont enduites que d’un côté, une toise superficielle de languette n’est comptée que pour 3/4 de toise de légers ouvrages… Les languettes de plâtre qui ne sont que pigonnées sans être enduites des deux côtés sont comptées deux toises superficielles pour une toise de légers ouvrages.
3.
L’on ne doit point faire de languettes de plâtre plaquées sur des planches que l’on ôte tant rempantes qu’à plomb, parce qu’elles sont sujettes à se jerser et fendre, ce qui est dangereux pour cause des incendies, mais supposé qu’il
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s’en fasse quelqu’une mal à propos, elles ne doivent être comptées, enduites des deux côtés que pour 3/4 de toise de légers ouvrages.
4.
L’on doit observer de mettre des fantons de fer scellés dans les murs et accrochez les uns aux autres dans le pourtour des languettes de distance en distance sur la hauteur, lequels fantons doivent être fournis par le propriétaire des bâtiments, et s’ils sont fournis par l’entrepreneur de la maçonnerie, on doit les peser avant de les emploïer et lui païer ces fantons à part au delà du toisé des languettes, mais leur scellement est compris dans le toisé et n’est point compté.
5.
Les languettes des manteaux, tuïaux et souches des cheminées se toisent dans leur pourtour et les languettes de refante des dits tuïaux de pareille construction se toisent dans œuvre.
Une souche de cheminée isolée qui auroit trois tuyaux devoïés à côté les uns des autres, contenant trois pieds de face chacun par le devant, et par le derrière 15 pouces d’épaisseur par les côtés du dehors en dehors, le pourtour sera de 23 pieds que l’on multipliera par la hauteur de la souche.
Description
6.
Aux souches de cheminées qui sont terminées dans le haut par une plainte avec un amortissement en chamfrin au dessus, et une saillie rempante par le dedans, ce que l’on nomme fermeture, leur hauteur se mesure depuis l’arrête du dessus de la plainte du haut jusqu’au bas
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qui se prend pour l’ordinaire du dessus du plancher du grenier au bâtiment, et l’on augmente 6 pouces sur la hauteur pour la fermeture dans tout le pourtour des languettes.
7.
S’il y avoit un larmier par le haut de la souche (ce que l’on doit éviter, parce que ces sortes de larmiers n’aïant pas de liaison avec le corps de la souche, ils sont plus nuisibles qu’utiles, étant sujets à se détacher) l’on mesureroit la hauteur de la souche, à prendre du dessus de la plainte sous le larmier, et l’on y ajouteroit 6 pouces de haut pour la fermeture ; à l’égard du larmier il seroit compté à part pour un pied courant, avec les autres saillies d’architecture toisées dans leurs pourtours extérieurs au nud de la souche.
8.
Lorsque les enduits des souches de cheminées est fait avec plâtre rougis et les joints pour marquer les assises et liaisons des briques feintes remplies de plâtre blanc, l’on toise le briquétage à part que l’on réduit à 4 toises superficielles pour une toise de légers ouvrages en plus valleurs au delà du toisé de la souche.
9.
Les tuïaux rempans se toisent dans leurs pourtours pris d’équaire par le milieu de leur hauteur.
10.
Quant au toisé des manteaux de
Description
cheminée, l’on mesure le pourtour de leur corps par le haut, en rabbatant demi pied pour deux épaisseurs de languettes aux retours des costiers, l’on mesure ensuite la saillie
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de chaque jambage hors le corps du mur sans demie face, et la largeur du vuide sous la plattebande entre le dedans des jambages, l’on additionne toutes ces mesures dont on prend la moitié que l’on multiplie par la hauteur depuis le dessus du quarreau du plancher inférieur, jusque sous le plancher supérieur, chaque toise superficielle se compte pour une toise de légers ouvrages. Par exemple, un manteau de cheminée dont la face du corps au dessus de la tablette auroit 4 pieds de large et chaque costier un pied de saillie, seroit compté pour 5 pieds 1/2 de pourtour, l’épaisseur des languettes étant rabbatue à chaque retour, les jambages aïant chacun 18 pouces de saillie, non compris leur demie face et la largeur du vuide entre les jambages de 4 pieds, fait tout ensemble 7 pieds, parce que les épaisseurs des jambages ne se comptent pas, étant rabbatus par les retours qui sont mesurez jusqu’à l’arrête de leur face, ces deux pourtours du haut et du bas contiennent ensemble 12 pieds 1/2 dont la moitié est 6 pieds 1/4 pour le pourtour commun qu’il faut multiplier par toute la hauteur du manteau, l’on ne rabbat rien pour le vuide de l’ouverture de la cheminée au dessous de la plattebande, l’on ne compte rien aussi pour la saillie de la tablette.
11.
Lorsque le tuïau de la cheminée se devoie par le côté, l’on toise le manteau tout entier, comme s’il n’étoit pas devoïé, et l’on toise ensuite ce qui sort du manteau devoïé par la hauteur de sa face d’une costier prise de niveau au droit du milieu da sa hauteur, en rabbatant une épaisseur au retour de sa costier.
Description
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12.
Quand il se trouve un vuide entre deux tuïaux de cheminée pour le passage des solives, des pannes, et faîtages, ou autrement qui causent deux languettes de refante séparée par le vuide, et buchée par la languette de face, pour l’ordinaire les deux languettes de refante et la languette de face ne sont point enduites par le dedans du vuide, l’on doit prendre le pourtour intérieur pour en rabbattre l’enduit, qui n’est point fait à raison de 4 pieds pour un de légers ouvrages dans le toisé de ces tuyeaux.
13.
L’on compte pour 1/4 de pied courant en légers ouvrages les tranchées que l’on fait aux vieux murs pour les liaisons des languettes et le scellement des frontons, tuïaux, manteaux et jambages de cheminée que l’on y adosse, compris le scellement des manteaux de fer. Mais lorsqu’on adosse les manteaux et tuïaux de cheminée contre un mur neuf, fait pendant la construction du bâtiment, l’on ne compte point les tranchées faites pour les liaisons des languettes, scellements des frontons et manteaux de fer.
14.
Aux tuïaux de cheminée mis dans les épaisseurs des murs, lorsque l’on rabbat les vuides, on toise la largeur de la languette de face prise quarrément, en y ajoutant la moitié de chaque côté des épaisseurs du vuide du tuïau aux deux bouts sur leur hauteur, et s’il reste une partie du mur au derrière des tuïaux, l’on compte cette portion de mur à proportion de son épaisseur et selon sa quantité.
15.
Quand l’on ne rabbat point les vuides des murs où passent les cheminées, les languettes des tuïaux passant
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dans leur épaisseur ne sont point comptées quelque quantité qu’il y en ait l’une devant l’autre, ni même la portion de la partie de mur qui resteroit par derrière les tuïaux, le mur étant seulement compté plein de toute son épaisseur à cet endroit, comme dans le reste de sa longueur.
16.
Si les tuïaux excédoient l’épaisseur du mur, l’on toiseroit à part la languette de face et les autres qui seroient hors le corps du mur ; mais si la languette de face de ces tuïaux excédoit l’épaisseur du mur moins que n’est l’épaisseur ordinaire d’une languette, on réduiroit cette saillie en la toisant à la proportion que doit avoir une languette ordinaire de même qualité ; par exemple si c’étoit une languette de plâtre dont l’épaisseur doit être de 3 pouces, et qu’elle excedât le parement du mur d’un pouce et demi, l’on réduiroit deux pieds en superficie pour un pied de légers ouvrages, et si elle excédoit de deux pouces, trois pieds en superficie seroient comptez, pour deux pieds de légers ouvrages.
17.
Aux manteaux de cheminée dont le haut audessus de la tablette est renfoncé dans l’épaisseur du mur, ensorte que le parement de la ligne de face n’excède point le parement du mur, l’on toise la saillie des deux jambages hors le corps du mur par le côté sans demie face et la largeur du vuide de la face entre deux non compris les épaisseurs des jambages que l’on multiplie par la hauteur du dessus du quarreau jusqu’à l’arrête du haut de la face de la plattebande.
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18.
Il n’en est pas de même aux manteaux de cheminée rangée d’alignement entre les tuïaux, dont le corps du haut du manteau n’excède pas les languettes de face des tuïaux, n’y aïant que les jambages et la tablette qui excède ; l’on toise la face des manteaux avec celle des tuïaux et les costiers du manteau, comme languette de refante, sans rien rabbatre pour le vuide du bas du manteau, l’on toise seulement à part les saillies des jambages hors la face des tuïaux et leurs demiefaces [sic.] sur leur hauteur au dessus du quarreau jusqu’à l’arrête du dessus de la tablette, sans rien compter pour la saillie de la plattebande entre deux, laquelle est compensée pour ce qui règne de la face du manteau dans l’épaisseur du plancher du bas, parce que le manteau est toisé sur la hauteur des tuïaux des côtés qui sont comptez dans l’épaisseur du plancher.
19.
Aux renfoncemens des tuïaux de cheminée faits dans les vieux murs ou dans les murs neufs par changement
Abréviation : changemt
après leur construction, pour mettre les tuïaux dans l’épaisseur du mur, l’on toise le pourtour du fond et des costiers du renfoncement étant renfourni et enduit de plâtre sur la hauteur que l’on réduit à deux toises pour une de légers ouvrages, et les languettes de face et de refante de ces tuïaux renfoncez faittes en plâtre, se toisent comme cy dessus, dans leur pourtour sur leur hauteur, sans y compter des tranchées pour leur liaisons dans le mur.
20.
Les fausses hottes que l’on fait quelques fois en dedans
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des manteaux de cheminée se toisent dans leur pourtour réduit par le milieu sur leur hauteur rempante en ce qui est entierrement séparé du manteau, leur produit se réduit aux trois quarts, c’est-à-dire, 4 pieds de superficie pour 3 pieds de légers ouvrages, à cause que les fauces hottes ne sont point enduites par le dedans.
21.
Aux grandes cheminées de cuisine l’on toise les jambages à part dans leurs largeurs ou saillies hors le corps du mur réduit du fort au faible, comprises les demies faces de leurs épaisseurs, sur la hauteur depuis le bas de leur fondation, jusque sous la platte bande de la hotte, et la hotte se toise ensuite en son pourtour par le milieu, ou bien il faut prendre le pourtour du haut et du bas, et les additionner ensemble, la moitié de la somme sera le pourtour proportionnel de la hotte ; en rabbatant l’épaisseur des retours sur la hauteur depuis l’arrête du dessous de la plattebande jusque sous le plancher du haut pris suivant le rempant de la hotte, et s’il y avoit quelqu’une des faces qui fut beaucoup moins haute que les autres, l’on feroit pour trouer [sic.] la hauteur commune ; ce que l’on a enseigné pour le pourtour.
22.
Les contrecœurs de cheminée saillants hors le corps du mur se toisent à part sur leurs largeurs et hauteurs, on les compte lorsqu’ils sont faits de brique pour ouvrages de brique selon leur qualité, et lors qu’ils sont faits de tuilleaux, ils sont réduits à deux pieds pour un de légers ouvrages… lors que les contrecœurs des cheminées ne saillent
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point hors le corps des murs, ils ne sont point toisez en particulier, étant compris dans le toisé du mur. Aux cheminées où l’on met des plaques ou contrecœurs de fer, l’on compte le scellement des pattes qui tiennent la plaque ; aux cheminées ordinaires pour 3 pieds de légers ouvrages y compris le solin de plâtre au pourtour et les coulis de plâtre et poussiere qui remplissent les vuides au derrière ; quand les plaques sont extraordinairement grandes, on les toise à proportion.
23.
Lorsque l’on met des bandes de fer aux grandes cheminées au devant des contrecœurs, leur scellement se compte à part pour un pied de légers ouvrages à chaques bouts… Lorsqu’aux anciens manteaux, tuïaux et souches de cheminée l’on y scelle et encastre des fantons de fer pour en relier et retenir les parties fractionnées, l’on toise la longueur des fantons, et chaque pied courant est compté pour un pied de légers ouvrages, compris les scellements des crochets des bouts ; outre ce l’on compte les enduits et autres rétablissements faits aux tuïaux, manteaux, ou souches pour ce qu’ils sont.
24.
Les petits murs en fondation sous les jambages des cheminées ordinaire au rez de chaussée, sont comptez en légers ouvrages sur leur hauteur et largeur pour ce qu’ils contiennent.
§ II.
Du toisé des fourneaux, ou potagers
1.
Aux fourneaux, ou potagers l’on toise les petits murs des jambages, chacuns selon leur largeur sans demie face,
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et leur hauteur depuis le bas de leur fondation jusques sous le quarreau de dessus, et ensuite le pourtour des petites voûtes par le dedans sur leur largeur, lesquel doivent être remplies de maçonnerie de niveau par le dessus jusque sous le quarreau et le faux plancher, s’ils sont ourdez de plâtre pur et enduits dessus et dessous sur leurs longueurs et largeurs sans demies faces, mesurez dans œuvre, le tout à toise superficielle en légers ouvrages ou en brique, s’ils sont de brique.
2.
Quand les fourneaux sont adossés contre des vieux murs, où l’on fait des tranchées pour les liaisons des petits murs, voûtes et faux planchers, ces tranchées y compris le scellement de la barre ou ceinture, sont comptées pour un quart de pied courant dans tout leur pourtour en légers ouvrages… Ces tranchées ne sont point comptées aux murs neufs, quand les fourneaux se font pendant la construction du mur, alors on compte seulement les scellements de la ceinture par les deux bouts.
3.
Le quarreau du dessus des fourneaux se toise sur la largeur et longueur, deux pieds de superficie pour un pied de légers ouvrages, l’on ne rabbat rien pour la place des rechaux, au contraire l’on compte 3 pieds d’augmentation en légers ouvrages pour le scellement de chaques rechaux tant grands que petits.
4.
Quelques fois dans la pratique pour abréger le toisé, l’on toise le dessus des potagers sur leur longueur et largeur, et l’on compte 6 pieds superficiels pour une
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toise de légers ouvrages, tout compris même le quarreau du dessus, et l’on compte à part le scellement des rechaux, observant, lorsque les potagers sont adossez contre de vieux murs, que l’on augmente un quart de pied sur la largeur du dessus pour les tranchées des liaisons dans le mur, cette manière de toiser les potagers produit à peu près la même chose que l’autre manière de toiser en détail.
§ III.
Du toisé des fours.
1.
Les fours en général doivent être isolés des murs mitoïens plus ou moins quant à l’usage qu’on en fait ainsi qu’il est marqué dans l’article 190 de la coutume ; ceux à cuire du pain ou de la pâtisserie se font quelques fois sur des massifs pleins en fumée de murs au pourtour, ou bien l’on fait une voûte sur laquelle l’on construit l’aire et la chapelle du four, ce qui cause une différence dans leur toisé, ainsi les fours de quelque manière qu’ils soient faits se doivent toujours toiser par développement, en faisant distinction de chaque nature d’ouvrages, sçavoir ce qui est de pierre de taille, de moilon ou de brique, chacun selon sa qualité, et ce qui sera en légers ouvrages à part, observant que les petits murs de pourtour de la chapelle du four au dessus du massif ou de la voûte sur laquelle pose l’aire, se toisent dans leurs pourtours mesurez par le milieu de leur épaisseur sur leur hauteur et se compte selon leur épaisseur et qualité, la voûte de la chapelle du four se mesure par son diamettre et sa hauteur intérieure, comme les voûtes
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sphéroïde surbaissées, elle se compte lorsqu’elle est faite de tuilleaux, les reins remplis de niveau jusqu'au couronnement de son extradosse. Chaque toise superficielle pour une toise de légers ouvrages, compris les reins qui ne sont point comptez.
2.
L’aire du dedans du four fait avec terre jaune argilleuse ordinaire, et l‘aire de 4 pouces enduit de plâtre au dessus de son extradosse se mesurent chacun à part, ils sont l’un et l’autre comptez 3 pieds en superficie pour un pied de légers ouvrages, le carrelu [sic.] se compte à proportion.
3.
Les autres fours et fourneaux pour cuire le pots, carreaux, briques, tuilles, plâtes, chaux, les vernis, et autres sortes se toisent aussi chacun par développement en faisant la distinction de chaque nature d’ouvrages, dont ils sont construits.
§ IV.
Du toisé des planchers
1.
Avant que de détailler le toisé des différentes espèces de maçonnerie qui se pratiquent aux planchers, il faut observer que touttes les lattes qui y seront emploïées doivent être de cœur de chesne, neuve et entière chacune de toutte sa longueur, non coupées par morceaux, bien clouées par le dessus et par le dessous des solives ; c’est une mauvaise façon de couper les lattes pour les poser sur les entrenoues pour faire les aires de plâtre par dessus ; lorsque les aires des planchers sont faits de cette manière et qu’on les souffre
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par tolérance, l’on devroit en rabbattre un huitième du toisé du plancher.
2.
Les planchers, dont les solives rennées ou tigrées, et tamponnées, ourdées en plein enduit de plâtre, à bois apparent dessus et dessous, se comptent deux toises superficielles pour une toise de légers ouvrages.
3.
Les planchers ourdez en plein dans les entrenoues, comme en l’article cy dessus, non enduits par le dessus ni par le dessous, se comptent 4 toises pour une toise de légers ouvrages… mais lorsque les planchers sont ourdez en plein entre les solives enduits seulement d’un côté, à bois apparent et non enduits de l’autre côté, chaque toise superficielle est comptée pour 1/4 et 1/8 de toise de légers ouvrages.
4.
Les planchers ourdez en plein entre les solives, lattées à 4 pouces de distance du milieu d’une latte au milieu de l’autre et recouverts de plâtre par le dessous et enduits apparent par le dessus, se compte chaque toise superficielle pour 3/4 de toise de légers ouvrages ; et non enduits par le dessus pour 2/3de toise.
5.
Les planchers ourdez en plein dans les entrevous enduits à bois apparent par le dessous avec
un
aire de plâtre de 3 pouces par le dessus, se comptent de même, une toise superficielle pour 3/4 de toise de légers ouvrages.
6.
Les planchers ourdez en plein dans les entrevous lattez et recouverts de plâtre par dessous avec un aire de plâtre par le dessus, se compte une toise superficielle pour une toise de légers ouvrages.
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7.
Les planchers qui ne sont que lattez à latte jointive, clouez sur toutte les solives par le dessus, sans aire de plâtre dessus, ni enduits dessous, se comptent 4 toises superficielles pour une toise de légers ouvrages.
8.
Les planchers lattez à latte jointive clouée sur toutes les solives avec un aire de plâtre pur de 3 pouces d’épaisseur dressez de niveau par le dessus, ou enduits, et les lattes apparentes par le dessous, se comptent 2 toises superficielles pour une toise de légers ouvrages.
9.
Les planchers lattez à latte jointive avec un aire de plâtre enduit par le dessus, les lattes apparentes par le dessous sont comptées chaque toise superficielle pour 1/2 toise et 1/8 de légers ouvrages… Lesdits planchers enduits par le dessus et les entrenoues enduites et tirées par le dessous entre les solives apparentes par les côtés, sont comptées chaque toise superficielle pour 3/4 de toise de légers ouvrages, et quand l’aire n’est point enduit pour 1/2 toise et 1/8.
10.
Si les solives des planchers étoient de différentes hauteurs par le dessus, et que les aires eussent plus de 3 pouces d’épaisseur, l’on pourroit faire ces aires avec platras, plat ourdées à bain de plâtre pur, ces aires seroient comptées comme un aire de plâtre pur, et les entrenoues enduits pour 3/4 de toise.
11.
Aux planchers dont les entrenoues sont enduits et ravallez entre les solives par dessous et les solins entre
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les bouts des solives sur les poutres et sablières maçonnez 4 de ces solives sont comptées pour un pied de légers ouvrages.
12.
Les planchers tant droits sous les solives, que ceintrés sous des courbes, à latte jointive, ou pour le mieux à 4 ou 5 lignes de distance entre chaque latte, posée en liaisons crépis et enduits de plâtre, se compte une toise superficielle pour une toise de légers ouvrages.
13.
Aux planchers ceintrés et plafonnés par dessous, dont le dessus des lattes est recouvert de plâtre pur d’un pouce d’épaisseur en forme d’auget entre les solives ou courbes ; ces sortes de plafonds sont comptez chaque toise superficielle pour une toise et 1/8de légers ouvrages.
14.
Lorsqu’il y a des poutres et sablières lattées et recouvertes de plâtre par dessous et par les côtés aux planchers plafonnés, l’on toise le dessous des poutres et sablières avec le plafond, et l’on ne toise pas les faces des côtés, parce qu’il faut trois pieds de lattis et recouvrement pour un pied de légers ouvrages, ou le plafond.
15.
Aux planchers avec un aire de plâtre par le dessus et plafonnez par le dessous, lorsqu’il y a des poutres et des sablières, l’on ne compte pas les scellements des bouts des solives sur les poutres et sur les sablières, ces scellements étant confondus dans le toisé de l’aire, parcequ’il n’y a point de lattes au droit de la largeur des poutres et des sablières, et que les solins ne sont point enduits.
16.
La maçonnerie des âtres des cheminées, bandée en plein
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de toute l’épaisseur du plancher avec platras et plâtres dressez au niveau de l’aire par dessus, enduits par le dessous à l’affleurement des plafonds des solives et chevestres, lorsque les bois sont apparents, se toisent séparément chaque toise superficielle pour une toise de légers ouvrages, dont on fait déduction de la superficie dans le toisé des planchers de quelque manière que leur maçonnerie soit faite ; par exemple. Si les planchers étoient avec une aire de maçonnerie sur lattes enduits dessus et les entrenoues ravallées par le dessous, chaque toise superficielle seroit comptée pour 3/4 de toise de légers ouvrages ; supposé que le plancher contienne 12 toises en superficie, et que l’âtre contienne 12 pieds de 12 toises, il resteroit 11 toises 1/2 et 6 pieds, dont les 3/4 seroient 8 toises 1/2 9 pieds aux quelles on ajouteroit 12 pieds, il viendroit 9 toises, 3 pieds pour le toisé de ce plancher. Autrement si le plancher étoit plafonné et l’aire non enduit dessus, chaque toise superficielle seroit comptée pour une toise 1/2 de légers ouvrages, on ôteroit 6 pieds pour la place de l’âtre qui ne seroit comptée chaque pied, que pour un pied de légers ouvrages, la maçonnerie de ce plancher reviendroit à 17 toises 1/2 12 pieds.
17.
Au toisé de tous les planchers l’on rabbat le passage des tuïaux de cheminée, ainsi que des murs et cloisons de charpente qui passent dans les chambres.
18.
Le scellement des lambourdes pour poser des parquets ou des planchers maçonnez avec plâtre et platras en auget d’un bout à l’autre, se toise superficiellement
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sur la longueur et largeur des planchers, dont l’on compte deux toises superficielles pour une toise de légers ouvrages, en plus valleur de l’aire ou du simple lattis qui se trouvera au dessus, en déduiront les âtres et foyers et les autres vuides.
19.
Les anciens aires de planchers hachez et rechargez avec plâtre pur de niveau, ou avec platras et plâtre, enduits par le dessus sont comptez à trois toises pour une toise de légers ouvrages ; lorsque ces aires refaits de niveau sur les anciens planchers ne sont point enduits, mais disposés pour recevoir du quarreau sans poussière par le dessus, il en faut 4 toises superficielles pour une toise de légers ouvrages ; si les anciens aires des planchers sont seulement hachez et enduits de plâtre par le dessus, ils se comptent égallement.
20.
Les aires de moilon et mortier sur le terrain au rez-de-chaussée, dressez de niveau par le dessus prêts à recevoir le quarreau se toisent sur leurs longueurs et largeurs et épaisseurs, on les réduit au cube, ou à mur de 18 pouces d’épaisseur, comme les massifs, selon leur qualité.
21.
Les aires de petits moilons maçonnez à bein [sic.] de plâtre, dressez de niveau pour recevoir le quarreau au dessus des voûtes et de leurs reins faits à neuf, sont comptés 4 toises pour une toise de légers ouvrages, parce que les reins des voûtes doivent être dressez de niveau, ou à peu près. Les aires faits sur les anciens reins des voûtes se toisent, en les réduisant comme les aires faits sur le terrain.
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Les aires sur le terrein au rez-de-chaussée faits avec platras et plâtre de 4 à 5 pouces d’épaisseur, dressez de niveau, non enduits par le dessus, se compte chaque toise superficielle pour 1/4 de toise de légers ouvrages, et lorsqu’ils sont enduits de plâtres, ils se comptent pour 1/3 de toise. Mais c’est un fort mauvais ouvrage sujet à se salpêtrer et rendre le quarreau ou planches des planchers humides et les lieux inhabitables, les aires de moilon et mortier conviennent mieux sur le terrain.
§ V.
Du toisé des cloisons de charpente
et pan de bois en maçonnerie
1.
Les cloisons et pan de bois ourdez en plein entre les poteaux avec platras et plâtre sans être enduits d’aucun côté, sont comptez chaque toise superficielle pour 1/4 de toise de légers ouvrages, et l’on rabbat les vuides des bayes des portes et des fenêtres, la hauteur des entretoises et des sablières, lesquelles ne sont point comptées dans le toisé.
2.
Les cloisons et pans de bois ourdées comme dessus, enduites seulement d’un côté à bois apparent, sont comptées chaque toise superficielle pour 1/4 et 1/8 de toise de légers ouvrages, en y déduisant les bayes, les entretoises et leurs sablières.
3.
Les cloisons et pans de bois ourdées en plein et enduites
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d’après les poteaux à bois apparent des deux côtés, sont comptées deux toises superficielles pour une toise de légers ouvrages, l’on y rabbat les vuides des bayes et les faces des sablières et entretoises.
4.
Les cloisons et pans de bois ourdées en plein comme cy dessus, lattées à 4 pouces de distance du milieu d’une latte au milieu de l’autre latte, et recouvertes de plâtre d’un côté à bois apparent de l’autre, sont comptées chaque toise superficielles pour 3/4 de toise de légers ouvrages, l’on ne rabbat rien pour les sablières et entretoises, quand elles sont recouvertes comme le reste, l’on rabbat seulement les bayes des portes et fenêtres, quand les tableaux ne sont point recouverts ; mais lorsque les tableaux des poteaux, lintaux, feuilles
et
Changement de main
à l’encre noire en dessous
appuis sont lattez et recouverts de plâtre, l’on ne rabbat point le vuide des bayes.
5.
Les cloisons et pans de bois ourdéez plein, lattées et recouvertes des deux côtés, sont comptées chaque toise superficielle pour une toise de légers ouvrages, l’on y rabbat les vuides des bayes des portes et des fenêtres, quand les tableaux ne sont point recouverts ; mais s’ils sont recouverts dans tout leur pourtour, l’on ne rabbat point les vuides ; si les poteaux et lintaux étoient recouverts dans les tableaux et que les feuilles, ou appuis ne le fussent pas, l’on rabbateroit 1/4 du vuide de la baye, si les feuilles et lintaux n’estoient pas recouverts et que les poteaux le fussent, l’on rabbatroit la moitié du vuide, c’est-à-dire, que chacun des quatre côtés est compté pour 1/4 de la baye.
6.
À l’égard des cloisons et pans de bois creux qui ne sont point ourdez entre les poteaux, lattez à latte jointive
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d’un ou des deux côtez, crépis et enduits de plâtre au sac chaque côté est compté pour une toise de légers ouvrages, si les tableaux des portes et des fenêtres sont à bois apparent, on rabbat le vuide des bayes, mais lorsque les tableaux des bayes sont recouverts dans leur pourtour, on les compte pleins pour un des côtés, c’est-à-dire, que quand les pans de bois et cloisons sont lambrissez des deux côtés, chaque toise superficielle est comptée pour deux toises de légers ouvrages, et au droit des bayes chaque toise n’est comptée que pour une toise de légers ouvrages, si les feuilles et appuis n’étoient pas recouverts, l’on rabbatroit 1/4 de la baye, ainsi de même pour les lintaux et les tableaux des poteaux ; chacun pour 1/4 du vuide de la baye, comme en l’article précédent.
7.
Les cloisons de planches refandues par tringles éloignées tant plein que vuide, ourdées en plâtre pur entre les tringles lattées et recouvertes de plâtre des deux côtés, se comptent, une toise pour une toise de légers ouvrages, l’on rabbat les vuides des bayes et les faces des poteaux, lintaux et entretoises, et tout ce qui est apparent.
8.
Les recouvremens faits sur les anciennes cloisons et pans de bois ourdez en plein sur les cloisons de planches jointives, sur les poutres et autres bois vieux ou neufs lattez à 4 pouces de distance de milieu en milieu des lattes, crépis et enduits de plâtre, se comptent pour chaque face trois toises superficielles pour une toise de légers ouvrages.
9.
Les lambris rampants de pareille construction que les plafonds, faits sous les chevrons des combles sont comptez
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une toise superficielle pour une toise de légers ouvrages.
10.
Les exhaussements faits aux platras et plâtre au derrière du rempant des chevrons, sur les murs de face, enduits à plomb du parement du dedans des dits murs, se comptent deux toises superficielles pour une toise de légers ouvrages.
§ VI.
Du toisé des renfournis, crépis et
enduits.
1.
Les renfournis faits aux vieux murs, où il y a des fractions, moilons ruinés et degradés qu’il faut regarnir avec éclats de moilon et plâtre, crépis et enduits de plâtre, se comptent 3 toises superficielles pour une toise de légers ouvrages.
2.
Les crépis et enduits de plâtre faits au dedans des logemens, à quelques hauteurs qu’ils soient et par le dehors jusqu’à la hauteur de 12 pieds au dessus du rez de chaussée sur les vieux murs et cloisons, ou pans de bois et autres, soit qu’ils aïent été enduits ou non, les anciens enduits étant hachez au vif, crépis avec plâtre et enduits par le dessus, sont comptez 4 toises pour une toise de légers ouvrages.
3.
Les crépis et enduits dans les dehors au dessus de 12 pieds de hauteur, sont comptez 3 toises superficielles pour une toise de légers ouvrages, eû égard aux échaffauds.
4.
Les simples crépis faits avec plâtre sur les vieux murs et pans de bois sans être enduits, sont comptez six toises
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superficielles pour une toise de légers ouvrages. Les mêmes crépis faits dans les dehors au dessus de 12 pieds de haut, où il faut échafauder, sont comptez 4 toises superficielles pour une toise de légers ouvrages.
5.
Les enduits de plâtre faits sur les anciens lambris et recouvrement hachés jusqu’aux lattes où l’ancien lattis resert en reclouant quelques lattes, sont comptez 4 toises superficielles pour une toise de légers ouvrages.
6.
Les rétablissemens et enduits faits aux entrenoues des solives sous les anciens planchers, sont mesurez dans leurs longueurs, et réduits à 8 toises courantes pour une toise de légers ouvrages.
§ VII.
Du toisé des escaliers
1.
Aux escalliers de charpente lattez à latte jointive, posée en liaisons et clouée par le dessous de toutes les marches, ourdez entre les marches à plâtre pur, sans platras de l’épaisseur desdittes marches et enduits en bois apparent par le dessus, crépis, enduits, et ravallez par le dessous de la coquille, l’on toise le pourtour des girons en contournant tant le bois que la maçonnerie sur la largeur commune des marches, réduits du fort au faible ainsi qu’il a été expliqué pour les escalliers de pierre, il faut mesurer de niveau la longueur de toutes les rampes de chaque étage entre les murs des bouts, non compris les marches de pallier, ni les palliers, mesurant aussi de niveau la largeur des
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portions de l’échifre entre les rampes, à chaque retour ajoutant à ces longueurs et largeurs la hauteur de l’étage prise à plomb du dessous du pallier du bas au dessus du pallier du haut, ce qui donnera au juste le pourtour des girons et des côtés des marches, que l’on multipliera par la longueur commune des marches réduites du fort au faible ; mesurées chacunes par la face de leurs côtés entre l’échifre et le mur ; le produit sera le toisé de la superficie des marches de l’étage de l’escalier, dont chaque toise sera comptée pour une toise de légers ouvrages.
2.
Quelques ouvriers pour avoir la longueur commune des marches des rampes d’escalier, lorsqu’il y a des marches droites et des quartiers tournants, mesurent la longueur d’une marche demi angle seulement qui leur sert de mesure commune pour la multiplier par le pourtour des marches de tout un étage ; cette pratique vient aux anciens escalliers qui ont des rampes droites avec quelques quartiers tournants en retour auxquels il faut mesurer la longueur de toutes les marches de chaque étage l’un après l’autre, les additionner ensemble, en diviser la somme par le nombre des marches de l’étage pour avoir leur longueur commune.
3.
Lorsque le dessus des marches est carrelé, l’on toise le quarreau à part en ce qu’il contient de superficie, suivant sa qualité, déduisant la valleur de l’enduit dans le prix du quarreau, si le quarreau est fourni par l’entrepreneur de la maçonnerie ; mais quand le quarreau est fourni par le propriétaire et posé par le maçon en faisant l’hourdi, la pose du quarreau passe
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pour l’enduit sans rien diminuer ni rien augmenter dans le toisé de l’escallier ; si le quarreau est fourni et posé par le carreleur, l’on diminue au maçon la valleur de l’enduit non fait sur les marches.
Les palliers des escalliers se toisent ensuite sur leurs longueurs et largeurs par le dessus, compris le dessus des marches des palliers, et se réduisent en légers ouvrages selon leur qualité comme les planchers.
§ VIII.
Du toisé des chausses d’aisances
1.
Les chausses d’aisance, dont les pots ou boisseaux sont de terre cuite entierrement vernissée, ou plombée dans toute leur hauteur par dedans recouverts d’une chemise de plâtre pur et enduits par le dehors avec isolement du côté du mur mitoïen, sont toisées à toise courante sur leur hauteur, chaque toise est comptée pour une toise de légers ouvrages.
2.
Les chausses d’aisance de pareille potterie placées dans les épaisseurs des murs de moilon en les construisant, sont comptées chaque toise courante sur la hauteur pour 1/2 toise de légers ouvrages, et outre ce le mur est compté comme plein selon sa qualité.
3.
Les chausses d’aisance faites de tuiaux de plomb hors le corps des murs, entourées et recouvertes d’une chemise de plâtre pur de deux ou trois pouces d’épaisseur enduit par le dehors sont comptées chaque toise courante sur la hauteur pour 1/2 toise de légers ouvrages… mais si
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les chausses d’aisance de plomb sont enfermées dans l’épaisseur des murs de moilon en les construisant, elles ne sont comptées pour rien… Les chausses d’aisance enfermées dans les murs de pierre de taille avec plâtre dans les troux au pourtour des chausses, sont comptées chaque toise courante sur la hauteur pour 1/2 toise de légers ouvrages et l’on compte en plus valleur du mur les troux qui sont percez dans les assises de pierre de taille pour loger la chausse d’aisance par estimation selon la qualité de la pierre.
4.
Les ventouses d’aisance faittes avec des tuïaux de terre cuite de 3 ou 4 pouces de diamettre par le dedans recouvertes d’une chemise de plâtre pur, enduites par le dehors, sont comptées chaque toise courante sur la hauteur pour 1/2 toise de légers ouvrages, à commencer du dessous de la naissance de la ventouse dans le pot à deux de la chausse d’aisance.
5.
Les ventouses de potterie comme cy dessus enfermées dans l’épaisseur des murs de moilon en les construisant sont comptées chaque toise courante sur la hauteur pour 1/4 de toise de légers ouvrages.
6.
Lorsqu’il y a des sièges d’aisance en une partie de la hauteur de la chausse par le moïen d’un pot à deux avec un autre pot au dessus, séparez de la chausse pour former le siège, chaque siège de cette nature est compté pour 12 pieds de légers ouvrages, compris le scellement de la lunette de bois, et la maçonnerie de dessous. Lorsqu’il y a plus d’un boisseau ou pot de terre au dessus du pot à deux
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jusqu‘au dessus de la lunette au dessus du pot à deux qui forme le siège, l’on toise la hauteur depuis le bas du pot à deux jusqu’au dessus de la lunette et chaque pied courant sur la hauteur est compté pour 6 pieds de légers ouvrages, compris le scellement de la lunette et la maçonnerie du siège.
7.
La manière de toiser les chausses d’aisances, c’est qu’on n’a aucun égard à la grosseur des pots ou boissaux ; une chausse faitte avec des boissaux de 7 pouces de diamettre est comptée comme celle qui est faitte de boissaux de 11 pouces, ce qui n’est pas juste, l’on devroit compter la chausse à proportion de la grandeur des pots qui la composent, comme celle qui est faitte de pots de 9 pouces de diamettre, que nous toisons chaque toise courante sur la hauteur pour une toise de légers ouvrages, les autres plus grands ou plus petits devroient être toisez à proportion, ainsi que les ventouses.
§ IX.
Du toisé des mangeoires d’écurie
1.
Les mangeoires d’écurie se font en deux manières, l’une avec trois pièces de bois de charpente, dont deux sont par devant assemblées dans des racinaux au milieu et scellées par les deux bouts dans les murs, l’autre pièce de bois est dans le fond, ces pièces de bois sont ourdées et enduites à bois apparent par le devant et par le dessous rechargées de plâtre en auget dans le fond entre le mur et la devanture, cette manière de mangeoire se mesure sur la longueur,
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chaque toise courante est composée de 36 pieds et comptée pour 1/2 toise de légers ouvrages, et les scellements des bois à chaque bout sont comptez pour 3 pieds de légers ouvrages.
2.
L’autre manière de mangeoire est faitte de deux plattes-formes de charpente faisant toute la largeur et hauteur de la devanture et du fond joint en feuillure et recouvrement
Abréviation : recouvrmt
l’une sur l’autre posée et scellée dans des tranchées faittes dans les murs aux deux bouts et le fond dans une tranchée avec un solin de plâtre au long du mur ; l’on mesure la longueur du solin et tranchée du fond et le pourtour des tranchées et scellement de chaque bout, chaque toise courante est comptée pour 6 pieds de légers ouvrages.
§ X.
Du toisé des scellements
1.
Suivant l’usage des scellements, les poutres, solives, sablière, marches d’escalliers tant de pierre que de bois, platteformes, lintaux, pannes faîtages, ancre, tirands, harpons et autres gros fers pour retenir les murs et les pans de bois posez en mur neuf pendant la construction d’un bâtiment, ne sont point comptez hors du toisé des autres ouvrages, c’est-à-dire, que pendant la construction d’un bâtiment, tous les scellements marquez cy dessus, soit qu’ils soient faits en construisant les murs, l’on y ait laissé des troux, ou que les troux des planchers soient faits en posant châque pièce, ils sont censez être faits en construisant les murs, et ils ne sont point comptez… Il n’y a que les scellements de corbeaux de fer ou de bois qui soutiennent au long des murs les sablières
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qui portent les planchers, qui soient comptez dans les murs neufs, chacun pour un pied de légers ouvrages.
2.
Mais lorsque l’on fait des troux et tranchées après l’entière construction d’un bâtiment, par changement ou augmentation d’ouvrages, ou dans les anciens murs contre lesquels l’on adosse le bâtiment, les troux et scellements des poutres en murs de pierre de taille, se comptent pour douzes [sic.] pieds de légers ouvrages à chaque bout et en murs de moilon à chaque bout pour 9 pieds de légers ouvrages, compris les rétablissemens au pourtour faits à ce sujet, et s’il y est remis des assises de pierre de taille neuve aux jambes sous poutre, ou aux murs, on les compte en plus valeur selon leur qualité.
3.
Les troux, tranchers et scellements des solives, des chevestres, tant de bois que de fer, sablières des planchers et pans de bois, des marches d’escallier de pierre ou de bois, celle des palliers et autres semblables comme platteformes, pannes, liens et faitages faits en vieux murs sont comptez chaque scellement pour un pied de légers ouvrages, compris le rétablissement fait au pourtour à ce sujet.
4.
Les tranchées faittes dans les vieux murs pour poser et sceller des ancres, tirants, arponds, chaines, et autres gros fers, sont mesurez sur leurs longueurs y compris les épaisseurs des murs, au travers desquels ils passent, chaque pied courant est compté pour un pied de légers ouvrages et l’on ajoute un pied à chaque bout pour le scellement du crampon qui les retient dans les murs.
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5.
Les tranchers que l’on fait sous les plattebandes de pierre de taille des anciennes bayes de portes ou de fenêtres, pour y mettre des barres de linteaux de fer encastrées dans la pierre et regarnies de plâtre au pourtour, se comptent chaque pied courant mesuré entre les piédroits pour un pied de légers ouvrages, et outre les troux et scellements de la portée desdittes barres de linteau dans les piédroits sont comptez pour un pied de légers ouvrages à chaque bout, et les gros fers scellez dans les murs par les bouts, tant de pierre de taille que de moilons, sans y être encastré, chaque scellement est compté pour un pied de légers ouvrages.
6.
À l’égard des linteaux de bois que l’on met par sous œuvre à la place de ceux qui sont pourris ou cassés, ils sont comptez en légers ouvrages.
7.
L’encastrement des barres de fer sur les feuilles de pierre de taille des portes cochères et sur les premières marches des perrons dans les cours, se toisent dans leur largeur et pourtour, chaque pied courant pour un pied de légers ouvrages, chaque scellement de leurs bouts dans les murs ou piédroits et chaque trou pour le scellement de leurs gougeons dans la pierre sont comptez pour un pied de légers ouvrages.
8.
Les scellements des pattes et du pourtour des chassis dormants, dans les feuillures des gaches et crampons, des fermetures de croisée, ne sont point comptez en mur neuf, non plus que les scellements des gonds, gaches, crampons et mantonets des portes ordinaires, et le scellement des pattes des deux côtés des chambranles des portes à placard, lorsque les bayes ne sont point rabbatues, les murs
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étant toisé tant pleins que vuides, soit de moilons ou de pierre de taille. Mais lorsque les bayes sont rabbatues ou en vieux murs, chaque scellement des gonds, crampons, et mantonets des portes ordinaires ; est compté pour 1/2 pied de légers ouvrages.
9.
Aux croisées en vieux murs, ou lorsque le vuide des bayes est rabbatu, les troux et scellements de chaque patte en murs de pierre de taille se comptent chacun pour un pied de légers ouvrages, et en murs de moilon pour 1/2 pied, le scellement de chaque patte des chambranles des portes à placard, est comptée aussi sur le même pied, et les scellements du pourtour des chassis dormants des croisées dans les feuillures, et les racordemens au pourtour des chambranles des portes à placard en vieux murs, et aux bayes rabbatues, sont comptez 6 pieds courants pour un pied de légers ouvrages.
10.
Les troux et scellements des gros gonds des portes cochères en pierre de taille, sont comptez chacun pour 6 pieds de légers ouvrages ; et en murs de moilon pour 3 pieds.
11.
Les dosserets faits en plâtre, pour former la feuillure aux bayes des portes contre les murs, sont comptez un pied courant pour un pied de légers ouvrages, lorsqu’ils sont feuillez en arrête par le dehors, comme par le dedans ; et pour 1/2 pied courant s’ils sont en adoucissement par le dehors.
12.
En murs neufs, lorsque le scellement des croisées n’est pas compté, et qu’il tient lieu de remplissage de la baye, s’il y a des grilles de fer au devant, ou des doubles croisées
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ou contrevents, l’on compte à part ces sortes de scellement de grilles de fer, doubles croisées et contrevents pour ce qu’ils sont, et les scellements des traverses et barreaux des grilles de fer pour un pied de légers ouvrages à chaque bout, dans les murs de pierre de taille ou de moilon, et les barreaux qui sont en recouvrement sur les linteaux, ou en pans de bois de charpente, chaque bout de traverce ou barreaux sont comptez pour 1/4 de pied de légers ouvrages.
13.
Les scellements de toutes les pattes ordinaires des chevilles mantonets, crochets et autres scellements en général, faits en mur de pierre de taille, sont comptez chacun pour un pied de légers ouvrages et en murs de moilon chacun pour 1/2 pied.
14.
Les scellements des racineaux des mangeoires d’écurie, des pilliers au derrière des chevaux et des racineaux des barrières dans les cours et remises de carosses scellez dans la terre sous le pavé, avec moilons et plâtres ou mortier de chaux et sable, sont comptez chacun pour 6 pieds de légers ouvrages, comprise la tranchée et enlevement des terres pour la place des poteaux et de la maçonnerie du scellement, les petites entretoises assemblées dans les racinaux et scellées dans les murs sous la mangeoire sont comptez chacun pour un pied de légers ouvrages.
15.
Les scellements des grosses bornes de pierre de taille faits avec moilons, plâtre ou mortier, y compris les tranchées et enlevement des gravois, sont comptez chaque borne pour 9 pieds de légers ouvrages.
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16.
Les scellements du pourtour d’un chassis d’une trappe aux descentes des caves avec le rétablissement de la maçonnerie au pourtour, tant par le dessus que par le dessous, sont comptez pour 12 pieds de légers ouvrages, c’est-à-dire, chacun des 4 côtés pour 3 pieds.
17.
Les solins faits sur des hautvents de planches sont comptez chaque pied courant pour un pied de légers ouvrages.
18.
Les racordemens faits avec plâtre au long des murs, ou cloisons au pourtour des parquets et planchers de planches, sont comptez 6 pieds courants pour un pied de légers ouvrages.
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Section seconde.
Du toisé de la charpente

Chapitre Ier.
[Du toisé concernant la charpente]

1.
Le toisé des bois de charpente se fait au cube en un volume d’une certaine longueur et grosseur des bois.
2.
Anciennement les planchers des édifices publics des maisons royalles ainsi que des maisons particulières étoient faittes par travées de solives posées sur des poutres portées dans les murs en distances égalles ; pour l’ordinaire les solives de ces travées étoient de même longueur et grosseur ; on les comptoit au cent et l’on réduisoit par le calcul les poutres, menues et grosses pièces de bois des bâtimens, à la quantité de solives qu’ils pouvoient contenir ; cette manière de toiser et réduire les bois de charpente au cent de solives s’est continuée jusqu’à présent ; mais chaque païs à sa longueur et grosseur de solives particulière, ce qui rend les quantités des produits différentes, quoique la manière de toiser soit la même… À Rouen on compte les bois de charpente au cent de marque, et la marque contient 10 pieds de long sur 5, ou 6 pouces de grosseur… À Paris c’est au cent de pièces que l’on réduit les bois de charpente ; une pièce contient 12 pieds de long et 6 pouces de grosseur en quarré, et l’on compte les portions de pièces par pieds et pouces de longueur, sur 6 pouces de grosseur. 12 pouces courants font un pied, et 12 pieds courants font
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une pièce, ainsi un pied de longueur sur 6 pouces quarré font 6 pouces ; 2 pieds font 12 pouces ; 3 pieds font 1/4 de pièce ; 6 pieds font 1/2 pièce ; 9 pieds font 3/4 de pièce et 12 pieds de long font une pièce.
3.
Pour faciliter le calcul de la réduction du toisé des bois de charpente, l’on suppose qu’il soit réduit en échalâts d’un pouce de grosseur quarré sur 6 pieds de long, il en faut 72 de ces échalâts pour faire une pièce ; parce que la pièce étant de deux toises de long et de 6 pouces de grosseur quarrée, le bout de la coupe contient 36 pouces en superficie, qui font pour chaque toise 36 echalâts de 6 pieds de long, et pour les deux toises, 72 échalâts qui font la pièce ; en sorte qu’un échalât de 6 pieds de long et d’un pouce quarré produit 2 pouces de longueur de pièce ; 6 pieds de long de 3 à 4 pouces de grosseur quarrée produisent 2 pieds courants ou 1/6 de pièce ; 6 pieds de long de 4 pouces de grosseur quarrée, produisent 2 pieds, 1 pouce courant ; 6 pieds de long de 4 à 5 pouces quarré produisent 3 pieds, 4 pouces courant ; 6 pieds de long de 5 pouces quarré produisent 4 pieds, 2 pouces courant ; 6 pieds de long de 5 à 6 pouces de grosseur produisent 5 pieds courant ; 6 pieds de long de 6 pouces de grosseur produisent 1/2 pièce ; 6 pieds de long de
6 à 7
en dessous
pouces de grosseur produisent 7 pieds courants ; 6 pieds de long sur 7 pouces de grosseur produisent 8 pieds , 2 pouces courant ; 6 pieds de long de 7 à 8 pouces de grosseur produisent 9 pieds, 4 pouces
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courants ; 6 pieds de long de 8 pouces de grosseur quarrée produisent 10 pieds, 8 pouces courant ; 6 pieds de long de 8 à 9 pouces de grosseur produisent 12 pieds courant qui font une pièce ; 6 pieds de long de 9 pouces de grosseur quarrée produisent 13 pieds, 6 pouces, courant ; 6 pieds de long de 9 à 10. pouces de grosseur produisent une pièce, 3 pieds ; 10 pouces de grosseur quarrée sur 6 pieds de long produisent une pièce, 4 pieds, 8 pouces ; 6 pieds de long de 10 à 11 pouces de grosseur produisent une pièce, 6 pieds, 4 pouces courants ; 6 pieds de long de 11 pouces de grosseur quarrée produisent une pièce, 7 pieds, 8 pouces courants ; 6 pieds de long de 11 à 12 pouces de grosseur produisent une pièce, 10 pieds courant ; 6 pieds de long de 12 pouces quarrés produisent 2 pièces de bois. Ainsi des autres grosseurs à proportion.
4.
On remarque dans les anciens bâtimens que le bois de charpente y restoient apparents, et que l’on étoit exact à les dresser proprement à vive arrête en toutes leurs faces, c’est sur ce principe que le toisé des grosseurs des bois avoit été établi ; mais depuis que l’on a commencé à supprimer les poutres et de faire porter les solives sur les murs, leur grande longueur à obligé de les mettre de bois de brin pour eviter l’affaissement que les solives de sciage auroient pû causer au milieu des planchers.
5.
La difficulté de trouver des brins d’arbre assez droits et de même grosseur dans leur longueur pour les pouvoir dresser à vive arrête sans beaucoup de déchet, a fait que
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l’on n’est pas si exact à en aviver les arrêtes, et cependant il faut qu’ils soient équarris et dressez dans leurs longueurs pour être emploié ; et lorsqu’ils sont mal équarris et que les flaches sont considérables, l’on en diminue la grosseur dans le toisé à proportion de ce que les flaches en diminuent la force ; en ce cas la manière d’en toiser la grosseur est de les ceindre au pourtour avec un cordeau et de prendre le quart de la grosseur du pourtour, pour la grosseur quarrée. En sorte que si le pourtour étoit de 24 pouces, la grosseur de la pièce seroit de 6 pouces quarré et si le pourtour étoit de 20 pouces, la grosseur seroit de 5 pouces quarrés, ainsi des autres… Lorsque les bois sont plus gros par un bout que par l’autre, l’on mesure leurs grosseurs par le milieu de leur longueur ou par les deux bouts, et l’on prend la moitié du produit.
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Chapitre II.
L’usage du toisé de la charpente

1.
Il y a deux différentes manières de toiser les bois de charpente… La première est simple, véritable, et judicieuse, elle se pratique dans les bâtimens royaux et presque dans toutes les provinces, elle devroit être la seule et l’unique manière de toiser les bois de charpente… Cette méthode consiste à toiser séparément tous les bois des grosseurs et longueurs qu’ils ont en œuvre, y compris leurs tenons et portées d’une extrémité à l’autre sans y rien augmenter, ni diminuer, et de les réduire à la pièce de 12 pouces cubes, ainsi qu’il est expliqué au chapitre précédent.
2.
La seconde manière de toiser les bois de charpente que l’on nomme aux us et coutumes de Paris, est abusive et en augmente la quantité, elle est usitée par les ouvriers et par les expers, qui toisent les ouvrages dans l’étendue de la prévôté, vicomté de Paris, à moins qu’il ne soit stipulé autrement par un devis… Il y a deux choses à observer dans le toisé, l’une regarde en général le toisé de la longueur des bois emploïez dans les bâtimens, qui se fait par progression arithmétique de 18 pouces en 18 pouces, de sorte qu’un morceau de bois de 6, de 9, de 12, et de 15 pouces de long est compté comme s’il avoit 18 pouces ; 1 pied 3/4 de long, de 2 pieds 3/4 de long, de 2 pieds, 2 pieds 1/4 pour 2 pieds 1/2 2 pieds 3/4 est compté pour 3 pieds ; 3 pieds 1/4 et au dessus
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jusqu’à 4 pieds 1/2 est compté pour 4 pieds et 1/2 4 pieds 3/4 jusqu’à 6 pieds pour 6 pieds 1/4 jusqu’à 7 pieds 1/2 pour 7 pieds 1/2 7 pieds 3/4 jusqu’à 9 pieds pour 9 pieds, 9 pieds 1/4 juqu’à 10. pieds 1/2 pour 10. pieds 1/2 et 10 pieds 3/4 jusqu’à 12 pieds pour 12 pieds ; ainsi des autres longueurs lors qu‘elles ont 1/4 de pied de plus que la progression de 18 pouces, alors elles se comptent, comme si elles avoient 1 pied 1/2 en sus.
3.
Cette derniere méthode s’observe sous prétexte que les bois quarrés qui viennent à Paris ont leurs longueurs fixées ; les plus courts de 6 pieds de long, ensuite de 9 pieds, de 12 de 15 de 18 de 21 de 24 pieds et au dessus en augmentant les longueurs de 3 pieds en 3 pieds, lors que dans l’endroit des bois, les mesures ne sont pas précisement de la longueur d’une de ces mesures communes, il les faut prendre dans celles au dessus, par exemple, si l’on avoit affaire d’un morceau de bois de 6 pieds 1/2 de long, il faudroit le prendre dans un de 9 pieds : or comme il seroit rare de trouver à remploïer le bout qui resteroit de toute sa longueur, on ne compte le bout qui reste que pour 18 pouces et le bois emploïé pour 7 pieds 1/2 de longueur à cause du déchet.
4.
Les bois de 5 et 7 pouces de grosseur sont comptez aux us et coûtumes de Paris comme s’ils étoient de 6 pouces quarrés.
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Chapitre III.
Toisé des planchers de charpente

1.
La seconde observation est qu’au toisé de chaque espèce d’ouvrages de charpente, où l’on compte les bois aux droits des vuides des bayes comme s’ils étoient de la longueur des autres solives ; par exemple aux planchers où il y a des trémis pour les âtres des cheminées et des passages pour les tuïaux, l’on compte les soliveaux assemblez dans le chevestre de la grosseur qu’ils sont et de la longueur des autres solives du plancher prises entre les murs, lorsqu’elles sont posées sur des sablières, ou comprise leur portée si elles sont scellées dans les murs, mais l’on ne compte pas les chevestres des âtres ou des passages des tuïaux dans lesquels les soliveaux sont assemblez de quelque grosseur qu’ils soient.
2.
Pour donner une plus grande intelligence par des figures, la première est le plan d’une salle où les solives du plancher sont posées sur des sablières au long des murs mitoïens, b, c, et du mur de refante, f, d, à la réserve des solives d’enchevetriere qui ont leur portée d’un bout dans le mur de refante, le chevestre est assemblé dans les solives d’enchevetriere, I à trois pieds de distance du mur de refante, et les autres chevestres, 3, sont aussi assemblez dans les solives d’enchevetriere, I, à six pouces de distance du même mur à cause des tuïaux de cheminée qui passent dans l’épaisseur du mur vis à vis les chevestres, 3 ; supposé que la largeur de cette salle soit de 19 pieds 3/4 entre
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les murs mitoïens et le mur de refante, les solives d’enchevestriere auront 20 pieds 1/4 de long à cause d’une portée de 6 pouces dans le mur de refante, elles seront comptées 21 pieds ; les autres solives portées sur les sablières entre les murs qui n’ont que 19 pieds 3/4 seront aussi comptées 21 pieds de long, les autres soliveaux assemblez dans les chevestres, 3, qui n’ont que 18 pieds 1/2 de long, et ceux qui sont assemblez dans le chevestre, 2, de l’âtre, qui n’ont que 16 pieds de long, passeront toutes pour 21 pieds, étant comptées comme si elles avoient toute la longueur entre les murs mitoïens et le mur de refante, mais les chevestres, 2 et 3, ne seront point comptez. À l’égard des grosseurs les solives et soliveaux seront mesurez en particulier de la grosseur qu’ils ont.
Description
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3.
Lorsque pour éviter de mettre des sablières au long des murs pour porter les solives des planchers joignant les murs, l’on assemble des linçoirs en façon de chevestre dans plusieurs solives d’enchevestriere et qu’on assemble dans ces linçoirs les autres solives par les deux bouts, les solives d’enchevestriere qui portent dans les murs sont toisées de leur longueur, comprises leurs portées, et les autres solives de remplissage assemblées dans les linçoirs joignant les murs, et dans les chevestres des âtres et passage des tuïaux de cheminée, sont comptées de la longueur entre les murs, et l’on toise à part tous les linçoirs joignant les murs, tant d’un côté que de l’autre, mais l’on ne compte point les chevestres au droit des âtres et tuïaux des cheminées.
Description
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4.
Entre le mur mitoïen, i, k, et le mur de refante, d, e, dans l’épaisseur duquel sont les tuïaux de cheminée, et l’âtre de la cheminée de la salle renfoncée, et au devant du mur mitoïen sont adossez des tuïaux et manteaux de cheminée de cette chambre, les deux solives d’enchevestriere, 4, sont portées chacune des deux bouts dans les murs, la sol’ive d’enchevestriere, 5 est portée d’un bout dans le mur mitoïen, et par l’autre bout elle est assemblée dans le chevestre, 7, au derrière de l’âtre de la cheminée de la salle, l’autre solive d’enchevestriere, 6, est assemblée d’un bout dans le chevestre, 8, à trois pieds de distance du mur mitoïen pour l’âtre de la cheminée de la chambre et portée par l’autre bout dans le mur de refante, le chevestre, 9, est à 18 pouces de distance du mur mitoïen pour le passage des tuïaux qui y sont adossez : les chevestres, 7, 10, sont à six pouces de distance du mur de refante vis à vis l’âtre renfoncée et les tuïaux qui y sont encastrez et les linçoirs, 11 12 sont joignants les murs. Supposé que la largeur de cette chambre entre le mur mitoïen et le mur de refante soit 18 pieds 1/4 les deux solives d’enchevestrure, 4, aiant leur deux portées dans les murs auront 19 pieds 1/4 de long, la solive d’enchevestrure, 5, aura 18 pieds de longueur et la solive d’enchevestrure, 6, aura 15 pieds 1/2 elles seront les unes et les autres comptées comme si elles avoient toute la longueur entre les deux murs ; et une portée d’un bout, c’est-à-dire, pour 18 pieds ¾ est comptée pour 19 pieds 1/2 Tous les soliveaux assemblez des deux bouts dans les chevestres, 8, et dans les linçoirs, 10, sont aussi toisées de 18 pieds 1/4 comme si elles étoient de toute la longueur entre les deux murs, et comptées pour 19 pieds 1/2 quoique
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ceux qui sont assemblez dans les chevestres, 7, 10, et les linçoirs, 12, n’aïent que 17 pieds 1/4 les soliveaux assemblez dans les linçoirs, 11, et le chevestre, 9, de 16 pieds 1/4 et les soliveaux assemblez dans les deux chevestres, 8, 10, de 14 pieds ¼. En sorte que pour les trois pouces de plus de 18 pieds de distance entre les deux murs les solives d’enchivestrure et tous les soliveaux tant grands que petits, sont comptez comme s’ils avoient chacun 19 pieds 1/2 de longueur, mais l’on ne compte pas les chevestres, 7, 10, 8, 9, de quelque
Abréviation : quelq
grosseur qu’ils soient, à l’égard des linçoirs 11, 12, ils sont toisez et comptez à part, et si les chevestres, 7, 10, joignoient le mur de refante, ils seroient reputez linçoirs et toisez comme ceux de l’autre bout, joignants le mur mitoïen , au surplus du toisé des soliveaux.
5.
S’il arrivoit que par l’avidité du gain, l’entrepreneur, pour faire servir du bois de 12 pieds aux soliveaux, entre les chevestres, mit une arrière chevestre, 8, 10, reculât l’une ou l’autre de ces chevestres, et mit une arrière chevestre pour réduire la trémis de l’âtre ou le passage des tuïaux à la mesure ordinaire, cet arrière chevestre ne doit point être comptée, et l’on seroit en droit de lui faire remettre le chevestre en sa place, et des soliveaux plus longs et de plus d’autres solives d’enchevestrure, d’autant que c’est une mauvaise façon qui les affoiblit par la multiplicité des mortoises.
6.
Lorsque les solives des planchers sont paralleles aux murs contre les quels les cheminées sont adossées, les chevestres des âtres portent d’un bout dans le mur et sont assemblez
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de l’autre dans la solive d’enchevestrure qui passe au devant de l’âtre à trois pieds de distance du mur, l’on toise les chevestres et les soliveaux qui y sont assemblez chacun à part pour ce qu’ils contiennent.
7.
Dans cette disposition de solive parallèle aux murs où les cheminées sont adossées, l’on se sert des chevestres de fer préférablement aux chevestres de bois, aux côtés des âtres, particulièrement quand il y a des tuïaux passants à côté des manteaux, parce que les charges des plâtres qu’il faut mettre aux deux côtés des chevestres de bois pour le garentir du feu font éloigner les tuïaux et occupent une grande largeur dans les chambres, au lieu que les chevestres de fer se placent dans l’épaisseur des languettes de refante et donnent plus de facilité à dévoïer les tuïaux, alors l’on toise les soliveaux qui posent sur les chevestres de fer entre la solive d’enchevesture et le mur où les tuïaux passent pour ce qu’ils sont. Par exemple la solive d’enchevesture, 13, est parallèle au mur de refante, g, f, contre lequel le manteau de cheminée et les tuïaux qui passent sont adossez ainsi qu’au cabinet de la figure suivante
Description
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où les solives des planchers portent d’un bout sur la cloison de refante, e, i, et de l’autre bout dans le mur de face, g, h, et sont parallèles au mur de refante, e, g, dans lequel sont encastrez les manteaux de cheminée et les tuïaux passants aux côtés ; l’on toise séparément chacun des soliveaux 14, 15, qui posent sur les chevestres de fer, portez d’un bout sur les solives d’enchevestrure, 13, 16, et l’autre bout scellées dans le mur de refante entre les âtres et les tuïaux.
Description
8.
Quand les plattebandes des fenêtres des murs de face sont faites en claveaux de pierre de taille, ce seroit une mauvaise façon que de faire porter les solives sur les claveaux et très contraire à la bonne construction ; pour éviter un tel défaut l’on assemble les solives dans un linçoir au devant des bayes des croisées, et ledit linçoir est assemblé dans les solives d’enchevestrure qui porte sur les trumeaux comme en la fig. 4 n° 17 et on les toise
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pour ce qu’ils contiennent, et la longueur des solives qui sont assemblées dans œuvre au mur de face.
9.
Aux planchers où il y a de grandes bayes pour des passages d’escalliers de dégagement, ou autrement comme cy après fig. 5 : à côté de la garderobe on toise séparément la solive d’enchevestrure, 18, le chevestre, 19 et les solives qui y sont assemblées chacun pour ce qu’il est.
Description

Chapitre IV.
Des cloisons et pans de bois

1.
Aux pans de bois l’on toise les sablières du bas et du haut pour ce qu’elles sont, les poteaux cormiers des bous assemblez pour l’ordinaire dans le poitrail ou platteforme par bas et dans les sablières d’entablement
Abréviation : entablemt
par le haut, sont toisez depuis l’extrémité de leurs tenons du haut sans rien compter pour leurs tenons et assemblages des autres pièces, s’il s’en trouve sur leur hauteur, parce qu’ils sont censez être chacun d’une seule pièce, ainsi qu’ils doivent être ; les autres poteaux de remplissage sont toisez dans leur
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hauteur, compris leurs tenons dans les sablières, chaque tenon étant compté pour 3 pouces de long, les appuis, linteaux, pottelets et guetterons du bas et du haut des bayes des fenêtres sont comptez chacun pour demi potteau, quelques petits qu’ils soient.
Soit un pan de bois de face sur un poitrail, 21, et à ses portées jusqu’à la moitié de l’epaiseur des têtes des murs mitoïens, mn, op, les potteaux cormiers, 22 sont assemblez sur le poitrail joignant le dans œuvre des murs mitoiens, dont l’épaisseur doit être continuée jusqu’à la tête, parce que l’un des voisins ne doit rien encastrer dans l’épaisseur des murs mitoiens sur toute leur longueur qui altère la solidité, les potteaux doivent être chacun d’une seule pièce dans toute la hauteur des étages d’un pan de bois, c’est pourquoi l’on ne compte point les tenons des assemblages des entures, lorsqu’ils sont de plusieurs pièces, les sablières du haut et du bas, 23, 24 se toisent de leur longueur, compris leurs tenons dans les potteaux cormiers, les poteaux et gruttes de remplissage, 25, se toisent de leur hauteur, y compris 3 pouces pour chaque tenon qui entre dans les sablières du haut et du bas, les appuis, 26 , les pottelets et guetterons, 27, les linteaux, 28, et les petits pottelets au dessus, 29, sont comptez chacun pour un demi potteau. Supposé que la hauteur entre les deux sablières, 23, 24, soit 14 pieds 3/4 et 6 pouces pour les deux tenons des potteaux, 25, ils auront chacun 15 pieds 1/4 et seront comptez de 16 pieds 1/2 les bayes des fenêtres étant de 4 pieds 1/2 de largeur
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leurs appuis, 26, et leurs linteaux, 28, auront chacun 5 pieds ; les appuis étant de la hauteur ordinaire, leurs pottelets et guetterons auront chacun 2 pieds 3/4. Les linteaux, 28, étant plus bas que la sablière du haut de la hauteur convenable pour faire une corniche dans les chambres sous les plafonds du plancher, les petits pottelets, 29, auront 15 à 18 pouces compris leurs tenons, et seront tous comptez de 8 pieds 1/4 de long, comme demi potteau. Ce qui se dit des petites croisées est le même pour les grandes, lorsque les longueurs des bois se trouvent de certaine longueur.
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2.
Aux cloisons de refante placée entre les murs, fig. 7 ; bc, fe, ik, la distance entre les murs, bc, fe, étant supposée de 19 pieds 3/4 les sablières du haut et du bas, 30, 31, qui ont leur portée, 6 pouces chaque bout dans les murs seront comptez de 21 pieds de long et la distance entre les murs, fe, ik, étant de 18 pieds 1/4 les sablières 32 33 seront comptez de 19 pieds 1/2 de long, les décharges 34. 35 toisées de la hauteur qu’elles ont selon leur rempant, en comptant 3 pouces de tenons à chaques bouts, la hauteur entre les sablières du haut et du bas étant
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de 14 pieds 3/4 les potteaux seront comptez chacun pour 16 pieds 1/2 à cause de 3 pouces de tenons dans chaque sablière et les tournisses, 36, 37, assemblées à plomb l’une sur l’autre dans les décharges sont comptées celles du haut et celles du bas qui se répondent ensemble pour un potteau, les grandes tournisses, 38, qui sont seules et les tournisses, 39, devoïées sur les decharches 35, sont toisées chacune à part de leur longueur, à prendre de l’extrémité de leur coupe sur la décharge, et 3 pouces de tenons dans la sablière, l’on ne compte point de tenons dans la décharge, parce que les tenons sont par le côté et ne ralongent pas la longueur des tournisses. Aux portes, 40, qui ont 4 pieds de large et 9 pieds de hauteur les linteaux ont 4 pieds 1/2 et les pottelets au dessus chacun 6 pieds, compris leurs tenons, la petite porte de degagement, 41, qui est de 2 pieds 1/4 sur 6 pieds de haut, le linteau a 2 pieds 3/4 de long et le pottelet au dessus 8 pieds 3/4 ils seront tous comptez pour 8 pieds 1/4 comme demi potteaux, la même chose à la porte, 42.
Description
3.
Les bayes des portes et des fenêtres dans les murs
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de deux pieds de large jusqu’à 4 pieds 1/2 garnis de deux linteaux de 6 pouces de grosseur sont comptez chaque baye pour une pièce réduite, les linteaux des bayes au dessous de deux pieds de largeur sont comptez pour demie pièce et ceux des bayes au dessus de 4 pieds 1/2 de large, ainsi que les linteaux qui ont plus de 6 pouces de grosseur, sont toisez et réduits pour ce qu’ils contiennent.

[Chapitre 5]
Chapitre IV.
Des escalliers de charpente

1.
Aux escalliers à noyeau droits avec limont, appuis et balustres de charpente, les bois de léchifre [sic.] étant rabottés et ornez de moulures sur l’arrête apparente, les marches rabottées par le dessus avec moulures par le devant, les patins et les noyaux se toisent pour ce qu’ils contiennent, la longueur des limons et des appuis se prend suivant leur rampe, de l’extrémité de leur coupe du bas à l’extrémité de celle du haut ajoutant à chaques bouts 3 pouces pour les tenons ; l’épaisseur des limons est égalle sur leur longueur, mais ils sont quelquefois chantournez plus larges à un endroit qu’à l’autre, suivant la rampe des marches, l’on pose une ligne droite ou un cordeau d’un bout à l’autre par le dessus ou par le dessous du côté qu’il est creux, et l’on prend la largeur depuis le cordeau jusqu’au plus large du convexe au côté opposé.
Description
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2.
Lorsque les noïaux sont recreusez à plomb suivant le fil du bois formant un vuide au milieu, l’on prend leur grosseur sur leur diamettre de dehors des deux sens, 42. 43. 44. 45. et leur hauteur dupuis [sic.] l’extrémité du débillardement du haut, jusqu’à l’extrémité de celui du bas, les limons se toisent, comme il a été dit cy devant.
Description
3.
Quand le vuide du jour des échifres est fait par des courbes rampantes, le toisé de ces courbes se fait en posant une règle ou un cordeau en ligne droitte d’une extrémité à l’autre tant par le dedans que par le dehors ou le dessous du sens que la courbe est creusée, et l’on mesure la grosseur du dehors de la courbe jusqu’au cordeau au droit de la plus forte courbure, sur les deux sens, la longueur se prend d’une extrémité à l’autre d’équaire suivant le cordeau.
Description
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4.
Aux escalliers où il faut des balustres quarrés, dont les moulures sont poussées à la main, droits ou rempans, deux de ces balustres sont comptez pour une pièce, à l’égard des balustres tournés ronds, il en faut quatre pour une pièce suivant le toisé aux us et coutumes de Paris.
5.
L’on toise la longueur des marches en demi angle des escalliers en vis sur un noyeau pour la mesure commune des marches de chaque étage, aux escalliers où les marches sont sur une rampe droitte avec des quartiers tournants on toise les marches droittes à part et la demi angle pour mesure commune de celle des quartiers tournants, et quand les marches sont gironnées vers les bouts de l’échifre aux escalliers à jours au milieu comme en la figure 8, on prend la longueur dans œuvre entre l’échifre et les murs de toutes les marches de l’étage l’une après l’autre, que l’on additionne ensemble, et l’on en divise la somme par le nombre de la quantité des marches qui ont étez mesurées, pour avoir la mesure commune à laquelle l’on ajoute 6 pouces, sçavoir 3 pouces pour le tenon dans l’échifre, et 3 pouces pour la portée dans les murs ; les marches des palliers et les soliveaux se toisent à part pour ce qu’ils contiennent.
6.
Les moulures dont les échifres et les marches d’escalliers sont ornées, ne sont point païées à part, l’on compte la quantité des pièces de bois qui sont emploïées aux escalliers sur le même prix des autres ouvrages de
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charpente des bâtimens lorsqu’ils sont confondus ensemble, à moins qu’il n’en soit fait distinction expresse par un devis et marché ; mais lorsque l’ouvrage des escalliers est seul, l’on y met le prix de la pièce à proportion de la façon, sans rien changer à la réduction du toisé.

[Chapitre 6]
Chapitre V.
Du toisé des calottes, dômes, et autres
ouvrages de charpenterie, dont les bois
sont élégis

1.
Aux calottes et dômes, aux plafonds ceintrez et autres ouvrages de charpente de cette nature qui sont composez de courbes et pièces de bois ceintrées, à celles qui ne sont ceintrées que sur un sens, l’on tend un cordeau d’un bout à l’autre par le côté du creux et l’on prend sa grosseur depuis le cordeau jusqu’au dehors de la plus forte courbure ; et aux courbes en deux sens l’on tend de même le cordeau d’un bout à l’autre de chaques côtés des faces creusées, et l’on mesure leur grosseur tant d’un sens que de l’autre depuis le cordeau jusqu’au dehors des plus fortes courbures, la longueur se prend d’une extrémité à l’autre d’équaire d’après les cordeaux, ainsi qu’il est expliqué en l’article 3 du 5. chapitre ; cecy ne s’entend que des bois de sciage ou élégis.
2.
Aux poinçons, entraits, et autre bois de charpente où l’on observe des bossages au droit des assemblages, le laissant de sa grosseur et étant refait et élégi à une
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moindre grosseur, si le bossage est au milieu l’on compte la grosseur de la pièce telle qu’elle est au droit des bossages, s’il y a des bossages vers les deux bouts, l’on prend la grosseur de chacun des bossages que l’on réduit à une grosseur commune pour la longueur de toute la pièce. Par exemple. Si le bossage du poinçon I de la fig. 9 étoit de 8 pouces de grosseur et que le restant de sa longueur fut réduit à 6 pouces, toute la longueur dudit poinçon seroit comptée sur 8 pouces de grosseur ; si les bossages étoient aux deux bouts et au milieu comme à l’antrait 2 il seroit compté dans toute sa longueur de la même grosseur que les bossages, les tasseaux et échantignolles, 3 sont toisez pour ce qu’ils sont ainsi que les autres pièces des combles.
Description
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3.
Aux potteaux de charpente qui portent en corbellement par le haut, ils sont élégis par dessus les encorbellements jusqu’en bas pour être alignés à l’épaisseur des autres potteaux des cloisons et pan de bois, ou pour quelqu’autre raison, l’on mesure la grosseur au droit de l’encorbellement et à l’endroit où le potteau est élégi, l’on réduit ses deux grosseurs à une grosseur commune sur toute la longueur du potteau, fig. 10. Si la grosseur, par exemple, au droit de l’encorbellement, 4, étoit de 12 pousses quarrés et que le potteau soit élégi au dessous de 6 pouces d’épaisseur sur 12 pouces de large, il seroit compté de 9 à 12 pouces de grosseur dans toute sa longueur depuis l’un des bouts jusqu’à l’autre, par la raison qu’il se fait une levée à la scie, dont la longueur depuis le bout jusqu’à l’encorbellement qui peut être emploïé au profit de l’entrepreneur la même chose s’entend pour la [sic.] pattins des escalliers, 5, ainsi des autres bois de charpente de cette espèce.
4.
Les potteaux des barrières qui se mettent aux faces des hôtels et dans les cours sont ordinairement plus gros en ce qui est enterré qu’en ce qui est apparent hors du pavé, tant pour fortifier leur scellement que pour les garentir plus long tems de la pourritures. Leur grosseur se prend au droit
Description
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du plus gros avant de les poser en place et se compte dans toute sa longueur depuis le bas jusqu’au sommet de la tête, s’il arrive que la partie qui est enterrée soit mal équarie, l’on en prend le pourtour avec un cordeau, dont le quarré fait la grosseur du potteau.

[Chapitre 7]
Chapitre VI.
Toisé de la charpente des écuries.

1.
Les mangeoires des écuries se font en deux manières, la plus commune est de les composer de trois entretoises, deux par le devant et l’autre par le fond scellez des deux bouts dans les murs, ou assemblez dans des racineaux et maçonnées entre deux ; l’autre manière est plus propre, les davantures [sic.], les fonds et les dosserets sont faits chacun d’une platteforme qui se joignent en feuillures l’une contre l’autre attachez tout du long avec des chevilles à tête scellées par les bouts dans les murs, ou assemblez dans les racineaux de quelque manière qu’elles soient leur bois se toisent et réduisent à la pièce de même que les autres ouvrages de charpente dont il est parlé cy dessus ; si les racineaux sont élégis par le haut et plus gros par le dessous de la mangeoire, on les compte selon leur platteforme grosseur du bas sur toute leur hauteur.
2.
Les ratelliers se font aussi en deux manières, la plus simple qui est à roulleaux de fresnes plumé assemblé à tourillons par le haut et par le bas dans des chevrons de 4 pouces quarrés, chaque toise courante de ces sortes
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de ratelliers se compte pour une pièce de bois de charpente. De l’autre manière les voullons sont de chesne tourné de 2 pouces de grosseur assemblez de même à tourillons par le haut et par le bas dans des troux de terrière percées dans des chevrons de 4 pouces quarrez rabbatus sur toutes les faces, les arrêtes abbatues ; la toise courante de ces derniers râtelliers est comptée pour 2 pièces de bois charpente.
3.
Les pilliers tournez de 6 pouces de grosseur avec une tête à pomme par le haut et de 6 pouces quarrez par le bas, que l’on met dans les écuries pour séparer les chevaux, et de 18 pouces dans le pavé, chaque de ces pilliers est compté pour une pièce. Les feuilles et entretoises qui se mettent à la fleur du pavé au devant des pilliers pour les entretenir d’alignement, se toisent de leur grosseur et sont réduits comme les autres bois de charpente.

[Chapitre 8]
Chapitre VII.
Toisé des vieux bois et des etaïements

1.
Quand les vieux bois que l’on emploïe dans les bâtimens ont étez donné à compte au charpentier, leur toisé et réduction se fait aux us et coutumes de Paris, de même que les bois neufs sans distinction à la réserve du prix qui est différent suivant la quantité qui a été donnée à compte.
2.
Mais lorsque les vieux bois n’ont point été donnez à compte, ou que le propriétaire fournit tout le bois neuf au charpentier, lequel n’est que pour façon et
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main d’œuvre, tous les bois remploïez tant vieux que neufs ne sont toisez precisement que des longueurs et grosseurs mis en œuvre et réduits à la pièce pour ce qu’ils contiennent, parce que c’est le propriétaire qui souffre les pertes de bois et non le charpentier, à moins qu’il ne soit stipulé par un devis et marché que tous les bois emploïez seront toisez et réduits aux us et coutumes de Paris ; en ce cas ils doivent être comptez de même que le bois fournis par l’entrepreneur ce qui est un abus très considerable.
3.
Les bois fournis par l’entrepreneur ou ceux qui ont été donnez à compte, emploïez aux etaïements sont mesurez dans la longueur et grosseur qu’ils ont en place et réduits à la pièce, comme les autres ouvrages de charpente aux us et coutumes de Paris, c’est-à-dire, que leurs longueurs sont comptées par progression arithmétique de 18 pouces en 18 pouces comme il est expliqué en l’article 4 du 2d chapitre de cette seconde section.

[Chapitre 9]
Chapitre VIII.
Parallèle du toisé à l’usage des bâtiments
du roi, et du toisé aux us et coutumes de Paris.

1.
Pour connoître la différence qu’il y a entre le toisé des bois de charpente à l’usage des bâtiments du roi et celui aux us et coutumes de Paris, il suffira de rapporter les exemples contenus en chacun des articles du 2. 3. et 4. chapitre de cette seconde section.
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2.
Le premier de ces deux exemples qui est le plancher d’une face composé de 4 solives d’enchevesture, chacune de 20 pieds 1/4 de long, de 8 à 9 pouces de grosseur, de 10 solives de remplissage posées sur des sablières au dedans œuvre des murs qui ont chacun 19 pieds 3/4 de long et de 7 à 8 pouces de grosseur ; de 10. soliveaux assemblez dans les chevestres, 3 pour les passages de toïaux [sic.] de 18 pieds 1/2 de long et 6 à 7 pouces de grosseur, leurs chevestres 3
en dessous
, chacun de 4 pieds 1/2 de long et 8 à 9 pouces de gros ; les 4 soliveaux qui sont assemblez dans le chevestre de chacun 16 pieds de long et de 6 pouces quarrés, ou de 5 à 7 pouces, qui passent pour la même chose ; le tout étant compté des longueurs et grosseurs mises en œuvre suivant la pratique des bâtimens royaux, montant à la quantité de 54 pièces, 7 pieds, 5 pouces, réduits, les mêmes bois emploïez au dit plancher produisent 60 pièces, 5 pieds, 8 pouces, étant comptez aux us et coutumes de Paris.
3.
À l’égard du pan de bois, où les potteaux ou autres bois des appuis ou linteaux des bayes des fenêtres supposez être de 5 à 7 pouces de grosseur, étant comptez des longueurs mises en œuvre, les 7 potteaux chacun de 15 pieds 1/4 de long, les 4 appuis et les 4 linteaux de fenêtre chacun de 5 pieds de long, les 12 pottelets et guetterons d’appuis, chacun de 2 pieds 3/4 et les 8 petits pottelets au dessus des linteaux, chacun
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d’un pied 1/2 de haut ; ils produiront tous ensemble 28 pièces, 3 pouces ; les mêmes bois comptez et réduits aux us et coutumes de Paris produiront 42 pièces, 7 pieds, 6 pouces, ce qui monte à 14 pièces, 7 pieds, 3 pouces de plus qu’il n’y a eu en œuvre, c’est-à-dire en sus de bois emploïé.
4.
L’on peut dire en général que la différence du toisé de la charpente aux us et coutumes de Paris et du fort au faible fait presque le quart en sus du toisé des longueurs et grosseurs ainsi mises en œuvre sur la totalité d’un bâtiment.
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Section troisième
Du toisé de la couverture

Chapitre I.
De la qualité des couvertures

1.
Il y a trois sortes de couvertures à Paris, sçavoir celle d’ardoise, de tuille et celle de bardeaux ; la couverture de bardeaux n’est guerres en usage qu’aux moulins, aux échopes et autres petits bâtimens, ou à des édifices isolez et ambulans sur des roulettes. Le bardeau est fait pour l’ordinaire de douelles, l’on donne de vieux tonneaux coupez quarément de 15 pouces de long, amincie par les bouts d’en haut ; on le cloue sur des planches jointives qui lui servent de lattes et résistent au grand vent, à la grêle et aux coups de pierre, mais il pourrit en peu de tems.
2.
L’ardoise est plus propre pour la couverture et moins pesante que la tuille. L’on emploïe à Paris cinq sortes d’ardoise, dont quatre viennent d’Angers qui sont les grosses noires et qui est la plus épaisse : elle a 12 à 13 pouces de long et 7 à 8 pouces de large. C’est à cette ardoise que l’on emploïe le plus communément
Abréviation : communémt
aux couvertures la quarrée fine qui est un peu moins large que la quarrée forte, a au plus 11 pouces de long et la carlette d’un échantillon inégal de 8 à 9 pouces
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a 10 pouces de long sur 6 à 7 pouces de large. La cinquième sorte d’ardoise vient de Mézieres, elle est plus longue et plus large que la grosse noire, mais plus grise et moins bonne étant sujette à se fendre.
3.
L’ardoise cartelette s’emploie aux dômes et combles ceintrez, on ne lui donne que 3 pouces d’épureau et quelques fois pour plus grande propreté on la taille en écaille d’égal échantillon ; les couvertures d’ardoise des quatr’autres échantillons ont 4 pouces d’épureau suivant l’usage ordinaire.
4.
La quarée fine est trop foible pour couvrir les combles, elle n’est bonne que pour les armatures de potteaux et fonds des lucarnes et autres ouvrages à plomb, ou pans en talus, les ardoises grosses noires quarrées fortes et de Mézieres sont celles dont on se sert peu à Paris.
5.
Toutes ces sortes d’ardoises doivent être clouées et attachées chacune de 3 cloux sur un lattis de lattes de cœur de chêne de 3 pouces 1/2 de large attachées presque jointives sur les chevrons avec contrelattes de sciage de chesne de 4 pouces de large et 6 lignes d’épaisseur dans chaque espace entre les chevrons, lors qu’ils sont 4 à la latte, ou 2 contrelattes dans chaque espace si les chevrons ne sont que de 3 à la latte.
6.
La couverture de tuille est celle qui résiste le mieux au vent et à la gresle et qui dure le plus quand elle est de bonne qualité, droitte et bien cuitte. La tuille
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est de deux sortes, celle dont on se sert à Paris que l’on nomme du grand moule a 13 pouces de long sur 9 pouces de large, elle se pose à 4 pouces d’épureau, l’autre sorte de tuille qui est le petit moule n’a que 9 à 10 pouces de longueur sur 7 pouces de large, on la pose à 3 pouces d’épureau. Ces deux sortes de tuille ont un crochet au dessus par le haut pour les retenir sur latte qui doit etre de cœur de chesne d’un pouces 1/2 de large et 3 lignes d’épaisseur attachée sur les chevrons à pareille distance que la hauteur de l’épureau.
7.
Chacune de ces sortes de couverture fait trois espèces d’ouvrages, qui sont la couverture noire, la couverture maniabout lorsque la vielle tuille ou ardoise se repose sur un lattis neuf, et la couverture en recherche où l’on met les tuilles par toise à la place des cassés et l’on en rétablit tout le platras ; ces trois sortes d’ouvrages de couverture se toisent l’une comme l’autre de la même manière.

Chapitre II.
Du toisé superficiel des couvertures

1.
Il y a deux choses à observer au toisé des couvertures, la première est le toisé de leur superficie, la seconde le toisé des saillies que l’on ajoute par augmentation aux superficies. Ce chapitre explique le toisé des superficies ; les saillies seront expliquées dans les chapitres suivants.
2.
Aux combles qui ont des pignons aux deux bouts, la couverture se toise dans toute sa largeur entre les
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espaces des extrémités sur le pourtour depuis le bord de l’égout d’un côté jusqu’au bord de l’égout de l’autre côté en passant par dessus le faîte, si c’est aux combles à deux égouts. Si le comble est en appentis l’on toise sa hauteur depuis le bord de l’égoût jusque sous le filet du haut, et s’il y a du biais sur la longueur ou pourtour il se réduit par le milieu de leur différence.
3.
Aux combles bonissées que l’on nomme en mansarde, le haut se toise comme cy dessus et le bas du bresil se toise sur la hauteur depuis le bord de son égout, jusque sous le filet de plâtre du bresil.
4.
Aux pavillons quarrez l’on toise chaque face de la couverture séparement en prenant la hauteur perpendiculaire depuis le bord de l’égout jusqu’au sommet, et des longueurs entre les plâtres des arrêtiers au droit du milieu de la hauteur, entre le bord de l’égout et le sommet. Aux pavillons plus longs d’un sens que l’autre, l’on toise les deux bouts des croupes séparément, et aux deux longs pans qui ont une longueur de faîte par le haut, on toise la longueur de chaque face de la couverture entre les plâtres des arrêtiers au droit du milieu de leur hauteur prise depuis le bord de l’égout jusqu’au milieu du faîte, si les deux faces étoient égalles, il suffiroit de prendre la longueur de l’une par le milieu de sa hauteur et mesurer tout le pourtour depuis le bord de l’égout d’un côté jusqu’au bord de l’égout de l’autre côté, ou passant par dessus le faîte.
5.
La couverture des tours rondes qui se terminent en pointe par le haut, comme les colombiers, se toisent
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en mesurant la moitié du pourtour au bas de l’égout sur la hauteur depuis le bord de l’égout jusqu’au sommet.
6.
Les couvertures des dômes se toisent en mesurant le pourtour de leur circonférence par le bas au droit du nud du mur, ou du pied des courbes qui servent de chevrons que l’on multiplie par les deux tiers de leur hauteur suivant le pourtour de leur extradosse à prendre depuis le bord de l’égout du bas jusqu’au centre ou sommet, et lorsque le sommet est recouvert de plomb, ou d’un amortissement, ou lanterne ou autrement, l’on rabbat de la superficie ce qui est occupé par l’amortissement, ou de ce qui est couvert de plomb.
7.
À quelques sortes de couverture que ce soit, dont quelques parties sont couvertes de plomb, l’on ne compte point les portions d’ardoise ou de tuille qui sont cachées par le plomb, et l’on rabbat la superficie du plomb de celle de la couverture, c’est-à-dire, qu’aux feuilles, noues, arrêtiers et autres, l’on ne mesure les hauteurs et largeurs de la couverture que depuis les bords des plombs ; mais si les dessous des plombs est ceintré de lattes jointives et dressées pour recevoir le plomb, ce lattis est compté deux pieds en superficie pour un pied de couverture, selon sa qualité, de sorte que si le ceintre est fait de lattes neuves, il sera compté en couverture d’ardoise ou de tuille neuve, et si le ceintre est fait
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de vieilles lattes provenants de l’ancienne couverture, il sera compté en maniabout.
8.
À toutes sortes de couverture suivant les us et coutumes de Paris l’on ne rabbat rien pour le passage des souches de cheminée, quelques grosses qu’elles soient, et l’on ne compte point aussi les solives qui sont au pourtour de ces souches, cependant aux souches qui sont adossées contre des murs de pignons où les tuïaux sont devoïez à côté les uns des autres et aussi occupent la plus grande partie du pourtour de la hauteur des combles, l’on ne compte la longueur de la couverture que du devant du solin de plâtre qui est au long de la souche, et l’on mesure à part les portions de couverture qui excèdent aux deux bouts de la souche.
Chapitre III.
Toisé des lucarnes, œils de beufs, etc.
1.
Lorsque les lucarnes sont placées en plein comble, que la couverture passe au devant par le bas, aux côtés et par le derrière, quelques grandes qu’elles soient l’on compte la couverture toute pleine sans rien rabattre pour la place de la lucarne ; au contraire l’on augmente une quantité de couverture à chaque lucarne suivant la qualité et l’on ne compte rien pour les filets et les solins qui sont au devant et par les côtés, ni pour les noues qui sont par sa hauteur.
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2.
Aux lucarnes où l’égout de la couverture ne passe pas au devant, l’on compte l’emplacement de la lucarne comme plein, mais l’on rabbat l’égout et ce qui excède de la couverture de la face de la lucarne dans la longueur du vuide et qui ne règne pas au droit de la lucarne, en comptant les rivelins qui portent les côtés de l’égout.
3.
Aux combles en mansarde, dont les lucarnes occupent précisément la hauteur du bas des combles jusqu’au bresil, l’on rabbat la place des lucarnes en entier ; mais l’on compte les plâtres des solins au long des joints, et l’on mesure la couverture du dessus des lucarnes pour ce qu’elle contient suivant sa grandeur, ce qui s’observe pareillement au droit des frontons des avantcorps.
4.
Lorsque les couvertures sont comptées comme pleines au droit des lucarnes, après avoir toisé la couverture entière, l’on augmente ce qui est marqué cy après pour chaque lucarne à chevalet ; une toise 1/2 pour chaque lucarne flamande, c’est-à-dire une lucarne à chevalet avec un fronton séparé au devant, qui est une toise pour le chevalet et 1/2 toise pour le fronton ; pour une lucarne à la capucine avec une croupe et deux arrêtiers par le devant, l’on augmente une toise 1/2. Pour une lucarne de moviette qui est quarrée et élevée par le devant en pente avec une goutière par le derrière sur le comble, l’on augmente une demie toise, non compris la valeur du bois ou du plomb de la goutière. L’on
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augmente pareillement 1/2 toise pour une lucarne rempante qui est quarrée par le devant et élevée par le derrière, racordée par le haut avec la couverture du comble.
5.
Toutes ces augmentations pour les lucarnes selon leur espèce se comptent égallement pour une grande comme pour une petite sans distinction de grandeur car s’il y a plus d’ouvrages aux grandes lucarnes, elles occupent aussi plus de place dans la couverture qui est comptée comme pleine, et s’il y a moins d’ouvrages aux petites, elles occupent aussi moins de place dans les couvertures ; ces augmentations pour les lucarnes se comptent égallement aux couvertures de tuille, comme aux couvertures d’ardoise.
6.
Aux œils de beuf de plomb que l’on met sur les couvertures d’ardoise pour éclairer les greniers au lieu de lucarnes, c’est le plombier qui les fournit et les pose, le couvreur prépare la place et fait le racordement de la couverture au pourtour et l’on augmente 6 pieds pour chaque œil de beuf sans rien rabbatre.
7.
L’on augmente aussi 6 pieds aux couvertures pour chaque vue de faîtiere que l’on fait aux couvertures de tuille… aux lucarnes dont le sommet ou devantières sont armées d’ardoise, l’on toise la curature [sic.] à part suivant sa superficie.
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Chapitre IV.
Toisé des saillies de couverture

1.
L’on nomme saillies de couverture tout ce qui s’augmente au toisé au surplus de la superficie ; les lucarnes, dont on vient de parler, se pourroient mettre au nombre des saillies, mais on en a traitté séparément parce qu’elles font une espèce particulière de couvertures.
2.
Les égouts au bas des couvertures sont véritablement des saillies qui s’avancent en dehors, soutenues par des tuilles ou des ardoises posées en encorbellement les uns sur les autres.
3.
Aux égouts de tuille chaque rang de tuille entier du grand moule par le dessous de la saillie du premier pureau est compté pour 1/2 pied courant, non compris le rang des tuilles qui fait le premier pureau du bord de l’égout, lequel est compté dans le toisé de la superficie de la couverture, la raison pour laquelle on compte chaque rang de tuille du dessous du premier pureau pour 1/2 pied, est que ces tuilles doivent être chacunes toutes entières et scellées en plâtre pour en soutenir la saillie, et empêcher la bascul, ainsi quand il n’y a qu’un simple double dans le rang, le dessous est en saillie de 4 pouces et le rang qui le couvre par le dessus forme le premier pureau de la couverture, alors cet égout est compté pour 1/2 pied courant.
4.
Lorsqu’il y a trois rangs de tuille l’une sur l’autre,
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le troisième rang faisant le pareau [sic.]
sic. : pureau
de dessus la saillie de l’égout est compté pour un pied ; ce seroit la même chose si le premier rang de dessous avoit 4 pouces de saillie au devant de la corniche d’entablement, et le second rang 4 pouces de saillie au devant du premier, le troisième faisant le pureau de dessus doublé sur le second rang, cet égout seroit aussi compté pour un pied de saillie.
5.
L’égout qui est de trois rangs de tuille l’une sur l’autre à la première saillie et deux pareils rangs de tuille à la seconde saillie dont le 4e rang est doublé sur le 3e et fait le pureau de dessus du bord de l’égout, cet égout est compté pour un pied 1/2 de saillie.
6.
Quand il y a cinq rangs de tuille qui forment l’égout, les quatre premiers rangs faisant deux saillies chacune de 4 pouces de doubles tuilles, et le cinquieme rang en recouvrement sur le quatrième faisant le premier pureau du bord de la couverture, cet égout est compté pour deux pieds de saillies.
7.
L’on compte de même pour deux pieds de saillie les égouts à cinq tuilles, dont le premier et le troisieme rang de dessous sont en pintte, et les 2me et 4me rang posez quarément et le 5me doublé sur le 4me faisant le pureau de dessus le bord de l’égout, ce que l’on nomme égout en pintte.
8.
L’on compte les saillies des égouts d’ardoise, comme les saillies des égouts de tuile suivant leurs différentes manières.
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9.
Lorsque aux égouts d’ardoise les saillies sont faittes avec des tuilles noircies par le dessous, l’on compte ce qui est de tuilles comme couverture de tuille et l’on ne compte en couverture d’ardoise que de l’endroit où le pureau de dessous est d’ardoises, faisant distinction de l’une et de l’autre , et l’on païe la peinture à part.
10.
Aux combles brisez en mansardes, le filet de plâtre qui est par le haut du bas du comble sous l’égout du bresil se compte pour un pied courant, et l’égout du bresil se compte de plus pour 1/2 pied courant, s’il n’est au double de deux tuilles l’une sur l’autre, et quand il y en a trois l’une sur l’autre compris le pureau de dessus le bord de l’égout, il est compté un pied courant séparément du filet de plâtre au dessus.
11.
Aux faîtes des combles les faîtinnes étant scellées en plâtre avec des crêtes de plâtre sur les joints entre les faîtines et les derniers pureaux, de chaque coté sont les faîtieres posées aussi avec plâtre, ce que l’on nomme barrière, l’on compte un pied courant sur la longueur par augmentation du pourtour du faite pour les scellements et crêtes des faîtières.
12.
Aux combles en pavillon couverts de tuille, l’on augmente un pied sur la longueur du pourtour pour chaque posée de plâtres des arrêtiers sur la hauteur de la couverture prise quarément d’équaire au pureau de la tuille, c’est-à-dire, qu’aïant mesuré la longueur des 4 faces de la couverture du pavillon pris par le milieu de sa hauteur, l’on augmente à cette longueur au pourtour 4 pieds pour les 4 arrêtiers.
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13.
Lorsque les noues des couvertures sont faittes avec des tuilles posées en caveaux ou en liaison l’une sur l’autre, ou avec un franchis, l’on augmente un pied sur la longueur du côté de la couverture où est la noue sur la hauteur prise quarément, c’est-à-dire, d’équaire au pureau ; si les noues sont garnies de plomb, l’on mesure le pourtour de la longueur et de la hauteur de la couverture sans rien diminuer pour ce qui est occupé par le plomb, et aussi sans rien augmenter pour le ceintre de la pente sur le plomb, et l’on augmente un demi pied sur la longueur de la couverture pour chaque tranchée au côté de la noue, compris le scellement des tranchées.
14.
À l’égard des goutières qui se mettent au long des couvertures pour en recevoir les eaux, lorsqu’elles sont de bois neuf sans plomb, la goutière se compte à part à toise courante et est païée à part de la couverture sans rien augmenter pour le posé et son scellement, mais l’on compte les battelmens de la tuille par augmentation pour 1/2 pied courant de hauteur de couverture de châque côté sur la largeur, et s’il y a des paremens de plâtre au côté de la goutière sous les battelments, l’on augmente encore pour chaque parement un pied courant de hauteur de couverture quand aux couvertures de tuille neuve les battelments des goutières sont faits de vieilles tuiles, on en fait distinction et on les compte comme couverture de tuille maniabout, quoique les parements au dessous soient comptez en tuille neuve comme le reste de la couverture ; lors qu’il y a des plombs sur les goutières
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de bois, on les compte comme cy dessus sans comprendre le plomb, ni on ne compte rien pour la pente ; quand la goutière est de bois neuf fourni par l’entrepreneur, et quand elle est de vieux bois provenant du même comble ou autrement, l’on compte un pied courant sur la longueur de la goutière en couverture maniabout pour sa pose et son scellement ; mais si le plomb servant de goutière est immediatement posé sur une pante faitte de planches ou de lattes jointes avec plâtre fournis par l’entrepreneur, l’on compte cette pante pour un pied courant sur la longueur de la même qualité qu’est la couverture, le battelment passant aux côtés des goutières de plomb se compte comme sur les goutières de bois.
15.
Lorsque les goutières sont joignantes au côté d’un mur, ou du tuiau de cheminée, le filet ou solin de plâtre qui se fait au long de la goutière, comme contre le mur ou les tuiaux de cheminée se compte pour un pied courant sur la longueur.
16.
Les pantes de plâtre que l’on fait sous les chesneaux de plomb se comptent pour un pied courant de couverture sur leur longueur et les doubles parements et battelments du bas de la couverture sur les chesneaux se comptent comme ceux des côtés des goutières.
17.
Si les filets de plâtre du haut des toits en appentis isolez sont comptez pour un pied courant de la hauteur de la couverture sur leur longueur, les ruelles de plâtre qui
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bordent les côtés des toits isolez sont aussi comptez pour un pied courant de couverture sur leur hauteur.
18.
Les solins de plâtre tant du haut des toits en apentis, que des côtés de tous les toits contre les murs, souches de cheminée, joues des lucarnes et autres qui s’elevent plus haut que la couverture, sont comptez chacun pour un pied courant de couverture, dont il en faut 36 pour une toise, à l’exception des couvertures en recherche.
19.
Aux couvertures d’ardoise l’on compte aux égouts chaque ardoise entière de la saillie de dessous pour un demi pied, comme aux égouts de tuille ; quand aux couvertures d’ardoise la saillie de l’égout est faitte avec des tuilles noircies, l’on toise séparement pour couverture d’ardoise ce qui est ardoise, et ce qui est de tuille à l’égout pour couverture de tuille chacun selon leur valeur, de même aux couvertures d’ardoise qui sont enfaîtées avec des faitiers noircis, l’on compte les faitiers avec leurs crêtes de plâtre comme couverture de tuilles, séparément de celles d’ardoise.
20.
Les embardellements sur les faîtes des couvertures d’ardoise qui excèdent d’un côté de la hauteur d’un pureau au dessus du faîte pour lui servir ou tenir lieu de faîtage de plomb, se toisent par augmentation pour un pied courant.
21.
Lorsque les noues sont faittes avec ardoise étroitte sans plomb, l’on toise la couverture en plein et l’on augmente 3 pieds à chacune pour chaque noue sur la hauteur prise quarrément ou d’équaire au pureau de la couverture.
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22.
Tous les tranchis d’ardoise tant par les côtés des combles, qu’aux côtés des noues de plomb au long des arrétiers de chaque côté des combles sont comptez par augmentation pour 2 pieds courants sur la hauteur prise quarrément ainsi que chaques arrêtiers des pavillons sont comptez pour un pied d’augmentation de longueur dans le pourtour de la couverture.
23.
Les lucarnes et toutes les autres saillies en ardoise, ou en plâtre aux couvertures d’ardoise sont comptées, comme il est expliqué cy devant pour les couvertures de tuille, il en est de même aux couvertures d’ardoise maniabout, que de tuille, non à celles en recherche.
24.
L’usage de compter les plâtres suivant la qualité des couvertures où ils sont faits n’est pas juste, puis qu’ils sont les mêmes sur la tuille que sur l’ardoise neuve et sur les vieilles maniabout ; cependant il a une grande différence de prix des unes aux aultres, ce qui donne occasion aux ouvriers de tromper et de mettre souvent quelque peu de tuille ou d’ardoise neuve au long des plâtres où il n’est pas nécessaire afin de compter ces saillies de plâtre comme ouvrage neuf, lorsqu’il devroit être maniabout ; il seroit beaucoup mieux que les plâtres fussent d’une nature particulière d’ouvrage que l’on toiseroit séparément pour être compté par tout sur un même prix égal, et différent de celui des couvertures tant neuves que maniabout.
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Section quatrième
Du toisé de la plomberie, du carelage,
la menuiserie, la serrurie, la
vitrerie, le pavé de grais, la marbrerie,
la sculpture, la dorure, et la peinture

Les trois sections précédentes du toisé des bâtiments contiennent chacune une seule nature d’ouvrages ; la maçonnerie, la charpenterie, et la couverture ; aïant toutes les trois en leur particulier différentes qualités d’ouvrages qui se toisent par des règles distinctes, il a été nécessaire de diviser chaque nature d’ouvrages en plusieurs chapitres pour expliquer les règles de leur toisé. Mais le toisé des autres sortes d’ouvrages qui servent à la construction et à la decoration des bâtimens, aïant moins d’étendue, il sufira d’un chapitre seul pour expliquer le toisé de chaque espèce.
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Chapitre Ier
De la plomberie

1.
Les ouvrages de plomberie ne se toisent point : le plomb et la soudure se livrent au poids séparément : la façon, la voiture, l’emploi, la pose sont compris dans le prix du poids tant du plomb que de la soudure, c’est-à-dire, dans le prix dont on convient pour chaque livre de plomb et de soudure ; la fonte, la façon, la voiture, le bois, le charbon, l’emploi, le tems des ouvrages et la pose y sont compris.
2.
Lorsqu’il y a du vieux plomb de démolition ou autrement
Abréviation : autremt
il se donne en compte au poids au plombier, et on lui donne 4 livres pesant de plus pour chaque cent de livres pesant de vieux plomb pour le déchet.
3.
Le plombier doit faire voiturer le vieux plomb, le refondre, façonner, employer et poser en place pour le prix dont on est convenu pour chaque cent pesant de livres pour la façon du vieux plomb.
4.
Tout le plomb qui s’emploie dans les bâtimens se livre et reçoit aux poids indiféremment comme neuf, et lorsque l’on en fait le compte au plombier, l’on rabbat sur la totalité de la livraison la quantité de vieux plomb qui lui a été donné à compte, et cette quantité se païe suivant le prix convenu pour le vieux plomb, l’excédant de cette quantité de vieux plomb se compte et se païe comme neuf.
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5.
S’il se trouve que le vieux plomb donné en compte, excède la quantité de ce qui a été emploïé, on le compte pour façon comme vieux plomb, et l’excédant est rabbatu sur le prix de l’ouvrage et est païé par le plombier suivant la valeur du plomb neuf, moins le prix convenu pour le remploi du vieux plomb.
6.
Les ouvrages tant de plomb neuf, que de vieux plomb refondu doivent être pesés, tout taillés, façonnés, et disposez pour les endroits où ils conviennent être pesés avant que d’être soudés, soit les cuvettes, entonnoirs, écumeaux, godets, tuïaux et autre sortes d’ouvrages et repesez une seconde fois après être soudez afin de connoitre la quantité de soudure qui aura été emploïée pour compter le plomb et la soudure à part à cause de leur différent prix.
7.
Quand le plomb destiné à être emploïé aux bâtimens est livré en table de leurs longueurs et ensuite coupé suivant la disposition des endroits où il doit être posé, les rognures qui en proviennent sont pesée à part et rendues au plombier poids pour poids sans déchet sans rien compter ni païer pour la refonte des retailles.
8.
La soudure qui s’emploïe sur le lieu pour la pose des ouvrages de plomb tant neuf que vieux, ou pour les reparations des anciens plombs, se pèse d’abord en barre ou en lingots, et l’on repése ensuite ce qu’il en reste, afin de connoître la quantité de ce qui a été emploïé,
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pour être païé suivant le prix de la soudure, dans lequel prix est compris le charbon et le tems des ouvriers qui l’emploïent.
9.
Les tuïaux de plomb pour la conduite des fontaines sont meilleurs moulez que soudés… L’on fait distinction des plombs blanchis et des plombs battus et forgés d’avec le plomb ordinaire et sont païez chacun séparement pour être compté sur les prix différents.

Chapitre II.
Du carrelage

1.
L’on entend vulgairement par les ouvrages de carrelage les aires des salles et des autres pièces d’un bâtiment qui sont carrelée de quarreaux de terre cuite, dont il y en a de plusieurs sortes, grands et petits, quarrés ou à pans ; ils sont de différens prix suivant leur grandeur et épaisseur, le grand est estimé plus épais que le petit.
2.
L’on emploïe ordinairement le quarreau à pans pour carreler les grandes pièces au rez-de-chaussée et le petit quarreau aux autres étages. Les grands quarreaux quarrés servent à carreler les âtres de cheminée, et les petits quarreaux quarrés servent à carreler les escalliers étant plus propres à joindre contre les marches que le petit quarreau à pans.
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3.
Les quarreaux sont posés avec plâtre suivant l’usage de Paris sur des aires de plâtre faittes par le maçon, les aires de plâtre doivent être bien dressé de niveau, afin de poser immédiatement le quarreau dessus sans poussière entre deux.
4.
Les maîtres pottiers de terre fournissent ordinairement le quarreau et le plâtre ou ils les font poser par des ouvriers qui y sont habituez. Toutes sortes de quarreaux se toisent superficiellement sur la longueur et la largeur des pièces qui sont quarrelées, l’on rabbat les passages des tuäux de cheminée, mais l’on augmente les embrasemens des portes et croisées, ensorte que l’on toise ce qui est carrelé. Cependant l’on ne rabbat rien pour les jambages de manteaux de cheminées, ils sont compensés quand les chambres sont quarrelée de quarreau neuf pour la plus valeur des quarreaux qui sont plus épais et plus chers que les autres qui sont posés dans l’âtre de la cheminée, mais aux chambres carrelées de vieux quarreaux, où les âtres sont de quarreaux neufs, après avoir toisé la superficie de la chambre y compris l’âtre, l’on augmente la plus valleur des quarreaux d’âtre, suivant leur nombre et qualité, ou bien on les toise à part.
5.
Les pièces qui sont pavées de dalles de pierre ou quarreaux de pierre de liaire [sic.] et marbre noir ou autrement se toisent aussi à toise superficielle en diminuant de même les enclaves et en augmentant les embrasemens, il n’y a que le prix qui soit différent.
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Chapitre III.
De la menuiserie

1.
Il y a deux sortes de toisé pour la menuiserie, l’un à toise superficielle, et l’autre à toise courante. Dans l’une et l’autre manière de toiser, la menuiserie doit être en place, les menuisiers fournissent le clou pour l’attacher, mais ils ne fournissent pas les pattes, visses et autres ferrures, ils n’en font pas même les scellemens, ni les troux, tranchées ou entailles dans les murs, ou ailleurs pour la placer. Aux parquets et planchers de planche les menuisiers fournissent les lambourdes au dessous qu’ils empattent de 9 à 10 pouces de distance l’une de l’autre et les passent de niveau sur des calles, mais c’est le maçon qui les scelle dans toute leurs longueurs.
2.
Le parquet se toise sur la longueur et largeur des chambres et autres pièces parquetées que l’on réduit à la toise superficielle de 36 pieds quarrés, l’on rabbat la place des âtres, foyers, passages des tuïaux de cheminée et autres enclaves, et l’on augmente les embrasemens des portes et des croisées, en sorte que l’on ne toise au juste que la superficie du parquet en œuvre, les lambourdes au dessous sont comprises dans le prix du parquet.
3.
Les planches entières ou refandues en deux sur leur largeur, de chênes ou de sapin, posées sur des lambourdes se toisent comme le parquet suivant leur qualité on n’a égard qu’à la différence du prix.
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4.
Les lambris d’assemblages avec panneaux simples ou à quadres, pilastres, plintes, cimaises et corniches, se toisent dans leur pourtour et hauteur et se réduisent à la toise superficielle, en y rabbatant les vuides, sans y rien augmenter pour les saillies des pilastres, lorsqu’ils ne sont que de l’épaisseur d’une planche, ni des quadres et corniches de menuiserie, mesurant simplement la hauteur depuis le dessus de la corniche ou moulure qui couronne le lambris jusque sur le parquet du quarreau dans la longueur ou pourtour des chambres ; la façon de l’ouvrage en fait la différence du prix ; l’on toise séparément les lambris du pourtour des embrasemens des portes et fenêtres ou autres renfoncemens dans les épaisseurs des murs sur leur largeur, que l’on réduit à toise superficielle, comme les autres lambris.
5.
Les lambris à deux parements servants de cloison pour séparer deux chambres ou autres pièces, se toisent comme les lambris simples par l’une des faces seulement, sur leur hauteur et pourtour et se réduisent à toise superficielle suivant différents prix.
6.
L’on toise quelques fois les lambris à hauteur d’appui à la toise courante dans leurs pourtours sans les réduire à la toise superficielle ; mais les lambris d’appuis étant de différentes hauteurs, il est plus juste de les réduire en toise quarrée comme les autres.
7.
Les cloisons de planches jointes à rennures et languettes ou autrement se toisent comme les lambris par leur
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longueur ou pourtour et hauteur, on les réduit à toise superficielle y compris leurs coulices du haut et du bas, lesquelles sont [confondues]
dans le toisé des cloisons, l’on en rabbat tous les vuides et l’on ne compte rien pour les languettes et renures qui entrent l’une dans l’autre au joint des planches.
8.
Aux lambris et cloisons qui forment des retours d’angles saillants ou rentrants, l’on toise tout le pourtour de leurs faces sur sa longueur sans rien rabbatre aux angles saillants pour l’épaisseur des battants ou planches qui paroissent à leurs retours, parce que ces épaisseurs de planches ou des battants sont comptés pour ce qui est passé l’un dans l’autre.
9.
Les portes pleines emboetées ou barrées se comptent quelques fois à la pièce, lors qu’elles sont approchantes de même grandeur, on les toise pour une face sur leur hauteur et largeur que l’on réduit à toise superficielle, soit qu’elles soient à un vanteau, ou à deux. Les contrevents se toisent de la même manière que les portes pleines.
10.
Les portes à placard ou à deux parements tant grandes que petites, ou à deux vanteaux se toisent par l’une de leurs faces suivant leur hauteur et largeur prise du dehors de leur quart de rond et recouvrement, et elles se réduisent à toise superficielle.
11.
Les ravallements des embrasements des portes à placard se toisent dans tout leur pourtour de leurs côtés et plafonds et l’on augmente un pouce de longueur à chaque bout du plafond pour le recouvrement sur les côtés montants comme sur leurs largeurs dans l’épaisseur des murs
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entre le derrière des deux chambranles, et on les réduit à toise superficielle, comme lambris.
12.
Les chambranles des portes à placard des embrazements des fenêtres, des bas de cheminée, et autres semblables se mesurent dans leurs pourtours pris par le dehors de leur profil lorsque les montants sont assemblez du haut, ils sont comptez à toise courante.
13.
Les corniches de menuiserie, les pleintes et camises que l’on rapporte sur de vieux lambris, ou sur des lambris neufs après coup, c’est-à-dire, après que l’ouvrage est fait et posé au pourtour des murs pour attacher les tapisseries, se mesurent sur leur longueur et sont comptez à toise courante.
14.
Les croisées de quelque façon qu’elles soient faittes, se toisent au pied courant sur leur hauteur seulement chacune séparément, faisant distinction de leur façon et qualité à panneaux de verre, ou à quarreaux, avec ou sans volets ouvrants, ou à coulisses plus ou moins larges pour être compté sur différent prix à proportion de leur largeur et qualité aux croisées, qui ont des volets sont compris dans le prix des croisées.
15.
Les auvents ordinaires d’environ 3 pieds de saillie au dessus des boutiques se mesurant à toise courante sur leur longueur, aïant égard à leur largeur, faisant distinction des auvents faits de planches couvertes l’une sur l’autre dans la longueur de ceux dont les planches sont de bouts joints à rennures et languettes par le dessus en l’une et en l’autre manière, les chassis qui portent les planches sont compris dans le toisé de l’auvent.
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Les autres auvents qui servent d’engard ou de couvertures faits comme cy dessus, se mesurent leur longueur et largeur au pourtour et se réduisent à toise quarrée.
16.
Les autres ouvrages de menuiserie qui sont presque l’infini, comme les attiques et revettement de cheminée, les arrières voussures, niches, culs de four, decoration de colomnes et pilastres dans les galleries et appartements
Abréviation : appartements
retables d’autels, bufet d’orgue, stalles ou chaises de chœur, chaires à prêcher, confessionneaux et autres ouvrages semblables se païent suivant leur qualité, en les réduisant autant qu’il se peut à toise quarrée, ou à toise courante.

Chapitre IV.
De la serrurerie

1.
La serrurerie se compte au poids, à la pièce et à la toise courante.
2.
Tout ce que l’on nomme gros et menu fer dans les bâtiments, comme ancres, tirans, arpons, plattebandes, équaires, cloux de façon, crampons, corbeaux, chevestres, barres ou bandes de tremis, manteaux de cheminée, barres de linteaux, chaines et clavettes, ceintures de potagers, fantons de cheminée, chevilles et chevillettes, tiges, cloux de charette et de batteaux, barreaux, grilles, portes de fer avec leurs garnitures, sçavoir pivots, fiches, serrures, verouils à ressort et couronnement, les boutons des escalliers et autres avec leurs rondelles et clavettes, rechaux de cuisine et générallement tous les fers de bâtimens se livrent au poids au cent de
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livres pesant selon le prix différend pour les gros et menus fers, y compris la voiture et le posé.
3.
Les vieux fers provenant des démolitions de bâtiment se donnent au poids à compte au serrurier, on lui accorde 4 livres pesants pour chaque cent pour le déchet, c’est-à-dire, 104 pour chaque cent ; l’on convient d’un prix particulier pour la façon et l’emploi des vieux fers.
4.
Lorsque l’on a donné du vieux fer à compte au serrurier, il le façonne, le livre et le porte aux endroits où il convient indiferemment avec le fer neuf, on les reçoit tant l’un que l’autre au poids, dont l’on tient registre, et à la fin du bâtiment l’on compte générallement tout le gros fer qui a été emploïé et du total on ôte la quantité du vieux fer donné en compte que l’on païe pour façon et le surplus pour fer neuf.
5.
Les serruriers sont tenus de faire voiturer, livrer aux bâtimens et poser en place tout le gros fer qu’ils fournissent tant le vieux que le neuf, de faire les entailles dans la charpente, de les clouer et attacher en place, mais ce sont les maçons qui font les troux et tranchées dans la pierre et dans les murs de moilon pour poser et sceller les gros fers.
6.
Les gonts, pantures, pivots, cremillieres [sic.], barres d’arboutant pour ferrer les portes et les contrevents des barres au derrière des croisées avec leur garniture
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les broches pour attacher les chambranles et autres semblables serrures sont livrées au poids, quelques fois la pose, ces deux sortes d’ouvrages sont comptez dans le prix du poids, mais pour l’ordinaire la pose est païée à part.
7.
Les mêmes ferrures de toute espèce ; comme serrure, fiches, terjettes et toiteaux avec les crampons et mantonets tant droits que retorts, crochets, espagnollettes, boucles, boutons, couplets, le tout avec leurs garnitures posé en place, les pattes tant grandes que petites et autres ferrures se païent à la pièce selon leur grandeur qualité et façon.
8.
Les balcons pour les fenêtres se païent ordinairement
Abréviation : ordinairemt
à la pièce, les grands balcons à pieds, rampes des escalliers et balustrade de fer sont comptez à toise courante sur différens prix selon leur qualité.
9.
Tous les autres ouvrages de serrurerie qu’il seroit ennuïeux de nommer se païent au poids, à la pièce, à la toise, ou au pied courant suivant leur qualité et les rapports qu’ils ont avec les ouvrages cy dessus expliqués.
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Chapitre V.
De la vitrerie

1.
Il y a trois sortes d’ouvrages de vitrerie qui sont les carreaux, les panneaux de verre neuf, et les vieux panneaux remis en plomb neuf. Ces trois sortes d’ouvrage se toisent chacune sur leur hauteur et largeur réduits au pied quarré.
2.
Il faut observer que dans les provinces il y a différentes grandeurs de pied. Aux unes le pied n’a que 8 pouces de long qui fait soixante
quatre
Changement de main
à l’encre noire en dessous
pouces quarré en superficie ; en d’autres le pied a 11 pouces. Mais le pied de roy dont on se sert à Paris a 12 pouces ce qui produit au quarré 144 pouces en superficie.
3.
La manière de compter la superficie des carreaux et panneaux des verres, pour la facilité et abbréviation du calcul, est par pieds, pouces, et lignes. Chaque ligne contenant une ligne de large sur 11 pouces de haut, donc il faut 12 de ces lignes pour faire un pouce de large sur 12 pouces de haut, et 12 de ces pouces font un pied quarré qui contient 12 pouces de large sur 12 pouces de haut.
Un carreau de vitre qui auroit 14 pouces de haut sur 12 pouces de large contiendroit 168 pouces en superficie, qui feroit un pied, 2 pouces suivant la manière de toiser ; de même un panneau qui auroit 2 pieds, 3 pouces de haut sur un pied, 10 pouces de large contiendroit 4 pieds, 18 pouces en superficie et seroit compté pour 4 pieds, 1 pouces, 6 lignes.
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Si le panneau avoit 2 pieds, 3 pouces, 4 lignes de haut, sur un pied, 10. pouces, 6 lignes de large il contiendroit 4 pieds, 39 pouces que l’on compteroit pour 4 pieds, 3 pouces, 3 lignes dans le toisé aïant additionné ces trois superficies, on trouve 9 pieds, 6 pouces, 9 lignes.
4.
Les carreaux de verre neuf sont plus chers que les panneaux neufs, quoiqu’aux panneaux outre le verre il y a encore du plomb pour l’assemblage des pièces, parce que pour tailler les carreaux dans un plat de verre qui est rond aïant une rondine au milieu il y a beaucoup plus de déchet que de tailler les pièces des panneaux qui y sont plus petites et de différentes formes et grandeur dans un même panneau.
5.
Plus les panneaux de verre sont grands, plus le pied quarré est cher, et les carreaux qui sont entourés de plomb sont plus chers que ceux qui sont avec des bandes de papier et collés au pourtour ; ensorte qu’il y a quatre sortes de prix pour les quarreaux d’une même grandeur ; ceux qui sont entourez de plomb, ceux avec des bandes de papier par le dedans avec le plomb, ceux collés par le dehors et contrecollés par le dedans, ceux qui ne sont collés que par le dehors, et ceux qui sont mastiquez. Tous les carreaux doivent être attachez avec quatre pointes, les plus courtes que faire se pourra.
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Chapitre VI.
Du pavé

1.
L’on entend par le terme de pavé contenu dans ce chapitre, le pavé des grands chemins, des rues, des cours, écuries, cuisines et autres pièces au rez-de-chaussée.
3.
Il y a de différentes sortes de pavé suivant les différents païs, l’on en connoît de trois sortes à Paris qui sont le pavé de grais, le pavé de rubot et le blocage. Ce dernier ne convient qu’aux chaussées et grands chemins. Le pavé de grais convient partout, et le pavé de rubot ne convient qu’aux offices, aux magazins et autres lieux où il n’entre point de voiture ny de chevaux, non exposé à la pluie, ni à l’eau par ce qu’il se polit à l’usage sous les pieds… Le blocage est fait de pierrailles de gros caillous ou de moilon, de matiere rangée sur le champ ou de bout, d’un pied ou environ d’épaisseur, en liaison l’un contre l’autre, tous les joints remplis de sable et posé sur une forme de sable ou de terre franche bien battue et dressée par dessus, le blocage resiste aux fardaux et aux ravages des voitures, mais il fatigue les pieds des chevaux et encore plus les hommes par l’inégalité de ses cornes.
3.
Le pavé de grais est plus commode et le meilleur il doit être fait de roche dure pour le meilleur. Le pavé de roche tendre étant sujet à s’user promptement se casse sous le fardeau et se réduit en poudre.
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4.
Le grais se fend en tout sens assez droit sur toutes ses faces en forme de petit cube de 8 à 9 pouces de gros, que l’on nomme le gros pavé, dont on se sert pour paver les rues et les grands chemins et se pose sur une forme de sable sec, on le bat ensuite pour l’affermir et dresser par le dessus.
5.
Le gros pavé fendu en deux s’emploïe dans les cours où il entre des voitures, on les pose avec du mortier de chaux et sable sur une forme de sable, mais il tient beaucoup mieux et subsiste plus longtems lorsqu’il est posé avec chaux et siment et ne doit pas être posé autrement quand il y a des caves sous les cours.
6.
Le gros pavé se fend aussi en trois pour faire du petit quarré de 5 à 6 pouces en quarré et de 3 à 4 pouces d’épaisseur pour les petites cours où il n’entre point de voiture : les écuries, les cuisines et autres lieux semblables ; le petit pavé doit être toujours posé sur une forme platte de sable, par ce qu’il ne subsisteroit pas longtems s’il étoit posé avec mortier de chaux et sable, étant plus mince que le grais fendu en deux il seroit sujet à s’ebranler.
7.
Le pavé de grais d’échantillon est fait de même de gros pavé fendu en trois de 5 pouces, 3 lignes. 4 en quarré bien equaris et mis proprement, taillez par le dessus et par les joints, se posent avec mortier de chaux et ciment sur une forme de sable.
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8.
Il se fait d’autres petits pavés avec les éclats des grais que l’on taille pour faire le petit pavé, et se nomme pavé de quart qui est ce rebut des autres ; ces petits pavés sont sujets à se casser et s’ebranler, ne faisant pas assez de liaison dans le fond, étant ordinairement plus mince d’un côté que de l’autre.
9.
Le pavé de rubot se tire dans les carrières où l’on tire la pierre dure, et l’on trouve entre les bancs de pierre dure d’autres petits bans nommés plaquiers de 3 à 2 pouces 1/2 d’épaisseur comme une espèce de liais dure, on laisse ces petits bancs de l’épaisseur qu’ils ont et on les debite en pavé de 5 à 6 pouces en quarré ; on les pose à chaux et ciment sur une forme de sable ; le pavé de rubot s’eclatte et se calcinne au feu.
10.
Toutes ces différentes sortes de pavé se réduisent à toise quarrée en les mesurant sur leur longueurs et largeurs pour avoir au juste la superficie, paiée chacune sur des prix différents suivant leur qualité, faisant à tous distinction du pavé neuf avec le vieux pavé relevé et emploïé.
11.
De tous ces différens pavés celui de grais est le meilleur et le plus cher ; le pavé d’échantillon est le plus cher de tous, ensuite le gros pavé des rues. Après le pavé fendu en deux, celui qui est fendu en trois, ensuite le pavé de calles, le blocage et le pavé de rubot qui est le moins cher de tous.
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Chapitre VII.
De la marbrerie

1.
Il y a deux choses à considérer aux ouvrages de marbre, qui sont la matière ou la qualité et la façon, lesquelles sont toisées et païées séparément sur différents prix.
2.
Quand les marbriers fournissent le marbre qu’ils emploïent à leurs ouvrages, l’on toise le marbre à part au juste comme il est en œuvre sur la longueur, largeur et épaisseur, le tout à prendre d’une extrémité à l’autre entre deux règles, c’est-à-dire que pour la longueur l’on pose une règle à chaque bout quarrément, ou suivant les biais, s’il y en a, et l’on mesure cette longueur entre les règles au droit du milieu de la largeur, de même que pour la largeur l’on pose deux règles par les cotés d’une extrémité à l’autre, l’on prend la distance entre ces règles au droit du milieu de la longueur pour la largeur commune, et l’épaisseur se prend aussi entre deux règles, l’une posée par le derrière et l’autre par le devant. Quand l’épaisseur est plus forte à un bout qu’à l’autre, l’on mesure la distance au milieu de la longueur, mais si le plus fort est vers le milieu, on compte par toise de cette épaisseur et on le réduit au pied cube en l’augmentant d’un huitième pour le déchet ; l’on distingue chaque sorte et qualité de marbre.
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3.
Pour avoir le cube du marbre d’une table ou tranche ronde, l’on toise la superficie comme si c’étoit une octogone circonscritte autour d’un cercle que l’on multiplie par l’épaisseur, ainsi de même pour les autres figures, ovales, ou à pan, l’on y augmente aussi un huitième pour le déchet.
4.
Aux traverses des chambranles ceintrés, ou autres ouvrages semblables, l’on rabbat la moitié du vuide du ceintre, lorsqu’il se peut retrancher avec la friolle ou le ciseau et l’on augmente 1/8 du cube du restant pour le déchet.
5.
À l’égard de la façon des ouvrages de marbre unis et des ouvrages d’architecture ou moulures, l’on en fait distinction. Les ouvrages unis, comme le dessus des tables, foyers, le fond des revettemens, le dedans et le dehors de l’épaisseur des chambranles de cheminée, les panneaux, le pourtour des bazes des colomnes, les faces et épaisseurs des pilastres, les avants ou arrières corps, les pleintes et socles, les dedans des niches et autres ouvrages unis se toisent sur leur longueur, largeur et hauteur ou pourtour, et se réduisent au pied quarré, et se païent sur un prix convenable à l’ouvrage. Ceux qui sont de sciage ou ceux qui sont dressez au ciseau, ceux qui ne sont qu’adoucis et ceux qui sont adoucis et polis chacun séparement.
6.
Les ouvrages de marquetterie de marbre en compartiment ou ornement de feuillages et autrement unis et planes concaves, ou convexes, se toisent de même sur leur longueur et largeur ou hauteur au pourtour et se réduisent au pied quarré.
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7.
Les moulures, cannelures, listeaux et autres architectures de marbre se toisent chacune sur leur longueur dans tout leur pourtour et contour, c’est-à-dire tant droits que courbés, convexes ou concaves, ou en angles saillants ou rentrants, sans rien augmenter pour les arrêtes extérieures ou intérieures des retours, lorsque les moulures couronnent le pourtour de la saillie des avant corps, pilastres, consoles et autres corps saillants, ces corps saillants se toisent à part dans la hauteur droitte que contiennent les moulures et générallement toutes les autres saillies d’architecture se réduisent au pied quarré, comme il est expliqué cy dessus pour tous les ouvrages d’architecture et de maçonnerie. Le prix des ouvrages d’architecture de marbre est différent du prix des ouvrages unis.
8.
À l’égard de la sculpture qui peut se rencontrer dans les ouvrages cy dessus, elle doit être païée à part suivant sa qualité et façon.

Chapitre VIII.
De la sculpture

1.
Lorsque l’on propose dans ce chapitre le toisé de la sculpture, il ne faut pas entendre que ce soit les figures, les bas reliefs, les trophées, les chapiteaux, les panneaux de rinseaux, palmettes, ou autres ornemens particuliers que l’on pretend réduire à la toise ; ces sortes d’ouvrages s’estiment à la pièce, principallement les figures dont la valleur
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tant de leur grandeur que de l’habileté du sculpteur qui les a faittes.
2.
Les ouvrages de sculpture que l’on réduit au toisé sont les ornements qui font saillies sur les moulures des membres d’architecture, comme les corniches, les frises, architraves tant en marbre qu’en pur plâtre, bois et autres matières, de toutes lesquelles le toisé est uniforme.
3.
L’on réduit ordinairement chaque moulure en membre d’architecture sculptée au pied ou à la toise courante on la menne dans tous les pourtours et longueurs, chacune séparement par le dehors des angles saillants et par le dedans des angles rentrants.
4.
Aux corniches ornées de modillons mutullés ou consollés de sculpture, et aux frises décorées d’ornemens de reinseaux, de feuilles, fleurons, entrelats, trigliphes, et mélopes [sic.] remplis d’ornemens ou autres choses semblables, on toise les membres qui les contiennent aussi à toise courante dans leurs pourtour pris au nud de ces membres.
5.
Lorsqu’aux entablements extérieurs et aux corniches, frises et architraves sous les plafonds dans les appartemens, l’on ne fait qu’un seul prix pour tous les ornemens qui les composent, aux corniches et entablemens l’on mesure le pourtour du membre sculpté le plus saillant du saillant et le pourtour du nud de la frise ou membre orné du bas de leurs profils que l’on réduit à une même mesure moïenne
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à l’égard des quadres l’on en mesure le pourtour par le dehors et par le dedans des moulures ornées que l’on réduit de même à une mesure moïenne pour être compté au pied ou à toise courantes.
6.
Les autres ouvrages de sculpture comme les chapitaux des colomnes et des pilastres, les consoles, panneaux et autres ouvrages d’ornement, dont il y en a plusieurs d’une même sorte de prix et de grandeur sont estimez à la pièce de chaque sorte d’ouvrages selon leur espèce.

Chapitre IX.
De la dorure

1.
Il y a deux sortes de dorure dans les bâtimens qui sont l’or en détrempe que l’on nomme or breunis ou or repassé, et l’or à huille, que l’on nomme or matte.
2.
L’or breunis et l’or repassé ne peuvent être emploïé que sur le marbre non polis, la pierre, le plâtre et le bois dans des lieux à couvert, parce qu’il ne subsiste pas à l’air et à la pluie, il s’écailleroit et tomberoit par feuille s’il étoit emploïé sur le fer, le plomb et le bronze ou autres métaux à couvert, comme à l’air.
3.
L’or matte s’emploie à toutes sortes d’endroits à couvert, à l’air, à la pluie, sur les metaux ; fer, plomb, bronze et autres, sur le marbre, la pierre
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le plâtre et le bois ; il n’a pas un si bel œil que l’or breunis et l’or repassé, la poudre s’y attache, pâlit et ternit avec le tems.
4.
L’or breuni s’applique en feuilles d’or battu sur un après de 7 à 8 couches de blanc à colle ou détrempée claire, adoucie avec un linge et de l’eau à fur et à mesure que chaque couche est seiche, l’on répare avec des outils les endroits où le blanc est trop épais dans les fonds et aux ornemens ; ensuite l’on y repasse une couche d’ocre jeaune et deux ou trois couches d’assiette de colle et sanguine, le tout en détrempe, l’on y applique dessus les feuilles d’or avec de l’eau claire et l’on breunit les parties qui le doivent être, après que le tout est bien sec.
5.
Quoique l’on ne breunisse pas entierrement toutes les parties de ces sortes d’ouvrages de dorure et que ce qui reste des parties non breunies servent à faire paroître le breuni avec plus d’éclat, le tout se compte pour or breuni, parce qu’il est préparé pour être breuni comme le reste.
6.
L’aprest pour l’or repassé se fait aussi en détrempé, comme pour l’or breuni, à la réserve qu’il n’est point adouci et que l’on ne donne que trois couches de blanc en detrempe, une d’ocre jeaune, et deux couches d’assiette de colle sur lesquelles sont appliquées les feuilles d’or aussi avec de l’eau, et l’on ne le breunit pas.
7.
Pour l’or matte, l’on donne deux couches de blanc de ceruse à l’huile de noix aux endroits à couvert, ou deux couches
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d’ocre jeaune à huile aux endroits qui sont à découvert, l’une et l’autre bien séchée avant que d’y mettre l’autre couleur qui est aussi à huile faitte de vielles couleurs engraissées ; lorsque cette dernière couleur est imbue, avant qu’elle soit séchée l’on applique les feuilles d’or battu que l’on appuie légèrement dessus avec du cotton pour les faire attacher sur la couleur.
8.
À chacune de ces trois manières de dorure l’on distingue l’or breuni à plat ou en moulures, et l’or sur les ornemens que l’on nomme or taillé ; on les toise à part, en sorte qu’il y a six différents prix de dorure, sçavoir l’or breuni, uni, l’or repassé, taillé, l’or matte uni, et l’or matte taillé, dont la manière du toisé est uniforme, elle se réduit au pied quarré de 144 pouces en superficie.
9.
Ces différentes sortes de dorure se mesurent sur leur longueur et largeur au pourtour ; les longueurs étant prises au juste d’un bout à l’autre de chaque membre, comme il est expliqué au chapitre précédent pour la sculpture, la largeur du pourtour se prend en contournant avec une bande de parchemin trouée sur laquelle les pouces et les lignes sont marquez ; l’on prend le pourtour des moulures le mieux qu’il est possible, que l’on multiplie par la longueur pour les réduire au pied quarré, que l’on compte par pieds, pouces et lignes, comme il est expliqué aux articles 3 et 4 du 5 chapitre précédent au toisé de la vitrerie.
10.
La dorure des chapiteaux, trophées, ornemens, consolles, et autres ornemens saillants ou bossages se toisent pareillement
Abréviation : pareillemt
en contournant avec une bande de parchemin le pourtour
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des saillies, ornemens, voluttes, bosses, creux, renfoncemens, bas reliefs, festons, sur la hauteur et largeur au pourtour, pour en avoir la superficie autant juste qu’il se peut faire, que l’on réduit aussi au pied quarré.

Chapitre X.
De la peinture et des impressions

1.
Les peintures ordinaires des bâtimens que l’on païe à la toise sont les grosses peintures, celles qui se font en façon de marbre uni ou en compartiment avec des moulures feintes. Les peintures faites de menuiserie par quadres et panneaux avec cimaises, corniches et autres moulures en couleur de bois vernissé en blanc gris, jonquille, et autres couleurs ; les couleurs que l’on couche à plat avec des brosses sur la menuiserie, sur les murs, les plafonds ou ailleurs se nomme : impression de peinture.
2.
Il y a deux sortes de peinture, l’une à l’huile et l’autre en détrempe, chacune de différentes couleurs ; les couleurs à huille sont broïées et incorporées avec de l’huile de noix ; pour être bonne, plus elles sont broïées fin, plus elles sont belles.
3.
Les couleurs en détrempe sont broïées à sec bien fin, ensuite détrempée avec de la colle forte que l’on fait chaufer chaques fois qu’on s’en sert.
4.
Les impressions de blanc à huille doivent être faittes
p. 255
   
avec du blanc de céruse, celui de Hollande est le meilleur, l’on mêle quelques fois de l’huile de térébantine pour faire sécher plus promptement et l’empêcher de jeaunir ; l’on donne ordinairement deux couches tant de blancs que d’autres couleurs aux impressions d’huile, et l’on fait distinction du prix, quand il n’y a qu’une couche.
5.
Les impressions de jeaune, rouge, terre d’ombre, couleur d’olive ou couleur de bois et autres semblables à huile sont à peu près de même prix et moins chères que le blanc… La couleur noire se fait avec du noir de fumée incorporé avec de l’huile de noix, elle est longue à sécher et la moins chère de toutes les couleurs. Quand on veut faire sécher la couleur de noir à l’huile plus promptement, l’on donne la seconde couche de noix incorporé avec du vernis d’esprit de vin, au lieu d’huile de noix, ce que l’on nomme noir au vernis, alors il est plus cher.
6.
Pour l’impression en verd sur le bois ou sur le fer, on donne la première couche de verd de montagne et une autre couche de verd de gris à l’huile de noix. Quelques-uns prétendent que la première couche étant faitte de terre d’ombre à huile au lieu de blanc de ceruse soutient mieux le verd et que le blanc le fait pâlir en peu de tems ; la couleur verte en huile est plus chère que les autres couleurs.
7.
Aux impressions de couleur en détrempe l’on donne une première couche en chaux vive que l’on fait éteindre dans l’eau et que les peintres nomment échauder sur les murs et sur le bois pour les préparer
p. 256
   
à recevoir les couleurs en colle, ce qui les empêche de s’écailler, ensuite l’on donne deux couches de couleur en colle l’une après l’autre à mesure qu’elles sèchent. Il faut observer que la colle ne soit ni trop forte, ni trop claire, parce que si la colle est trop claire la couleur ne tient pas, et si elle est trop forte, la couleur écaille.
8.
Si le blanc en détrempe se fait avec du blanc d’Espagne bien fin ; le jeaune et le rouge avec de l’ocre jeaune ou rouge ; le noir avec du noir de fumée plus ou moins de l’un ou de l’autre ; la couleur olive se fait avec de la terre d’ombre qui est une couleur brune de l’ocre jeaune et du noir de fumée toutes incorporées avec de la colle forte. Toutes les couleurs en détrempe sont à peu près de même prix, le blanc est le meilleur marché.
9.
Le bon vernis est fait avec de l’esprit de vin, et se nomme vernis sec, c’est celui que l’on doit emploïer aux belles boiseries, il n’y a point de couleur ni d’épaisseur, il donne seulement un luisant et il ranime les couleurs imbues, il suffit d’une couche de vernis sur les couleurs à l’huile, et il est quelques fois nécessaire de deux couches sur les couleurs en détrempe, mais il en faut toujours deux couches de vernis sur le bois nud, pour que le vernis s’y soutienne ; les bois de menuiserie et autres que l’on veut vernir doivent être bien replanis avant que d’y mettre le vernis, il les faut encoller d’une ou deux couches de
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colle de grand clair pour emboucher les ports et les laisser sécher, ensuite mettre le vernis. L’on païe le vernis selon la quantité des couches que l’on y a mises, les couches de colle sont comprises dans le prix du vernis ; mais aux vernis mis sur les impressions de couleur à huile, ou à détrempe, l’on compte les impressions à part, et les vernis à part
10.
Les grosses peintures, les impressions de couleurs et le vernis se toisent sur leurs longueurs et largeurs ou pourtour et hauteur, et se réduisent à toise superficielle de 36 pieds quarré, faisant distinction de leur qualités par rapport au différent prix.
11.
Pour l’ordinaire la grosse peinture en façon de menuiserie, en compartimens de quadres et pannaux, se toisent d’abord comme impression de couleur et l’on compte les quadres avec leurs pannaux en particulier que l’on estime à la pièce. Deux petits pannaux en frise ou pilastre à bossement ou plattebande sont comptez ensemble pour un pannau à quadre, mais dans les grands bâtimens, les compartiments et l’impression de couleur sont confondus dans une même toise sur un seul prix.
12.
Les marbres feints en peinture se toisent comme les autres peintures sur différent prix à proportion de ce qui est plus ou moins ressemblant au marbre naturel.
13.
Pour ce qui regarde la manière du toisé des plafonds
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tant droits que ceintrés se toisent du demi de leur corniche sur la longueur et largeur ou pourtour tant d’un sens que de l’autre : les corniches se toisent par le bas dans tout leur pourtour au nud des murs sur leur hauteur prise à plomb jointe avec leur saillie prise de niveau.
14.
Aux lambris tant en menuiserie qu’en plâtre, les impressions de couleurs ou de vernis sont mesurées sur leur longueur, hauteur et pourtour que l’on réduit à toise quarrée sans y rien augmenter pour les saillies de leur moulure.
15.
Les portes à placards sont toisées par chacune de leurs faces de dehors en dehors de leurs chambranles, leur embrazements sont toisés dans leur pourtour sur la largeur, y compris l’épaisseur du dedans des chambranles sans y rien augmenter pour le profil des moulures ; les portes pleines se toisent aussi par leurs deux faces.
16.
Les croisées à quarreau de verre sans volets peintes par le dedans et par le dehors à la réserve des petits bois et pourtour des bords des battis des chassis à verre ou le papier doit être collé sont mesurez par le dedans, leurs deux faces n’étant comptées que pour une seule face. Quand la couleur de dehors est de prix différent, l’on mesure la superficie de ce qui est peint à part et l’on en rabbat la quantité du toisé de la face du dedans ; lorsque les croisées à quarreaux de verre ont des volets, ils se toisent des deux faces pour ce qu’ils contiennent ; mais vulgairement quand les volets ouvrent de toute la hauteur des croisées et sont ferrez
p. 259
   
sur les dormants, l’on compte ces croisées à panneaux avec leurs volets pour trois faces de peinture.
17.
Les croisées à pannaux de verre avec volets sont toisées par le dedans et doublées pour les deux faces ; quand il n’y a pas de volets, elles sont toisées de même par le dedans et l’on rabbat les vuides des chassis à verre pour chacune des deux faces.
18.
La peinture des grilles à barreaux de fer peintes par toutes les faces est comptée les deux faces pour une, la largeur se prend dans l’extrémité des barreaux.
19.
Les balcons et les rampes de fer des escalliers chargez de beaucoup d’ornements sont comptez et mesurez par leur deux faces ; mais lorsqu’ils ont peu d’ornements le toisé en est diminué à proportion par évaluation ; en sorte que quand les enroullemens font aussi clairvoies que les grilles, on ne les compte que pour une face.
21.
Les treillages de jardins de 6 à 7 pouces de maille peints de tous les côtés, devant et derrière sont isollez, ou avant que d’être posé, sont comptez en deux faces pour une ; quand ils ne sont peints que par la face et par les épaisseurs entre les mailles, étant posées la toise quarrée n’est comptée que pour 3/4 de toise ; mais les décorations de treillage peintes devant et derrière avec leurs épaisseurs, sont comptées à toise quarrée par chacune de leurs faces.
21.
Les ornemens peints sur les moulures de reliefs aux corniches, quadres, ou autre architecture se
p. 260
   
mesurent sur leur longueur et pourtour, et sont comptez à la toise courante sur différent prix proportionné à l’ouvrage.

[Chapitre 11]
Conclusion
du toisé des bâtiments

1.
Il y a deux choses à considérer dans le toisé, sçavoir ce qui concerne les règles et les principes du toisé, les mesures, longueurs, largeurs, pourtours superficies, et cubes qui sont expliquez dans les précédentes sections de chaque nature d’ouvrages qui servent à la construction et décoration des bâtimens, lesquelles règles et principes sont justes suivant la géométrie, et ne peuvent changer et que conserve l’usage, autrement dit, les us et coutumes de Paris, auxquelles il y a des abus qui sont marquez à chaque endroit où il en est parlé, non pour les réformer, ce qui n’appartient qu’au roi et au Conseil, mais seulement
Abréviation : seulemt
pour les faire connoître et empêcher s’il se peut qu’en les suivant on ne les augmente jusqu’à ce que l’on les ait réduit selon la justice et la raison.
2.
À l’égard des prix des différentes sortes d’ouvrages, il n’en est point fait mention, les choses étant plus chères dans un tems que dans l’autre pour plusieurs raisons soit par la facilité ou difficulté de trouver et voiturer les matériaux, leur petite ou grande quantité à proportion, le grand ou petit nombre des édifices qui se construisent, ou de la cessation
p. 261
   
des travaux, du prix des journées des ouvriers et des voitures qui augmentent ou diminuent à proportion de la chereté des vivres, des vêtemens, des logemens, d’une infinité d’autres choses semblables.
3.
La capacité, médiocrité ou manque de sçavoir des entrepreneurs, leurs moyens ou pauvreté contribuent aussi aux différens prix des ouvrages. Tous ne travaillent que pour y trouver du profit, l’entrepreneur qui est habile sçait choisir, débiter et emploïer les matériaux. L’entrepreneur qui a le moïen d’avancer et faire les amas des matériaux dans les tems et les saisons où ils sont les moins chers, peut faire meilleur marché, en faisant plus de profit que celui qui les achepte à mesure qu’il les emploïe, outre que la bonne ou mauvaise construction change la valleur des ouvrages, en sorte qu’il n’est pas possible de fixer pour toujours les prix de chaque ouvrage de quelque nature qu’ils soient.
Fin.
Copié par le frère
Abréviation : f.
Alexis de Sainte Anne définiteur et souprieur des Carmes Billettes de Paris, pour l’usage du frère
Abréviation : f.
Isidore Fraquet. L’an 1755.
p. 262
   
p. 263
   

Table
des matieres contenues
dans ce traité.

Pages.
La préface …………………………………………………………………………………………… I.
Section I. De la maçonnerie ……………………………………………………………………… 5.
Chapitre I. De la toise courante …………………………………………………………………  5.
Chapitre 2. De la toise superficielle …………………………………………………………… 7.
Chapitre 3. De la toise cube …………………………………………………………………… 15.
Chapitre 4. Du toisé des bayes ……………………………………………………………… 21.
Chapitre 5. Du toisé des puids ………………………………………………………………… 27.
Chapitre 6. Du toisé des voutes ………………………………………………………………… 30.
§. 1. des voûtes en berceau ……………………………………………………………………… 35.
§. 2. des voûtes d’arrête
§. 3. des voûtes de cloître sur des plans quadrilataires ……………………………… 48.
§. 4. des voûtes de cloître sur des plans poligones ……………………………………… 57.
§. 5. des voûtes spheriques ………………………………………………………………………… 61.
§. 6. des voûtes spheroïdes ………………………………………………………………………… 67.
Chapitre 7. Des voûtes sur noyeau ……………………………………………………………… 72.
§. I. des voûtes sur noyeau en plan quarré …………………………………………………… 72.
§. 2. des voûtes sur noyeau en plan rectangle ………………………………………………  74.
§. 3. des voûtes sur noyeau en plan circulaire ……………………………………………… 76.
§. 4. des voûtes sur noyeau en plan ovale …………………………………………………… 77.
p. 264
   
Pages.
Chapitre 8. Des voutes en viss Saint-Gilles …………………………………………………… 80.
§. I. sur plan circulaire ………………………………………………………………………………… 81.
§. 2. sur plan quarré : …………………………………………………………………………………… 84.
§. 3. sur plan ovalle ……………………………………………………………………………………… 87.
§. 4. sur plan quarré long ……………………………………………………………………………… 89.
Chapitre 9. Des voûtes en trompe ………………………………………………………………… 92.
Chapitre 10. Des arrieres voussures …………………………………………………………… 114.
Chapitre 11. Des saillies d’architecture ……………………………………………………… 124.
Chapitre 12. Des ornemens d’architecture ……………………………………………… 143.
Chapitre 13. Du toisé des legers ouvrages ………………………………………………… 152.
§. I. des languettes de plâtre ……………………………………………………………………  154.
§. 2. des forneaux ou potagers ………………………………………………………………… 162.
§. 3. du toisé des fours ……………………………………………………………………………… 164.
§. 4. du toisé des planchers ………………………………………………………………………… 165.
§. 5. des cloisons de charpente …………………………………………………………………… 171.
§. 6. des renfournis, crépis et enduits ………………………………………………………… 174.
§. 7. du toisé des escalliers ………………………………………………………………………… 175.
§. 8. des chausses d’aisances ……………………………………………………………………… 177.
§. 9. des mangeoires d’ecurie ……………………………………………………………………… 179.
§. 10. des scellemens ………………………………………………………………………………… 180.
Section 2de. Chapitre I. Du toisé de la
charpente …………………………………………………………………………… 187.
Chapitre 2. L’usage du toisé de la
charpente …………………………………………………………………………… 191.
Chapitre 3. Du toisé des planchers de
charpente …………………………………………………………………………… 193.
p. 265
   
Chapitre 4 Des escalliers de charpente ……………………………………………………… 204.
Chapitre 5. Des calottes, domes et autres
ouvrages, dont les bois sont elegis …………………………………………………… 207.
Chapitre 6. De la charpente des ecuries ……………………………………………………… 210.
Chapitre 7. Des vieux bois et des etaïemens ………………………………………………… 211.
Chapitre 8. Parallele du toisé du roi
et du toisé aux us de Paris ………………………………………………………… 212.
Section III. Du toisé de la couverture …………………………………………………………… 215.
Chapitre I. De la qualité des couvertures ……………………………………………………… 215.
Chapitre 2d. Du toisé superficiel ………………………………………………………………… 217.
Chapitre 3e. Du toisé des lucarnes ……………………………………………………………… 220.
Chapitre 4e. Des saillies de couvertures ……………………………………………………… 223.
Section IV. ………………………………………………………………………………………………… 230.
Chapitre I. De la plomberie ………………………………………………………………………… 231.
Chapitre 2d. Du Carrelage …………………………………………………………………………… 233.
Chapitre 3e. De la menuiserie ……………………………………………………………………… 235.
Chapitre 4e. De la serrurerie ……………………………………………………………………… 239.
Chapitre 5. De la vitrerie ……………………………………………………………………………… 242.
Chapitre 6. Du pavé ……………………………………………………………………………………… 244.
Chapitre 7. De la marbrerie …………………………………………………………………………… 247.
Chapitre 8. De la sculpture …………………………………………………………………………… 249.
Chapitre 9. De la dorure ……………………………………………………………………………… 251.
Chapitre 10. De la peinture …………………………………………………………………………… 254.
Conclusion de ce traitté ………………………………………………………………………………… 260.
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